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Société DOSSIER : Le plus de l'info de France Bleu Belfort Montbéliard

Violences conjugales : les associations du nord Franche-Comté adhèrent aux nouvelles mesures

lundi 1 octobre 2018 à 17:43 Par Nicolas Wilhelm, France Bleu Belfort-Montbéliard

Les mesures annoncées ce lundi par Marlène Schiappa contre les violences conjugales sont dans l'ensemble bien acceptées par les associations et professionnels de la justice. La secrétaire d'Etat à l'Egalité entre les femmes et les hommes veut en finir avec l'indifférence qui entoure ce fléau.

 Beaucoup de silence et de tabou font que les violences conjugales restent un terrible fléau
Beaucoup de silence et de tabou font que les violences conjugales restent un terrible fléau © Maxppp - Florian Salesse

Franche-Comté, France

Un an après le début du mouvement #MeToo et #BalanceTonPorc suite à l'affaire Weinstein, le gouvernement s'active sur la question des violences conjugales. En 2016, 123 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-compagnon, soit environ une tous les trois jours.

Une plateforme de signalement en ligne

Le lancement d'une plateforme en ligne est l'une des mesures annoncées ce lundi par Marlène Schiappa. Elle doit permettre de signaler "plus facilement" des violences sexistes et sexuelles. Sa mise en place est prévue dans les prochaines semaines. Cet outil devra permettre de faciliter les dépôts de plainte. " Les victimes de violences conjugales sont souvent victimes non pas d'un premier coup mais de plusieurs qui se répètent. C'est ce qu'on appelle les infractions continues et s'installent souvent des habitudes. Toute la difficulté, c'est de trouver le déclic pour que cela s'arrête. C'est le rôle de tous les acteurs qu'elles peuvent rencontrer. Je pense que ces plateformes spécialisées peuvent être intéressantes car au bout du fil il y a des gens formés et compétents pour essayer d'écouter la personne et l'aider au mieux" explique Romain Bonnot, directeur de l'association d'aide aux victimes d'infraction pour l'ensemble du nord Franche-Comté.  Cette plateforme baptisée Astrée viendra en complément du numéro d’appel gratuit pour les femmes victimes de violences : le 3919. L'Etat va d'ailleurs lui accorder une subvention supplémentaire de 120 000 euros pour recruter trois écoutantes supplémentaires.

Un partenariat renforcé entre tous les acteurs

Marlène Schiappa a également annoncé "l'engagement des premiers contrats locaux contre les violences conjugales". Il s'agit d'un dispositif de partage d’alertes entre professionnels de la justice, police et santé, travailleurs sociaux autour des préfets et en partenariat avec des associations. Il sera d'abord testé dans le Nord. " Au niveau pénal, on sait que les peines sont aggravées. On sait que la politique pénale recoure souvent à la comparution immédiate. Devant le juge des affaires familiales, il y a le référé violence pour permettre d'expulser le conjoint violent du domicile familial. Ce qu'il faut désormais, c'est mettre en oeuvre des mesures pour libérer la parole. Le partage d'informations peut aider à creuser ce point là" indique maître Julien Robin, avocat au barreau de Belfort.

L'hébergement d'urgence des victimes : un enjeu capital

Une "plateforme de localisation des hébergements d'urgence accessible aux professionnels" sera également mis en place. L'objectif est de mettre à l'abri rapidement les femmes en danger, y compris avec leurs enfants. 

A Belfort par exemple, l'association Solidarité Femmes disposent de 31 places répartis dans 11 appartements. C'est trois de moins que l'an dernier car la dotation globale accordée par l'Etat a baissé de 20 000 euros. " On avait une capacité de 34 places qui est revenu à 31 places fin 2018 sur 11 appartements en diffus sur le Territoire de Belfort. On héberge des familles avec lesquelles on a préparé un départ suite à des violences car on sait que le moment de la rupture est celui ou il y a le plus d'homicides" explique Catherine Bernard assistante sociale de l'association Solidarité Femmes à Belfort. Cette baisse des moyens l'inquiète aussi bien pour les personnes victimes de ces violences comme pour leurs enfants. " Les enfants, futurs adultes, ont besoin de comprendre ce qu'il s'est passé sous leur yeux quand leur maman était victime de violences conjugales" conclut Catherine Bernard.