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Société

VIDÉO - La maternité Suisse d’Elne, un havre de paix au cœur de la guerre

vendredi 29 mars 2019 à 16:30 Par Isabelle Lassalle, France Bleu et France Bleu Roussillon

De la guerre d’Espagne à seconde guerre mondiale, une jeune femme a créé puis dirigé la maternité Suisse d’Elne, dont la mission première était d’accueillir les femmes réfugiées enceintes. Elisabeth Eidenbenz est devenue une Juste parmi les nations. Récit en images.

La Maternité Suisse d'Elne.
La Maternité Suisse d'Elne. - © Albums d'Elisabeth Eidenbenz (Ville d'Elne)

Elne, France

La guerre d’Espagne transforme une partie de la population en réfugiés, toujours en fuite des zones de combats. Au total, 550.000 morts et 500.000 exilés. En janvier 1939, la chute de Barcelone amorce l'exode massif de réfugiés en France. C’est la Retirada. Près de 500.000 exilés franchissent la frontière en quelques mois. Les 4.000 habitants d’Elne se mobilisent pour accueillir au mieux les réfugiés qui rejoignent le camp de Saint-Cyprien. Comme celui d’Argelès puis du Barcarès, le camp de Saint-Cyprien est créé dans l’urgence et les réfugiés y vivent dans une indigence totale.

Le château d'en Bardou est à l’abandon quand la jeune Elisabeth Eidenbenz, âgée de 26 ans, propose de le louer pour en faire la Maternité Suisse d’Elne. L’établissement ouvre ses portes le 5 décembre 1939. L’ancienne institutrice, devenue directrice, est rapidement surnommée avec affection et respect “Señorita Isabel“. Abnégation, don de soi, l’aide son prochain… Elle œuvre avec une énergie rare, sauve des vies et redonne dignité et espoir.

L’accueil des femmes réfugiées enceintes

La vie s’organise au château… L’objectif est d’aider les femmes enceintes après les épreuves des camps et de l'exode. La maternité met aussi un point d’honneur à aider des femmes des camps voisins. Le taux de mortalité des enfants y est très élevé. Les femmes sont accueillies à la maternité un mois avant d’accoucher et repartent un mois plus tard avec une couverture et un couffin. L’établissement peut accueillir entre 80 et 100 femmes.

Au printemps 1940, la population des camps voisins de la maternité baisse. Mais, dans le même temps, l’avancée des troupes nazies dans le nord de la France provoque un exode vers le sud. La maternité devient un lieu d’accueil pour des femmes juives, tziganes ou de diverses nationalités venant des camps voisins.

Le coup de génie d’Elisabeth Eidenbenz, c’est d’inscrire sur les registres d'état-civil, les nouveau-nés juifs avec un prénom espagnol pour qu'ils ne soient pas identifiés par les autorités. L’établissement poursuit également sa mission de distribution de vivres alimentaires et installe même une annexe au cœur du camp d’Argelès.

Près de 600 enfants nés à la maternité

Entre 1939 et 1944, près de 600 bébés naissent à la maternité. Un millier de femmes et un millier d’enfants ont y séjournent, loin des conditions indignes des camps. Mais au printemps 1944, le bâtiment est réquisitionné par la Gestapo. Toute l’équipe et ses enfants se réfugient à la maternité de Montagnac en Aveyron.

Perpignan est libérée le 20 août 1944. L’œuvre et les actions de la maternité d’Elne tombent dans l’oubli. Bien après la fin de la guerre, grâce à un enfant né dans cette maternité, le travail de mémoire commence. L’ancienne directrice est notamment décorée du titre de Juste parmi les nations et de la Légion d’honneur. Elle décède en 2011, mais elle a vu la réouverture de la maternité en 2006 par la Ville d’Elne qui a souhaité en faire un lieu à sa mémoire.

Une exposition à la maternité d'Elne

La maternité suisse d'Elne revient sur son histoire et propose à ses visiteurs l'exposition "La maternité suisse d’Elne d’Elisabeth Eidenbenz (1939 - 1944)", du 16 mars au 31 décembre 2019 à la maternité suisse d’Elne, au château d’en Bardou à Elne. Avec, le samedi 13 avril à 11h, une projection du documentaire "El nostre llarg silenci" de Quim Paredes et la présence de Remei Oliva et de Carmen Rojano, deux mères centenaires de la Maternité Suisse d'Elne.

* Toutes les photos d'archives de la vidéo sont issues des d'albums d'Elisabeth Eidenbenz (Ville d'Elne) et de la collection d'Eric Forcada (Perpignan).