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Société
Dossier : Grenelle des violences conjugales

Violences conjugales : des policiers formés à la prise en charge des victimes

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Par , France Bleu Azur

À l'occasion du Grenelle des violences conjugales ce lundi dans les Alpes-Maritimes, France Bleu Azur a pu assister à une formation de policiers pour une meilleure prise en charge des victimes. Depuis un an, des stages de sensibilisation ont lieu tous les quinze jours à Nice.

Les policiers sont formés à la prise en charge des victimes de violences conjugales
Les policiers sont formés à la prise en charge des victimes de violences conjugales © Maxppp - Guillaume BONNEFONT

Nice, France

Le Grenelle de lutte contre les violences conjugales a lieu ce lundi dans les Alpes-Maritimes. Parmi les actions mises en œuvre dans le département, la formation des forces de l'ordre pour bien accueillir les victimes. Ces formations s'adressent à tous les policiers, quelles que soient leurs missions (prise de plaintes, des appels 17, équipages de police secours, enquêteurs), elles sont dispensées par la déléguée départementale aux droits des femmes, la déléguée de l'aide aux victimes, des psychologues, assistantes sociales, et magistrats du parquet. 

Reportage

Dans la salle, on aborde les différentes formes de violences au sein du couple. "Il n'y a pas une situation identique de violence conjugales. C'est parfois installé depuis des années avec un phénomène d'emprise, ça peut aussi arriver une fois", explique une travailleuse sociale de l'accueil de jour l'Abri-côtier à Nice. 

L’accent est mis sur l’accompagnement des victimes, leur orientation vers une assistante sociale, des psychologues, des associations. On parle de l’attitude à avoir face à une femme victime qui peut parfois se montrer sous le choc, stressée ou agressive, de l'importance de la recevoir dans un environnement serein. 

Favoriser le dépôt de plainte 

Moins d’une victime sur cinq porte plainte après avoir subi des violences conjugales. Plusieurs facteurs l'explique : le phénomène de domination psychologique du partenaire, l’incertitude de l’issue, la peur, la dépendance financière, le sentiment de honte... Pourtant, il faut "encourager le dépôt de plainte avec un questionnaire détaillé. On doit ressentir en lisant cette plainte l’ambiance au sein du foyer, la tension, les émotions, voire les humiliations. Les violences peuvent être aussi psychologiques", explique la déléguée départementale de l'aide aux victimes, Delphine Didier. "On ne peut pas laisser une victime sans information, sans soutien". Il est aussi important "qu'elle voit un médecin légiste"

Dans tous les commissariats, il existe des kits accueil pour informer les victimes de leurs droits, de l’existence d’associations, d'un bureau d'aide aux victimes. Des pôles psychosociaux ont aussi été installés au sein des commissariats de Cannes, Antibes, et Nice Foch. 

"Dès qu’une victime pousse la porte d’un commissariat, elle doit repartir informée, entendue, accompagnée. Les policiers doivent poser les bonnes questions pour que le parquet puisse instruire du mieux possible."

Même sans plainte, le parquet peut engager des poursuites contre un auteur de violences et des mesures peuvent être prises pour éloigner le conjoint. Les policiers qui reçoivent les victimes doivent remplir un questionnaire. Émilie Taligault est vice-procureure de la République à Grasse en charge de la section des mineurs et de la famille : "l'époque des fameuses mains courantes qui s'empilaient dans les commissariats et n'étaient pas transmises au parquet, c'est terminé. Il faut au moins une déposition avec procès-verbal, une orientation vers une assistante sociale."

Les policiers échangent sur leurs doutes et leurs difficultés

"Face à une victime qui appelle à plusieurs reprises le 17 sans vouloir déposer plainte ou qui vient retirer sa plainte, il faut rester à l'écoute, objectif, même si on ressent de la lassitude, si on sature", rappelle une formatrice. 

Un des agents qui répond au 17 explique qu'il reçoit quotidiennement des appels pour dénoncer des violences conjugales, de la part de victimes elles-mêmes mais aussi de voisins : "En fonction de l'urgence et des effectifs dont on dispose, on envoie des policiers sur place et on essaie de récolter le plus d'informations possibles sur les circonstances, savoir si le conjoint est au domicile, s'il y a une arme, des enfants, des animaux...."

Les policiers en intervention expliquent que leur priorité est "la mise en sécurité de la victime, la mise à l'écart de l'auteur violent. L'intervention peut être dangereuse pour les agents qui doivent se montrer prudents." Les fonctionnaires de terrain racontent donc que "l’empathie avec les victimes vient dans un deuxième temps, ce qui n'est pas toujours compris". Désormais, au sein de chaque commissariat, un policier référent victime peut être sollicité par ses collègues si besoin.

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