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Société

Violences conjugales : "rien n'est anodin lorsque l'on entend une porte claquer"

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Par , France Bleu Picardie

69 femmes tuées par leur conjoint ou leur ex-conjoint depuis le début de l'année 2019, huit femmes par jour victime de violences conjugales dans la Somme l'an dernier... Pour évoquer ce fléau, Emmanuel Firmin, qui anime une conférence à ce sujet, jeudi soir, était l'invité de France Bleu Picardie.

Emmanuel Firmin était dans les locaux de France Bleu Picardie ce jeudi matin.
Emmanuel Firmin était dans les locaux de France Bleu Picardie ce jeudi matin. © Radio France - Thomas Coignac

Amiens, France

"Violences conjugales, jusqu'où va l'emprise ?" : c'est le thème d'une conférence, ce jeudi soir, à 19h, à l'espace Dewailly (amphithéâtre Cavaillès) à Amiens. L'entrée est gratuite, dans la limite des places disponibles. Une conférence animée par Emmanuel Firmin, directeur du pôle justice à l'association Yves Lefebvre, qui s'occupe des familles et des femmes en danger. 

Et la violence peut prendre beaucoup de formes : "On a beaucoup parlé des coups, on parle maintenant davantage de harcèlement de  violence psychologique", énumère Emmanuel Firmin. Par exemple, le site du gouvernement, pour lutter contre les violences faites aux femmes, évoque aussi bien les menaces physiques "Il menace de me frapper, de me tuer", que psychologiques : "si tu m’aimes, ne va pas à ton rendez-vous avec une copine, reste à la maison". "Cette dernière phrase est considérée comme une violence conjugale", acquiesce Emmanuel Firmin. On est sur de la violence psychologique. Là, l’homme met la femme sous emprise". 

Avec son association, il est "confronté tous les jours à des appels, des réquisitions, pour dire que des femmes sont en difficulté". Alors, pour éviter d'aller jusqu'au drame - trois femmes sont mortes dans la Somme en 2018 - il faut réagir tout de suite, notamment lorsque l'on est voisin. "Rien n’est anodin lorsque l’on entend une porte claquer, une femme cirer, ou des enfants pleurer, rappelle Emmanuel Firmin. Il vaut mieux appeler les forces de l’ordre, quitte à se tromper, que ce soit une simple dispute. Pour éviter un drame."

Ce que je dis à une femme qui est victime, c’est de pousser la porte d'une gendarmerie, de la police, ou du tribunal

Et pour les femmes victimes, il est aussi difficile de franchir le pas et d'en parler. "Ce que je dis à une femme qui est victime, c’est de pousser la porte d'une gendarmerie, de la police, ou du tribunal. Mais ce n’est pas facile, même si aujourd’hui la parole est un peu plus libérée. Déposer plainte contre son compagnon, quand on a vécu avec lui plusieurs années, c’est très difficile, parce que cela veut dire que la vie de ces femmes va basculer. Tout change, au niveau économique, social…" Alors, il faut parfois passer par un intermédiaire, comme une amie. C'est ce que conseille, dans un spot de publicité, le site du gouvernement. 

Ce qui implique que les collègues par exemple, soient attentifs à ce genre de situation. "De plus en plus, le cercle amical est aidant. C’est plus facile de le dire à une amie qu’à un partent, on a l’impression de pouvoir davantage confier ce qu’on a sur le cœur". Emmanuel Firmin a aussi rappelé que ces violences touchent toutes les catégories d'ages ou socio-professionnelles, peuvent arriver aussi bien en ville qu'à la campagne... Et qu'elles sont de plus en plus graves, notamment avec l'usage de plus en plus fréquent d'armes blanches. 

Si on ne comprend les mécanismes du passage à l’acte, cela ne sert à rien

En 2018, dans la Somme, les forces de l'ordre ont effectué plus de 3000 interventions à domicile pour des problèmes de violences intra-familiales. Des dispositifs existent pourtant : un protocole a été signé par le préfet de la Somme et 34 partenaires il y a six mois pour coordonner les aides : les femmes peuvent par exemple se voir attribuer un téléphone grave danger, un portable directement relié aux forces de l'ordre qui leur garantit une intervention rapide si nécessaire. 

15 places d'hébergement d'urgence leurs ont également réservées si elles doivent quitter leur foyer, y compris avec les enfants. Des dispositifs existent aussi pour loger le conjoint violent et donc l'éloigner du domicile en attendant le procès, parce que "si on ne comprend les mécanismes du passage à l’acte, cela ne sert à rien", conclut Emmanuel Firmin.

L'interview complète est à réécouter sur francebleu.fr