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VIDÉO - "Un gâchis terrible" : vaste mobilisation pour empêcher l'expulsion d'un boulanger malien à Blaye

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Par , France Bleu Gironde, France Bleu

Silima Diagouraga, 30 ans, arrivé du Mali en 2017, est menacé d'expulsion par la préfecture de Gironde depuis début novembre. Après avoir réussi son CAP, le jeune migrant est devenu boulanger au magasin Leclerc de Blaye. Autour de lui, la mobilisation des habitants et des associations s'intensifie.

Silima Diagouraga, boulanger malien de 30 ans, vit chez les Bayle, à Blaye, depuis un peu plus de deux ans.
Silima Diagouraga, boulanger malien de 30 ans, vit chez les Bayle, à Blaye, depuis un peu plus de deux ans. © Radio France - Bastien Munch

"Ici, c'est ma chambre." Une petite pièce sous les combles, un lit bien fait, un grand bureau couvert de documents administratifs... Bienvenue dans le cocon de Silima Diagouraga. Ce jeune Malien de 30 ans est installé chez cette famille d'accueil de Blaye depuis plus de deux ans. Arrivé en France en 2017, il a passé un CAP avant d'être embauché en août 2020 dans la boulangerie du magasin Leclerc de Blaye. Mais début novembre, la préfecture de la Gironde lui a adressé une obligation de quitter le territoire français (OQTF).

Silima Diagouraga dans sa chambre, à Blaye.
Silima Diagouraga dans sa chambre, à Blaye. © Radio France - Bastien Munch

"Je me sens bien ici", témoigne Silima. "Ça me fait plaisir de vivre dans cette famille, on m'a pris comme si j'étais l'un de leurs enfants. Je n'ai pas envie de quitter un endroit comme ça." Ce que reprochent les autorités à Silima Diagouraga, c'est d'avoir menti à son arrivée en France pour bénéficier des protections réservés aux mineurs non accompagnés. 

Silima, la "mascotte" de la boulangerie

"On a l'impression d'un gâchis terrible", déplore Ketty Bayle, une Blayaise à la retraite qui a accueilli Silima chez elle avec son mari Pierre. "Quand on voit le trésor de courage et de travail qu'il a fallu déployer pour apprendre le français correctement, apprendre à manipuler les objets à la boulangerie... L'effort, il n'est pas ponctuel. Il est sur la durée", assure-t-elle. Depuis que Silima Diagouraga a reçu l'ordre de quitter le territoire français, une mobilisation s'est mise en place autour de lui. Sous l'impulsion de sa famille d'accueil, des rassemblements sont organisés avec les habitants, les associations et des élus.

Cyril Hostains, responsable de la boulangerie du magasin Leclerc de Blaye, veut que Silima puisse retravailler chez lui.
Cyril Hostains, responsable de la boulangerie du magasin Leclerc de Blaye, veut que Silima puisse retravailler chez lui. © Radio France - Bastien Munch

Ses collègues boulangers se tiennent également à ses côtés lors des manifestations. "Il est aimé par toute l'équipe, il est très apprécié même par tout le magasin", explique Cyril Hostains, le responsable du rayon boulangerie-pâtisserie du Leclerc de Blaye. Depuis l'émission de cette OQTF, Silima Diagouraga n'est plus autorisé à travailler. "C'est un manque dans l'équipe, c'est un jeune qui arrive avec le sourire, même dans des périodes très dures. Silima, c'est un peu notre mascotte !", sourit son patron. "Ça fait chaud au cœur, ça me donne l'espoir qu'on va y arriver", confie le jeune boulanger.

Un espoir après le boulanger guinéen de Besançon

Pour soutenir Silima, un comité de soutien s'est monté autour de lui. Au-delà des rassemblements, une lettre a été envoyée à la préfète de la Gironde pour lui demander de reconsidérer la situation. La naturalisation d'un jeune boulanger guinéen à Besançon, après la grève de la faim de son patron, a notamment redonné de l'espoir aux soutiens de Silima. "On s'est dit qu'on allait faire un copié-collé de la démarche, en sollicitant la préfecture plutôt que de rentrer dans un contentieux juridique", explique Christian Cursol, président de l'association humanitaire Afoulki et membre du comité de soutien.

Silima est en danger réel s'il retourne là-bas.

"Si l'on n'obtient pas gain de cause, on sait qu'un Malien qui a échoué dans sa tentative de rejoindre la France est lourdement sanctionné s'il revient chez lui, y compris par sa famille", explique le retraité. "Donc Silima est en danger réel s'il retourne là-bas." Si cet appel aux autorités reste lettre morte, le comité de soutien compte faire une demande de titre de séjour provisoire avec un avocat.

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