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Société

VIDÉO - Le combat sans fin d'Aïcha El-Wafi, mère du terroriste français du 11 septembre

lundi 11 septembre 2017 à 4:00 Par Suzanne Shojaei, France Bleu Roussillon et France Bleu

Seize ans après les attentats du World Trade Center, aux Etats-Unis, la mère de Zacarias Moussaoui se bat toujours contre les conditions de détention de son fils.

Aïcha El-Wafi avec la photo de Zacarias, assise sur le fauteuil préféré de son fils.
Aïcha El-Wafi avec la photo de Zacarias, assise sur le fauteuil préféré de son fils. © Radio France - Suzanne Shojaei

Narbonne, France

Aïcha El-Wafi nous donne rendez-vous chez elle, dans l'Aude. Seize ans après les attentats à New York, rien ni personne ne pourrait la forcer à déménager. "Partir où ? J'ai ma vie ici, c'est tout ce qu'il me reste. J'ai déjà perdu ce qui était le plus cher pour moi." La douleur reste vive pour cette Narbonnaise, mère de Zacarias Moussaoui.

"La dernière fois que j'ai vu mon fils, c'était il y a dix ans." - Aïcha El-Wafi

Son fils est emprisonné dans le Colorado, aux Etats-Unis. À 49 ans, ce Français purge une peine de prison à vie pour sa participation au projet des attentats sur le sol américain. Il aurait dû faire partie des pilotes qui ont détourné les avions sur les tours jumelles. Mais il a été arrêté un mois avant, en août 2001 aux Etats-Unis, pour des problèmes de visa.

"Quand je le vois enchaîné, je me sens morte." - Aïcha El-Wafi

"Regardez cette photo", montre Aïcha El-Wafi. "Je l'ai prise quand on s'est installés ici. Il avait 13 ans. Il était toujours dans ce fauteuil ! Comment oublier ça ?" Pour cette mère de quatre enfants, couturière à la retraite, les souvenirs restent intacts. Aïcha El-Wafi n'a pu voir son fils que cinq fois depuis son arrestation. "La dernière, c'était lors du procès en 2006."

"Mon fils est enterré vivant, et personne ne le sait." - Aïcha El-Wafi

Depuis, elle a remué ciel et terre, mais rien n'y fait. Zacarias Moussaoui reste emprisonné dans des conditions extrêmes. "Mon fils est à l'isolement, à six mètres en dessous du sol. Je n'arrive pas à l'accepter. S'il était mort, j'irais voir sa tombe. Mais ça n'est pas le cas !" Seize ans plus tard, Aïcha El-Wafi ne comprend toujours pas. "Zacarias, c'est un homme diplômé, il était informaticien."

Depuis son incarcération, impossible de communiquer normalement. "Quand je veux le voir, j'ai le FBI derrière moi et derrière lui. On ne peut rien dire. Vraiment, je ne le souhaite à personne." Désormais, ils ne s'écrivent plus. "Zacarias m'a demandé de ne plus rien envoyer, car il recevait mes lettres deux ou trois mois plus tard. Et tout est relu."

Aujourd'hui, Aïcha El-Wafi continue son combat. Après quelques rendez-vous au quai d'Orsay ces dernières années, qui "n'ont servi à rien", la mère de Zacarias Moussaoui lutte contre l'oubli. "Mon fils est enterré vivant, et personne ne le sait." Surtout, elle lutte contre une "fausse image de l'islam. La religion, ça n'est pas le foulard ou tout ce que montrent les extrémistes. La religion, ça vient du cœur."

Un terroriste passé par un lycée de Perpignan

Peu d'élèves du lycée François-Arago le savent aujourd'hui, mais Zacarias Moussaoui s'est assis sur les mêmes chaises qu'eux. C'était en 1990, lorsqu'il étudiait en BTS Technico-commercial à Perpignan. "Ça fait bizarre", reconnaissent certains élèves devant les grilles du lycée. "Comme quoi, ça peut arriver n'importe où, avec n'importe qui."