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Dijon : violences à la Fontaine d'Ouche, "c'est lié à la vie d'aujourd'hui, les jeunes sont confinés"

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Par , France Bleu Bourgogne

Comment expliquer les tensions dans certains quartiers de Dijon et sa Métropole à la fin du mois de février 2021 ? À la Fontaine d'Ouche, où des policiers ont été ciblés par des projectiles, Samir El Himdi tente d'expliquer cette violence sans la justifier. Et avance des solutions.

Le quartier de la Fontaine d'Ouche, à Dijon (illustration)
Le quartier de la Fontaine d'Ouche, à Dijon (illustration) © Radio France - Sophie Allemand

Une tentative d'incendie dans un gymnase du quartier des Grésilles, des poubelles incendiées à Chenôve, des policiers ciblés par des projectiles à la Fontaine d'Ouche : comment expliquer les violences urbaines de cette fin du mois de février 2021 dans la Métropole dijonnaise ? Qu'est-ce qui a pu provoquer ces tensions ? Nous avons rencontré Samir El Himdi, 33 ans, animateur de la Maison-phare, la maison de quartier de la Fontaine d'Ouche. Il connait bien ce quartier puisqu'il y est né, y vit et y travaille, et peut donc constater l'évolution des relations entre les jeunes et la police. 

Samir El Himdi raconte la soirée tendue de jeudi dernier

Un regain des tensions à cause des restrictions sanitaires ? 

Si le syndicat de police Alliance fait un lien avec le classement de deux quartiers de la Métropole - le Mail à Chenôve et les Grésilles à Dijon - en tant que "Quartiers de reconquête républicaine", sur place, l'analyse n'est pas vraiment la même. "C'est juste des facteurs : un peu de chaleur, un peu de soleil. Le fait d'être enfermés depuis des semaines, ils sont tendus, ils savent qu'à 18 heures il y a le couvre-feu", avance Samir El Himdi, qui était présent - parti pour un footing - le soir où les policiers ont été ciblés par des projectiles. 

Pourquoi la situation s'est-elle tendue entre les jeunes et les policiers la semaine dernière ?

"Ils ne peuvent pas faire d'activités sportives. Ils ne vont pas en soirée, ils ne se rassemblent pas avec les copains. Le moment où ils se rassemblent, c'est dans la rue. Vu qu'ils n'ont pas grand chose à faire, embêter les policiers et se faire courir après, c'est un jeu. Je ne cherche pas à justifier ce qu'ils ont fait, je cherche à comprendre, tout simplement, explique Samir El Himdi. Dans tous les quartiers de France, il y a des histoires. Je pense que c'est lié à la vie d'aujourd'hui. Le fait que les jeunes soient confinés, n'aient pas d'activités sportives. Plus on va les priver et plus, malheureusement, ils vont traîner dans les rues et ne pas forcément faire des bonnes choses". 

Je ne cherche pas à justifier ce qu'ils ont fait, je cherche à comprendre, tout simplement (...) Plus on va les priver et plus, malheureusement, ils vont traîner dans les rues et ne pas forcément faire des bonnes choses"

Plus de policiers, une fausse bonne idée ? 

C'est une revendication de longue date des syndicats de policiers : il faudrait davantage de renforts. Une revendication maintenue malgré arrivée de 20 policiers supplémentaires après les affrontements du mois de juin 2020 aux Grésilles. Pour Samir El Himdi, ce n'est pas le nombre qui règlera le problème, mais l'attitude générale de la Police. Il raconte lui-même avoir été contrôlé, "bloqué", "avec autorité, sans sourire, sans gentillesse", alors qu'il était seulement en train de courir vers sa voiture pour rejoindre sa compagne et leurs enfants. "Si moi je me fais contrôler comme ça, qu'est-ce que ça doit être des jeunes ? Qu'est-ce que ça doit être avec les plus jeunes qui ont moins de recul ? C'est normal qu'après ils se sentent un peu pris pour cible", regrette-t-il. 

"Un peu plus de social, un peu plus de sourires et de paroles calmes adouciraient les moeurs"

Samir El Himdi aimerait de la part des policiers "plus de social, de paroles calmes, de paroles douces", qui "amortiraient les moeurs". "Être dur et entrer en opposition avec les jeunes, ce n'est pas forcément la meilleur méthode", conclut-il. 

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