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Société

VIDEO - Débat sur le bénévolat : "Il faut mouiller sa chemise"

lundi 11 mars 2019 à 16:16 Par Magali Fichter, France Bleu Lorraine Nord

Au menu du débat de ce lundi sur France Bleu Lorraine, le bénévolat. 43% des Français sont bénévoles, et pourtant, les associations ont toujours plus de besoins. Comment attirer de nouvelles personnes ? Comment se lancer ? Découvrez en vidéo les réponses des participants et des auditeurs.

Denis Butterbach et Danielle Dagher, invités du débat du lundi 11 mars sur France Bleu Lorraine
Denis Butterbach et Danielle Dagher, invités du débat du lundi 11 mars sur France Bleu Lorraine © Radio France -

Moselle, France

Près de la moitié des Français font du bénévolat, et ce chiffre est en augmentation, selon plusieurs études récentes, contrairement aux idées reçues. Pourtant, régulièrement, les associations lancent des appels aux bonnes volontés. Alors y-a-t-il une crise du bénévolat ? Les citoyens sont-ils moins enclins à aider leur prochain ou les besoins sont-ils simplement de plus en plus importants ? Comment attirer de nouveaux bénévoles, quels conseils donner à quelqu'un qui aimerait se lancer ? 

Pour en parler, Denis Butterbach, maire de la petite commune de Valmunster, qui a comptabilisé les heures de bénévolat nécessaires à son fonctionnement, et Danielle Dagher, bénévole au secours populaire, étaient les invités de France Bleu Lorraine ce lundi matin.

Si on veut promouvoir sa commune, il faut se bouger" - Denis Butterbarch, maire de Valmunster

Denis Butterbach, maire de Valmunster, s'est adonné à un test dans sa commune : il a comptabilisé le nombre d'heures de bénévolat que les habitants ont consacré au débroussaillage, à la décoration, à l'organisation de fêtes et d’événements dans le village. Il est arrivé à un total de 1.700 heures pour 97 habitants. "On n'a pas d'ouvrier communal", explique-t'il - le budget de la commune ne dépasse pas 55.000 euros. "Une commune peut fonctionner sans bénévolat, mais a minima. Si on veut promouvoir sa commune, il faut se bouger". 

De plus, pour lui, c'est aussi l'occasion de rencontrer l'autre : "On est toujours méfiant de l'étranger ou de la personne que l'on ne connaît pas. Mais si l'on trouve un moyen que les gens se rassemblent autour d'un projet, surtout si on termine par un moment convivial, les gens se parlent, finissent par se connaître."

Le bénévolat, "cela peut être seulement quelques heures"

Danielle Dagher, quant à elle, s'occupe  de l'accueil des bénéficiaires au Secours populaire. Elle est devenue bénévole quand elle est partie à la retraite, comme de nombreux Français : "J'avais beaucoup de temps, et j'avais envie, en temps que citoyenne, de m'impliquer dans un engagement solidaire". Mais elle le dit : "Nous avons besoin de jeunes." Et elle le précise, le bénévolat, ce n'est pas forcément toutes les semaines, "cela peut être seulement quelques heures."

L'importance de se former et d'apprendre tous les jours

Selon le type de bénévolat qu'on choisit, il faut s'attendre à des situations parfois compliquées. Marie, une auditrice de Marly, raconte être confrontée au racisme, Danielle Dagher explique qu'elle ne "s'attendait pas à être confrontée à autant de misère et de précarité." C'est aussi ce qu'explique Jean-Luc, bénévole à la Banque alimentaire. Mais heureusement, des formations existent, comme le rappelle Danielle Dagher. Marie-Paule, une auditrice de Metz, travaille dans une association d'accompagnement dans la fin de vie : "Ce qui est très important, c'est le "service continu" : des journées de formation et des groupes de paroles, plusieurs fois par an." Elle est bénévole depuis vingt ans, et elle "apprend toujours".

Des associations caritatives aux clubs sportifs en passant par les amicales d'anciens

Le bénévolat, ce n'est pas seulement les associations caritatives, ce sont aussi les clubs sportifs, les associations culturelles... Denis Butterbach est membre de plusieurs associations, et cela va de l'aide aux jeunes entrepreneurs aux vieilles voitures américaines, en passant par l'église de son village et les Anciens de son école d'ingénieurs ! L'essentiel étant de faire ce que l'on aime, dans son domaine de compétence. 

Être aidé et aider à son tour

De nombreux témoignages montrent aussi que les bénévoles reçoivent finalement autant qu'ils donnent. Marie, de Thionville, fait partie de cinq associations, et elle a commencé le bénévolat après avoir été accueillie au CCAS au moment de la mort de son mari. "On m'a proposé de faire du bénévolat, je me suis dit que ce serait mieux que de passer mes journées à ruminer, et ça m'a fait un grand bien, psychologiquement. Cela m'a soignée en même temps". Au Secours populaire, il y a plusieurs bénéficiaires qui sont eux-mêmes devenus bénévoles. Danielle Dagher raconte l'histoire de l'une d'entre elles : "elle a pris la mesure de la misère, elle a été aidée, elle aide à son tour."

Les communes qui "en font beaucoup pourraient bénéficier d'une aide de l'Etat"

Comment attirer de nouveaux bénévoles ? Il faut presque les chercher au berceau, selon Danielle Dagher : "on fait des campagnes dans les lycées, les écoles primaires, ou dans les universités". Pour Denis Butterbach, "il faut mouiller sa chemise, chacun dans son entourage peut aller porter la bonne parole." Il estime que les communes qui "en font beaucoup pourraient bénéficier d'une aide de l'Etat pour les encourager et donner des idées aux communes voisines." L'ancien entreprise évoque aussi l'idée d'une "journée du bénévolat", sur le modèle de la journée de solidarité, institutionnalisée dans l'entreprise.