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Société

Violences conjugales : "Je témoigne pour toutes les autres"

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Par , France Bleu Pays Basque

Au Pays Basque, Mariane a été battue pendant cinq ans par son conjoint. Elle a accepté de raconter son histoire en espérant que son témoignage incitera d'autres femmes victimes de violences à parler.

226 personnes ont fait appel au Lieu d'accueil et d'écoute situé à Bayonne rien qu'au premier semestre 2019
226 personnes ont fait appel au Lieu d'accueil et d'écoute situé à Bayonne rien qu'au premier semestre 2019 © Radio France - Oihana Larzabal

Pays Basque, France

Mariane est un pseudonyme. Elle a longtemps hésité avant d'accepter de parler sous couvert d'anonymat. Elle commence à peine à se reconstruire, elle qui a subi les violences de son conjoint pendant cinq ans. "La violence psychologique, c'est le pire. Les coups, on fait avec." Et pourtant, des certificats médicaux, elle en a plusieurs dizaines. Pour des fractures, des hématomes, des traces de strangulation. 

Silence

Mariane a gardé le silence pendant cinq ans. Elle est arrivée au Pays Basque pour lui : "quand j'avais ma famille au téléphone, je leur disais que tout allait bien". L'isolement est la première étape de l'emprise après la séduction. Vient ensuite la culpabilité : "je pensais que c'était lui la victime, qu'il fallait que je l'aide". C'est d'abord pour lui trouver des solutions qu'elle a commencé des recherches sur internet. Elle a alors trouvé de multiples témoignages sur les forums qui l'ont aidé à partir.

Plainte

Ce n'est qu'une fois partie et en sécurité dans un logement d'urgence, après plusieurs rendez-vous avec son psychologue que Mariane s'est décidée à porter plainte. "J'avais déjà été au commissariat, ils m'ont dit qu'ils ne prenaient plus de main-courante. Et lorsque j'y suis allée pour porter plainte, le policier m'a demandé ce que j'avais fait pour qu'il me mette dans cet état". Dans l'attente du jugement, elle est hébergée dans un logement d'urgence géré par l'association Citoyenneté-Justice Pays Basque (ACJPB). Elle travaille, "cela m'aide beaucoup mais j'entend encore sa voix dans ma tête, comme quand il me criait dessus". Elle sait que le chemin sera long... mais qu'elle est sur la bonne voie.

Les mesures annoncées par le gouvernement sont largement insuffisantes, il y aurait tellement à faire : la formation dans les commissariats, les services hospitaliers, dans les écoles...

Aujourd'hui, Mariane a accepté de témoigner dans l'espoir d'aider ne serait ce qu'une femme victime de violences. "Je lui dirais d'être forte, d'arrêter d'espérer des choses qui ne viendront pas. Il faut trouver le courage d'en parler. Il existe des aides. Il y a trop de femmes qui meurent. Aujourd'hui, nous en sommes à 138 (depuis le début de l'année). Ne soyez pas la prochaine !"

Je suis chanceuse : je suis vivante, je peux vous parler !

"Je crois que ce que j'apprécie le plus aujourd'hui, c'est la liberté" — témoignage de Mariane, victime de violences pendant 5 ans de la part de son conjoint

Les contacts des associations qui viennent en aide aux personnes victimes de violences dans les Pyrénées-Atlantiques - Aucun(e)
Les contacts des associations qui viennent en aide aux personnes victimes de violences dans les Pyrénées-Atlantiques -

Ouverture d'une unité de victimologie à l’hôpital de Bayonne

Depuis plus de deux ans, le centre hospitalier de la côte basque, en lien avec le parquet de Bayonne, porte le projet d'une unité de victimologie au sein de l'établissement. "Un service destiné à toutes les victimes de violences, majeures et mineures, mais là, on le matérialise dans un endroit spécifique _comme il y a un service de cardiologie ou de pneumologie"explique Julie Valère, responsable des services sociaux à l’hôpital. Avec le docteur Marie Soulat, médecin-urgentiste, elles ont monté le dossier et frappé à toutes les portes pour obtenir les financements. Aujourd'hui, alors que l'unité a ouvert dans des préfabriqués en attendant la fin des travaux prévue pour janvier 2020, il manque encore 100 000€. "Nous avons demandé une subvention de 68 000€ au ministère de la justice, sans réponse pour l'instant"_ déplore Aude Le Hérissier, substitut du procureur à Bayonne.

Aux urgences adultes, 150 femmes victimes de violences ont été soignées en un an

"L'unité de victimologie regroupe un médecin coordinateur, assistantes sociales, gynécologue, psychologue, psychiatre, pédiatre et une secrétaire" — Julie Valère, responsable des services sociaux du centre hospitalier de la côte basque

Réseau violence

Au Pays Basque, les institutions et associations qui viennent en aide aux femmes victimes de violences sont regroupées au sein du "Réseau Violence" que gère Atherbea (association d'hébergement et de réinsertion sociale). Au premier semestre 2019, 226 personnes ont été accueillies au "Lieu d'accueil et d'écoute violences conjugales" (LAEVC). 226 personnes en six mois avec 232 enfants très souvent témoins des violences (76%) et parfois victimes eux-mêmes.

"226 personnes ont été reçues par l'ensemble des partenaires entre janvier et juin 2019" — Cédric Pédouan, chef de service au pôle insertion d'Atherbea

Hébergements d'urgence

"Lorsqu'une femme victime de violences se présente, il faut qu'on lui propose une solution immédiate, pour le jour même" indique Pantxika Ibarboure, directrice générale adjointe d'Atherbea. Pour cela, l'association dispose actuellement de trois appartements d'urgence situés dans le BAB et de deux logements temporaires à Saint-Jean-de-Luz. D'ici la fin de l'année, le dispositif sera étoffé avec trois appartements supplémentaires dont un dans le sud Labourd et un autre en Pays Basque intérieur.

Par ailleurs, depuis le début de l'année, l'agglomération Pays basque a mis à disposition un logement de type F3, le projet porté par le parquet de Bayonne n'ayant pas abouti. Trois autres appartements pourraient intégrer le dispositif dans les semaines qui viennent.

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