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Société

Vierzon : Djihad, une pièce pour alerter sur la radicalisation

lundi 9 avril 2018 à 17:18 Par Michel Benoît, France Bleu Berry

Une pièce de théâtre pour sensibiliser à la radicalisation, à Vierzon : près de deux-cents lycéens ont assisté à la pièce "Djihad", écrite en 2014 par un belge, Ismaël Saïdi. Djihad raconte de façon humoristique le périple de trois jeunes de Bruxelles, qui rejoignent la Syrie.

Ben, Reda et Ismaël, trois paumés, à qui des islamistes ont fait semblant de donner un pouvoir
Ben, Reda et Ismaël, trois paumés, à qui des islamistes ont fait semblant de donner un pouvoir © Radio France - Michel Benoit

Vierzon, France

Ismaël Saïdi, l'auteur, s'est simplement inspiré de choses qu'ils a vues sur Bruxelles : pas question pour lui de donner des clefs qui permettent de mieux repérer ces jeunes souvent paumés et récupérés par des intégristes. Florian Chauvet incarne Ben : "Ils ont été manipulés par des intégristes qui ont repéré leur fêlure.  Pour Ben, mon personnage, c'était la musique ; pour Ismaël, le dessin et Reda, une histoire d'amour qui a mal tourné parce que ses parents, musulmans, n'ont pas voulu qu'il épouse une chrétienne. Ce sont des jeunes écartelés entre deux mondes et à qui on fait croire n'importe quoi en leur faisant miroiter un pouvoir. Mais Ismaël Saïdi a écrit tout cela sur un ton humoristique pour rendre la thématique plus abordable." 

Ben, Reda et Ismaël passent par la Turquie pour rejoindre la Syrie. - Radio France
Ben, Reda et Ismaël passent par la Turquie pour rejoindre la Syrie. © Radio France - Michel Benoit

L'éducation nationale traque évidemment les signes extérieurs de radicalisation : "C'est souvent _le repli sur soi_, explique Frédéric Couturier, proviseur du lycée Henri Brisson de Vierzon, Parfois, certains propos, mais c'est toujours très compliqué à repérer. En tout cas, on ne doit surtout pas évacuer ces problématiques." Un thème qui  parle à ces lycéens, comme Baptiste et Lucas, élèves de première : "Je pense qu'il y en a qui sont devenus radicaux, mais qui le cachent. Si un de mes copains devenait plus distant et réservé, j'en parlerais à ses parents ou à des adultes au lycée." 

Les élèves et leurs professeurs durant la représentation à la Décale de Vierzon. - Radio France
Les élèves et leurs professeurs durant la représentation à la Décale de Vierzon. © Radio France - Michel Benoit

Mais de l'aveu de la conseillère principale d'éducation, cela reste un sujet tabou : "On n'est pas encore préparé à identifier ces élèves qui se radicaliseraient, estime Patricia Le Goff : Moi, j'ai appris qu'un ancien élève dont la soeur fréquente notre établissement, était parti en Syrie. C'était pourtant un jeune brillant qui avait réussi un bac scientifique et qui s'était inscrit en licence de mathématiques. On est passé à côté. C'est rarement ceux que l'on soupçonne qui deviennent effectivement intégristes. Ceux là montrent le visage le plus lisse possible et c'est pour ça que c'est compliqué de les repérer." 

Patricia Le Goff qui voudrait former des ambassadeurs de la laïcité pour lutter contre ce fléau : "Ils pourraient ensuite aller témoigner dans les autres établissements scolaires des valeurs de la laïcité. C'est comme pour le harcèlement, _il faut que cela passe par les jeunes eux-mêmes_, car la parole est plus facile entre eux." Cette pièce,"Djihad", personne n'en voulait quand elle a été écrite, mais l'attentat contre Charlie Hebdo a tout changé... 350.000 spectateurs l'ont déjà vue dont la moitié environ de scolaires.