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Société
Dossier : Immeubles effondrés à Marseille

VIDÉO - Logement indigne : six mois après le drame de la rue d'Aubagne à Marseille

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Par , France Bleu, France Bleu Provence

Il y a six mois, l'effondrement de deux immeubles vétustes du quartier populaire de Noailles levait le voile sur l'état d'insalubrité des logements du centre de Marseille et provoquait une crise sans précédent.

Les décombres des immeubles effondrés rue d'Aubagne, à Marseille
Les décombres des immeubles effondrés rue d'Aubagne, à Marseille © Maxppp -

Marseille, France

Le 5 novembre 2018, peu après 9h, deux immeubles s'écroulent rue d'Aubagne, dans le quartier marseillais populaire de Noailles, à quelques centaines de mètres du Vieux-Port. Tous deux datent du XVIIIe siècle et ont été construits sans fondations. Le numéro 63 est la propriété de Marseille Habitat, le bailleur social de la Ville. Inoccupé, ce bâtiment très dégradé menace ruine depuis plusieurs années. Son voisin, le numéro 65, appartient à des copropriétaires privés. Depuis plusieurs semaines, les locataires avaient signalé des fissures inquiétantes au syndic. Dans les décombres de ces immeubles vétustes, huit corps sont découverts. Le drame de la rue d'Aubagne sidère toute la ville : Marseille et ses habitants découvrent, hébétés, l'étendue de l'insalubrité du centre-ville.

Très vite, les bailleurs et syndics peu scrupuleux sont montrés du doigt, comme les marchands de sommeil, et la presse révèle que parmi ces propriétaires négligents figurent plusieurs élus de la Ville et de la Région. C'est surtout le maire Jean-Claude Gaudin, au pouvoir depuis 24 ans, qui concentre toutes les critiques pour son inaction. Les Marseillais lui reprochent de n'avoir pas pris la mesure du degré d'indignité de l'habitat et de n'avoir pas protégé la population. Pourtant, associations, journalistes et chercheurs avaient déjà sonné l'alerte : selon eux, quelque 100.000 Marseillais vivent aujourd'hui dans plus de 40.000 logements insalubres.  

10% de la population marseillaise touchée par le logement indigne

Alors que les marches d'hommage aux victimes et les manifestations pour le droit à un logement digne se succèdent, appellant régulièrement à la démission du maire, une vague de psychose saisit la ville : 1.700 immeubles suspects sont signalés et plus de 300 sont évacués par précaution, sous le coup d'arrêtés de péril imminent. À ce jour, près de 3.000 habitants ont dû quitter leur appartement dans l'urgence et plus de 700 sont toujours hebergés dans une trentaine d'hôtels, sans véritable perspective de relogement.   

Un espace d'accueil spécifique pour faciliter les démarches des délogés a été ouvert, mais ceux-ci, épuisés par plusieurs semaines ou mois d'errance, dénoncent des services incompétents, désordonnés, voire méprisants. La mairie a ainsi annoncé la fin de la gratuité des repas pour les évacués et a insinué que les hébergements en chambres d'hôtels risquaient de ne pas être garantis à l'approche de la saison estivale.   

Des efforts insuffisants, selon l'ONU

Les associations demandent toujours la réquisition d'appartements vacants, ainsi qu'une charte du relogement précise. Il attendent surtout une véritable politique de lutte contre l'habitat indigne. Quelque 4 millions d’euros ont été dépensés en 2018 et 11 millions provisionnés pour 2019, assure Arlette Fructus, adjointe au logement de Jean-Claude Gaudin. La Région et la Métropole ont elles aussi promis de mettre la main à la poche, via des aides d'urgence et un plan anti mal-logement évalué à 600 millions d'euros, participation de l'État comprise. Le gouvernement a annoncé de son côté une expertise d'une ampleur inédite des bâtiments à risque. Une goutte d'eau, selon la rapporteuse spéciale de l’ONU. En visite à Marseille début avril, elle s’inquiétait de ne pas voir "de plan suffisant, de la part des institutions locales et nationales, pour s’occuper de cette situation alarmante".

En attendant, Jean-Claude Gaudin et sa majorité, déjà ébranlés par les polémiques, sont toujours sous pression, alors que l'enquête sur les différentes responsabilités s'annonce longue. De nouvelles manifestations sont prévues pour marquer les six mois du drame de la rue d'Aubagne. Citoyens et opposition restent mobilisés et entendent faire du logement indigne un des enjeux majeurs des prochaines élections municipales.

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