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Société
Dossier : Grenelle des violences conjugales

Violences conjugales : "Des insultes, des coups... Après 23 ans, j'ai dit stop", témoigne une victime

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Par , France Bleu Azur

Une victime de violences conjugales a accepté de témoigner sur France Bleu Azur. Lisa a quitté son domicile après 23 ans de vie commune avec un compagnon dont elle a subi les violences psychologiques et physiques. Elle raconte son parcours et l'aide qu'elle a reçue.

Les femmes victimes de violences conjugales disposent de lieux d'accueil et de prise en charge dans les Alpes-Maritimes
Les femmes victimes de violences conjugales disposent de lieux d'accueil et de prise en charge dans les Alpes-Maritimes © Maxppp - Stéphanie Para

Nice, France

Un matin d'hiver, Lisa (son prénom a été modifié pour préserver son anonymat) décide de quitter le domicile qu'elle partage avec son compagnon depuis 23 ans. Sa fille est désormais majeure, elle ne vit plus là et Lisa n'en peut plus des "insultes, du rabaissement, des coups". Le départ n'est pas simple puisqu'il la retient. Elle se dirige en pyjama au commissariat où l'on ne prendra sa plainte qu'à la fin de la journée. 

Une victime témoigne

"Même si la procédure est longue, il faut en sortir."

Au commissariat, "les agents sont peu nombreux, occupés à une garde à vue, me dit-on. On me propose de rentrer chez moi et de revenir plus tard, mais j'ai pris la décision, j'attends." On l'oriente finalement vers l'assistante sociale dédiée aux victimes qui l'accompagne et la suit de près. "Elle n'a pas compté son temps pour moi". Lisa entame une procédure pénale envers son ex-conjoint. 

Lisa est ensuite orientée vers l'accueil de jour dédié aux femmes victimes de violences de la ville de Nice, l'Abri-Côtier. Petit à petit, elle se reconstruit, participe à des groupes de paroles avec d'autres victimes, repart vivre chez sa mère et entame une procédure judiciaire. Lisa a aujourd'hui un message à faire passer aux femmes qui ont vécu, comme elle, "sous l'emprise" d'un conjoint violent. 

"J'ai tenu 23 ans mais il faut partir le plus vite possible. Prenez cette décision et vous allez mettre un pas vers la reconstruction. Il y a l'emprise, les enfants, la dépendance financière ou affective mais pensez aux blessures psychologiques et physiques destructrices." 

Lisa a un message à faire passer aux femmes victimes

Des lieux d'écoute et d'accompagnement

Beaucoup de femmes n’osent pas dénoncer les violences conjugales. On estime qu'il  y a environ sept allers-retours avant de parler. À Nice, pour aider les femmes victimes dans toutes leurs démarches, il existe un accueil de jour, l'Abri-Côtier propose un suivi individualisé, un accueil gratuit et anonyme

Sylvie Taillez, assistante sociale, est responsable de la structure. "Il y a ici une psychologue, deux éducatrices spécialisées, une secrétaire. Le centre d'information des droits des femmes et des familles tient une permanence et un écrivain public peut aider à la rédaction de dossiers, de courriers."

Sylvie Tailliez, responsable de l'Abri-Côtier

Géré par la direction adjointe de l’action sociale de la ville, cet accueil de jour est ouvert de 9h à 17h du lundi au vendredi. Les femmes victimes de violences peuvent appeler au 04.97.13.39.46. L'Abri-Côtier propose aussi des services de domiciliation, boîte aux lettres, téléphone, internet, consigne. Les enfants peuvent aussi être accueillis de manière spécifique. 

La mise à l'abri et l'hébergement d'urgence

Dans les Alpes-Maritimes c'est le 115 qui gère les hébergements d'urgences pour les femmes victimes de violences. Elles sont orientées vers des maisons de solidarité départementales ou des hôtels meublés. Dans le département, les victimes de violences conjugales représentent 40% des places en accueil d’urgence. 

À Cannes, le dispositif de mise à l’abri des femmes victimes de violences conjugales sera renforcé à partir du 1er novembre "en accélérant le délai de relogement des femmes, il passera de 45 jours en moyenne à 72 heures maximum", affirme le maire David Lisnard. Cinq logements sur les 15 que compte la villa Baltz sont réservés à ce dispositif d’urgence. La villa Baltz de Cannes accueille les femmes victimes de violences ou en situation de rupture sociale. 

Le gouvernement a annoncé la création au 1er janvier 2020 de mille nouvelles places d’hébergement et de logement temporaires (250 nouvelles places dans les centres d’hébergement d’urgence pour des mises en sécurité immédiates et 750 places bénéficiant de l’allocation de logement temporaire). 

La prise en charge des enfants 

Dans le département, on estime qu'au minimum 500 enfants sont exposés aux violences conjugales. Dans plus de 50 % des cas de violences conjugales, l'enfant est d'ailleurs lui aussi victime de violences physiques. Et un enfant qui assiste à des violences de manière répétée est victime de traumatismes, il finit par tolérer ces violences et peut devenir plus tard lui-même auteur.

Depuis août 2018, commettre des violences devant un enfant est devenu une circonstance aggravante. La justice a la possibilité de suspendre ou d'aménager l'exercice de l'autorité parentale quand il y a des violences conjugales. En cas de féminicide, l'autorité judiciaire peut suspendre l'autorité parentale dès la phase d'enquête.

Dans le département, quatre psychologues sont dédiés à la prise en charge des enfants. Émilie Taligault, vice-procureur de la République à Grasse, est en charge de la section des mineurs et de la famille. Elle souhaite la mise en place d’un bureau d’aide aux victimes mineurs. 

Emilie Taligault, vice-procureur de Grasse

Sylvie Tailliez est directrice de l'accueil de jour pour femme battue l'Abri-Côtier à Nice, la structure aide aussi à protéger les enfants, qui ne sortent pas indemnes de ces situations.

Sylvie Tailliez

Un maillage associatif de terrain

Des associations existent dans différentes villes du département avec des travailleurs sociaux, des psychologues, des juristes et travaillent ensemble sur la problématique des violences conjugales. Des permanences juridiques ont ouvert à Saint-Martin-du-Var, Puget-Théniers pour que les personnes des vallées puissent avoir accès à un soutien et à des conseils. 

À Nice, l'association Montjoye, Accueil femmes solidarité et le CIDFF viennent en aide aux victimes. À Grasse, c'est l'association Harjès. Il existe aussi Parcours de femmes à Cannes, Parenthèse à Antibes. 

Le 3919 : numéro d'écoute national, anonyme et gratuit, à destination des femmes victimes de toutes les violences. 

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