Société

Vinocamp : les viticulteurs du Bordelais à la pointe du numérique et des réseaux sociaux

Par Yves Maugue, France Bleu Gironde vendredi 12 mai 2017 à 17:39

Les débats au sein de l'espace Darwin à Bordeaux.
Les débats au sein de l'espace Darwin à Bordeaux. - © Twitter Vinocamp

Quelques trois cents professionnels du vin et du numérique se sont retrouvés ce vendredi à l'espace Darwin à Bordeaux pour évoquer l'usage des réseaux sociaux et du web dans le développement des châteaux du Bordelais.

Le Vinocamp, c'est une rencontre qui se déroule régulièrement entre les passionnés du vin. Il s'agit d'évoquer la communication, le commerce, le web et l'innovation. Le Vinocamp bordelais ce vendredi au sein de l'espace Darwin a été marqué par des débats nourris. Car le numérique est désormais installé dans l'univers des vignobles. "Avant, les viticulteurs avaient peur, confie la blogueuse Anne-Victoire Monrozier, initiatrice du Vinocamp. Ils pensaient que ça ne servait à rien. Maintenant que les réseaux sociaux sont installés, il s'agit plutôt de décoder les usages de chaque réseau. Il faut par exemple pouvoir utiliser des réseaux étrangers pour exporter".

Les plus petits viticulteurs ne sont pas les moins connectés

Au fil des années, les ateliers de Vinocamp sont moins pratiques mais davantage en forme d'échange et de forum de discussion. "Même sur l'atelier Snapchat, poursuit Anne-Victoire Monrozier, on explique comment ça marche, mais surtout comment on peut l'utiliser pour vendre du vin". Car si les grands châteaux peuvent s'offrir les services de spécialistes, dans les exploitations modestes, c'est le viticulteur lui-même qui doit s'y coller. Régis Chaigne est vigneron dans l'Entre-deux-mers. Il s'est mis au numérique il y a déjà une quinzaine d'années. "L'internet et les réseaux sociaux nous apportent un lien direct avec nos consommateurs, explique-t-il. Alors que nous sommes tous petits et que les gens ne peuvent pas forcément venir chez nous. Moi, ça m'a toujours amusé. Aujourd'hui par exemple, j'envisage d'acheter un drone. Il faut d'ailleurs que ça m'amuse car je manque de temps. Ça ne doit pas être une contrainte sinon ça ne sera pas efficace car je n'ai pas les moyens d'un grand groupe international".

Régis Chaigne : "Il faut que ça m'amuse"

Quel est le réseau social le plus efficace ?

C'est lune des questions que se posent les viticulteurs. Anne-Victoire Monrozier a son opinion sur la question. "Pour moi c'est Facebook, affirme-t-elle. On peut mettre des photos qui restent alors que sur Twitter, elles filent au bout de quelques secondes. On peut raconter son histoire. On peut indiquer ses heures d'ouverture, mettre un plan et un lien vers son site internet. On peut même mettre une boutique sur sa page Facebook.L'objectif peut être de faire venir du monde à la propriété. Mais cela peut également être toucher des consommateurs aux Etats-Unis". La blogueuse conseille aux viticulteurs de prendre le temps de se former. selon elle, "quand on est bon en vinification, on n'est pas forcément bon en communication".