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Société

Violences : à Montreuil, la maison des femmes accompagne depuis près de vingt ans

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Par , France Bleu Paris, France Bleu

Depuis 2006, la maison des femmes Thérèse Clerc de Montreuil, fondée en 2000, a choisi de focaliser son action sur les femmes victimes de violences. Elle expérimente depuis cinq ans une plateforme unique en France qui permet d'accélérer les parcours de ces femmes, pour échapper aux violences.

Isabelle Colet, directrice, et Roselyne Rollier, présidente de la Maison des Femmes Thérèse Clerc de Montreuil
Isabelle Colet, directrice, et Roselyne Rollier, présidente de la Maison des Femmes Thérèse Clerc de Montreuil © Radio France - Rémi Brancato

Montreuil, France

Dans ce local, située en rez-de-chaussée d'une rue piétonne du centre de Montreuil, 800 femmes environ poussent la porte chaque année. Parmi elle, Kadi*, qui est accompagnée depuis plus d'un an. "J'étais à la maison, tout le temps, frappée : huit ans de souffrance" raconte celle qui est venue discuter de son projet professionnel : "j'ai fait quatre enfants avec cet homme-là et je l'ai quitté". "J'ai mon appartement maintenant, avec mes enfants, c'est l'association qui a changé ma vie!" sourit-elle.

300 femmes accompagnées pour sortir de la violence

Comme elle, Sarah* s'est sortie de l'emprise d'un mari très violent et dangereux, grâce à l'aide de la maison des femmes Thérèse Clerc, fondée en 2000. "Dans tous les domaines on a eu un soutien ici à la maison des femmes, dans toutes les démarches" explique-t-elle. L'association qui compte quatre salariés, et 26 intervenantes extérieures accompagne chaque année environ 300 femmes, dans de nombreux aspects de leur vie pour sortir de la violence. Des psychologues, des avocates, des travailleuses sociales interviennent notamment dans ce travail au long cours.

ECOUTEZ - le reportage de Rémi Brancato à la maison des femmes de Montreuil

Ici, les femmes racontent avoir trouvé une oreille attentive, ce qui est loin d'être le cas de toutes les structures ou des administrations. "Il y a aussi, hélas, des dysfonctionnements comme des difficultés à porter plainte" regrette Roselyne Rollier, la présidente de la maison des femmes. Elle raconte aussi les démarches qui ne fonctionnent pas : "elles sont allées à l'hôpital, pour dire qu'elles avaient mal au dos ou au ventre mais on ne leur a pas demandées si c'était lié à des violences".

Une plateforme d'échanges unique en France

Alors ici, l'association met en place une approche globale et totale des parcours de vie de ces femmes. Le mardi et le jeudi, une plateforme est organisée, une structure unique en France, selon Isabelle Colet, la directrice de la maison des femmes. Les professionnelles formées sont assises autour de la table, pour une discussion collective avec les femmes subissant des violences. 

Le principe : un échange de savoir croisé, émanant aussi bien des accompagnantes que des femmes. "On se rend compte qu'on est nombreuses, qu'on est passé par les mêmes étapes" défend Roselyne Rollier. 

Roselyne Rollier explique le fonctionnement de la plateforme d'échanges

15 mois de délai contre 3 ans en temps normal

Et l'expérience se montre efficace. "Cela tourne en général autour de 3 ans pour commencer à sortir des violences : ici sur la plateforme nous évaluons ce délai à 15 mois" avance Isabelle Colet. "Je me suis rendu compte que nos histoires, nous les femmes, se ressemblent: les hommes auteur de violences se ressemblent" ajoute Sarah au sujet du dispositif.

Un manque de moyens financiers

Mais malgré ces résultats, l'argent manque. En 2017, l'association a perdu 60 000 euros de budget, qui s'élève désormais à 140 000 euros. La maison des femmes a du procéder à un licenciement et la plateforme d'échanges n'a lieu que deux jours par semaine, contre quatre auparavant. 

Quant aux mouvements #metoo et #balancetonporc de prise de parole massive des femmes sur les questions de violences et de harcèlement, les militantes féministes de l'association le saluent, mais elles regrettent qu'il ne soit pas suivi de mesures financières concrètes des pouvoirs publics. "Il n'y a pas de moyens supplémentaires pour répondre à tous ces besoins" souligne Roselyne Rollier.

*prénoms d'emprunt

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