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Société
Dossier : Immeubles effondrés à Marseille

VIDÉOS - Témoignages dans le quartier de Noailles, un an après le 5 novembre 2018

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Par , , France Bleu Provence, France Bleu

Le 5 novembre 2018, à 9h05, deux immeubles de la rue d'Aubagne à Marseille s''effondraient, provoquant la mort de huit personnes. Depuis, des centaines d'immeubles insalubres ont été évacués en urgence et la situation de très nombreux Marseillais est toujours très critique.

La rue d'Aubagne en partie interdite coté impaire
La rue d'Aubagne en partie interdite coté impaire © Radio France - Laurent Grolée

Marseille, France

Leila est l'une des évacuées de la rue d'Aubagne. Son immeuble ne s'est pas effondré le 5 novembre 2018, mais les autorités l'ont évacuées comme plus de 3.200 habitants de la ville. Aujourd'hui, Leila refuse de regagner son logement du 86 bis rue d'Aubagne. Leila a peur. Et ce n'est pas le seul des sentiments qu'elle éprouve : "J'ai de la peine et de la rage. Une colère que vous ne pouvez pas imaginer."

Depuis le drame du 5 novembre, Nadine a peur à la moindre pluie elle aussi. "Quand il pleut, on est inquiet, oui bien sûr parce qu'on a peur que ça se ré-effondre", confie-t-elle. Elle vit dans la rue voisine de la rue d'Aubagne, la rue Châteauredon. Un an plus tard, Nadine n'a rien perdu de sa révolte face à la situation à Noailles.

Et puis il y a le cas des personnes sinistrées "indirectement", comme Sabrina Larcinese, au 64 rue d'Aubagne. Sabrina est gérante de la crèche Montessori, qui, hasard du calendrier, devait ouvrir,  le 5 novembre 2018. Le local dont elle est propriétaire, se situe en fond de cour, un immeuble en parfait état, mais pour y accéder  il faut passer par un porche sous l'immeuble en bordure de rue qui, lui, est frappé d'un arrêté de péril. "Depuis le drame du 5 novembre, on a notre porte verrouillée, précise Sabrina, par une chaîne et un cadenas que nous avons installés nous-mêmes pour éviter toute intrusion et tout vol.

Sabrina qui ne peut toujours pas exercer son activité, poursuit : "L'experte mandatée par le tribunal a observé que notre immeuble ne risquait rien, nous on est empêchés par les propriétaires du premier immeuble, dont la mairie de Marseille pour un des appartements, qui ne font pas les travaux requis. Depuis un an  on aurait du ouvrir la crèche et il n'y a toujours rien qui se passe". Avec les conséquences financières qui vont avec, car Sabrina attend toujours d'être indemnisée. "J'ai trois assurances pour ce local-là, il n'y en a aucune qui couvre quoi que ce soit sous prétexte qu'il ne nous est rien arrivé à nous personnellement !" Et sa collègue Mélanie de conclure : "On a l'impression de n'être rien en fait, complètement méprisés, d'autant que c'était prévisible et c'est là que c'est scandaleux."

Des centaines d'immeubles évacués

Dominique fait partie des 3.000 personnes délogées dans les semaines qui ont suivi le drame du 5 novembre 2018. Il était locataire depuis 15 ans d'un studio à deux pas de la rue d'Aubagne, au 4e étage du 22 rue des Feuillants. Mais au début de l'année, suite à un arrêté de péril, Dominique, 60 ans, doit évacuer en urgence. Il n'a qu'une heure pour ramasser ses affaires. "Ils ont mis une chaîne et un cadenas à la porte, et voilà. Une semaine plus tard, on a pu repasser prendre quelques papiers mais rien de plus.. et on n'aurait jamais imaginé passer un hiver, un printemps, un été dehors et hop on recommence."  

S'en est suivi pour Dominique un long périple dans différents hôtels, avant d'être relogé provisoirement. mais fin mai, l’arrêté de péril de son immeubles a été levé. Plus de danger immédiat, les travaux ont soi-disant été faits, Dominique doit donc réintégrer son studio et de nouveau payer son loyer, mais l'appartement est tout sauf habitable, à l’état de chantier : un plafond provisoire, des murs fissurés et des toilettes délabrées. 

"Ils ont fait des travaux, défoncé le plafond pour éviter que l'étage supérieur ne s'effondre sur celui là, mais c'est tout. Ils ont laissé le chantier tel quel. Ça fait maison abandonnée, c'est pas vivable. Qu'ils puissent imaginer qu'on revienne ici, c'est juste aberrant !" Dominique veut aujourd'hui tourner la page.

Retrouvez témoignages et commentaires sur France Bleu Provence, dans la matinée spéciale "un an après la rue d'Aubagne".

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