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Société DOSSIER : Mai-68

VIDÉO - Les événements de Mai-68 en 12 dates

mercredi 18 avril 2018 à 3:35 - Mis à jour le mercredi 18 avril 2018 à 8:25 Par Yannick Boréan, France Bleu

Il y a 50 ans, la France, en pleine période des Trente Glorieuses, vacille. Un élan de protestation lancé par les étudiants puis par les ouvriers s'insurge contre la société traditionnelle incarnée par Charles de Gaulle. France Bleu décrypte en douze dates les événement qui ont fait Mai-68.

La violence des manifestations lors des événements de Mai-68
La violence des manifestations lors des événements de Mai-68 © Getty - Gamma-Keystone

Au printemps 1968, la France de Charles de Gaulle est secouée par un élan de contestation politique, sociale et culturelle. Étudiants et ouvriers s'allient pour remettre en cause les institutions traditionnelles et l'autorité.

Les événements dits de Mai-68 désignent la période où la France connaît ses plus grandes manifestations étudiantes, ainsi que des grèves générales. Ce mouvement d'une ampleur sans précédent prend des allures de révolution.

Le 22 mars

142 étudiants occupent une tour de la faculté de Nanterre, à l'ouest de Paris. Ils protestent contre l'arrestation de manifestants contre la guerre du Vietnam. Une occupation qui va déboucher sur le "Mouvement du 22 mars". Dès le lendemain, la contestation se déplace au Quartier latin et à la Sorbonne. C'est le début, proprement dit, de Mai-68.

Le 3 mai 

Meeting des étudiants de Nanterre dans la cour de la Sorbonne, à Paris. La police intervient brutalement. Des affrontements violents opposent les étudiants aux forces de l'ordre. Le bilan est lourd : 481 blessés parmi les étudiants et les policiers.

De fait, nous occupons la Sorbonne !                        
Daniel Cohn-Bendit, fondateur du "Mouvement du 22 mars"

Le 6 mai

Huit étudiants de Nanterre, dont Daniel Cohn-Bendit et René Riesel, sont convoqués par le rectorat en commission disciplinaire. Nouvelles manifestations violentes avec jets de pavés, puis barricades.

Le 10 mai

Le point culminant de la révolte estudiantine a lieu dans la nuit du 10 au 11 mai. Dans le quartier latin, de véritables combats de rues opposent les étudiants aux policiers. Cette première "nuit des barricades" laisse la France stupéfaite. Au petit matin, on dénombre 125 voitures détériorées, 63 incendiées, des rues dévastées et dépavées. Le bilan humain est également lourd avec des centaines de blessés dans les deux camps et près de 470 arrestations.

Le 13 mai

C'est la grève générale. Une immense manifestation composées de lycéens, d'étudiant et de grévistes ouvriers et employés venus de toute la France traverse Paris.  La CFDT parle d'un million de manifestations, la police de 230 000 et l'ORTF annonce 171 000. Les estimations les plus sérieuses font état de 500 000 manifestants.  

Cette grève symbolique va s'étendre rapidement pour bloquer peu à peu le pays.

Le 14 mai 

Débrayage général à l'usine Sud-Aviation à Bouguenais près de Nantes (Loire-Atlantique). Les 2600 ouvriers réclament la non-réduction de salaire s'il y a réduction du temps de travail et des pré-retraites pour les travailleurs de plus de 60 ans. Il s'agit de la première occupation d'une usine lors de ces événements.

Le 20 mai

La France est paralysée. Près de dix millions de salariés ne travaillent plus. 

Le 27 mai

Signature des accords de Grenelle négociés entre Georges Pompidou, le patronat et les syndicats. Ils prévoient l'augmentation de 35 % du SMIG (salaire minimum interprofessionnel garanti) et de 10 % en moyenne des salaires réels ainsi que la création de la section syndicale d’entreprise, actée dans la loi du 27 décembre 1968.

Le 30 mai

Dissolution de l'Assemblée nationale

Charles de Gaulle accepte la proposition de son Premier ministre, Georges Pompidou, de dissoudre l'Assemblée nationale et d'organiser des élections législatives anticipées

Manifestation à Paris de soutien à Charles de Gaulle

200.000 personnes se rassemblent sur les Champs-Élysées et la place de la Concorde contre le mouvement social et pour soutenir Charles de Gaulle.

Le 7 juin

Les salariés de l'ORTF défilent en silence autour de la Maison de la radio pour dénoncer l'occupation du bâtiment par la police et le traitement sous contrôle de l'information par l'État. L'Intersyndicale appelle cette mobilisation l'opération Jéricho.

Du 7 au 10 juin

Violents affrontements à l'usine Renault de Flins  à Meulan (Yvelines)entre les grévistes et les forces de l'ordre. Les ouvriers sont soutenus par les étudiants et les lycéens. Le 10 juin, le lycéen Gilles Tautin, 17 ans, meurt noyé dans la Seine en tentant d'échapper à une charge de gendarmes mobiles.

Le 11 juin

Nouvelle nuit des barricades au Quartier latin

Nouvelle nuit de violences après l'annonce de la mort du lycéen Gilles Tautin, lors des affrontements à l'usine Renault de Flins.

Échauffourées à l'usine Peugeot de Sochaux

Un CRS tue Pierre Beylot, ouvrier-serrurier de 24 ans, d’une balle de 9 mm. Un autre ouvrier, Henri Blanchet, 49 ans, déséquilibré par une grenade offensive, tombe d’un parapet et meurt le crâne fracturé. 67 blessés sont aussi à déplorer. 

Les 23 et 30 juin

Organisation des deux tours des élections législatives anticipées. Les électeurs renouvellent leur confiance à de Gaulle. Avec 293 sièges sur 487, les gaullistes et leurs alliés remportent la majorité absolue des sièges.