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Violences policières :"On a peur pour nos enfants", témoignent des parents de Saint-Denis

- Mis à jour le -
Par , France Bleu Paris

Alors que le débat sur les violences policières est relancé, depuis l'agression violente de Michel Zecler à Paris, des parents et des jeunes de la cité des Francs-Moisins à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) se confient, à France Bleu Paris, sur leurs relations avec la police.

Manifestation au Trocadero à Paris, contre la loi de sécurité globale, le 21 novembre 2020
Manifestation au Trocadero à Paris, contre la loi de sécurité globale, le 21 novembre 2020 © Maxppp - Maxppp

Devant les grilles de l'école primaire Renoir, dans la cité des Francs-Moisins, à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), quelques parents échangent sur le sujet qui fait la Une de tous les médias, en ce moment. Cette vidéo de violences policières, révélée par le site Loopsider, sur laquelle on voit trois policiers tabasser Michel Zecler, un homme noir, producteur de musique, attaqué chez lui dans le 17e arrondissement de Paris, le 21 novembre 2020.

Des jeunes sans arrêt contrôlés

Nadia est mère de quatre enfants et elle nous le confie : "Quand j'envoie un de mes garçons chercher une baguette, s'il met du temps à revenir, je me demande s'il ne s'est pas fait embarquer par la police".  Othman, papa de deux petits garçons, lui, affirme se faire contrôler régulièrement quand il est au volant : "Ils (les policiers) me demandent les papiers de la voiture, tout est en règle mais ils vont quand même contrôler les feux, l'intérieur et tout ça... comme s'ils cherchaient la petite bête".  Des contrôles abusifs, selon lui, auxquels beaucoup de jeunes du quartier, souvent "noirs ou arabes" seraient soumis.

"Ils débarquent comme des cow-boys !"

"Parfois, ils débarquent comme des cow-boys, juste pour allumer la mèche !", ajoute Laura, maman de trois enfants. "Pendant le confinement, ils n'ont contrôlé que les jeunes, ils n'ont pas contrôlé les mères de familles ni les papys", par exemple.  Et en cas de problème : "ici, on n'appelle plus la police", de peur que la situation ne dégénère avec les jeunes.. Quand son petit garçon sera plus grand, elle lui donnera quelques conseils, dit-elle, s'il croise un agent : "Je lui dirai de changer de trottoir, d'enlever sa casquette, de ne pas s'habiller de telle ou telle manière".

Pourtant, Nadia, qui a grandi au Franc-Moisin, se souvient d'une autre police dans son enfance, celle de la proximité "qui était à l'écoute, avec qui on pouvait échanger et qui jouait au ballon avec nous". Une relation de confiance qui n'est plus d'actualité, à en croire, ces parents. Othman nous raconte que son fils de 7 ans a vu, lui aussi, la vidéo de l'agression de Michel Zecler. "Les enfants ils voient tout ça à la télé ou sur internet, après ils nous demandent 'Pourquoi les policiers ils tapent le monsieur ?', C'est pas bien du tout, ils n'ont plus confiance en la police déjà, à leur âge !"

"Changer les mentalités"

Florian, 10 ans, joue sur une balançoire avec ses copains, au pied de son immeuble. Le petit garçon a été perturbé aussi par les images qu'il a vues, "parce que quand je vois dans la télé, qu'ils frappent des gens, moi aussi j'ai peur qu'ils me frappent", nous confie-t-il. Mais le garçon sait aussi qu'il y a des "gentils policiers" et  qu'ils sont là "pour [le] défendre".

Ryan, élève au lycée Suger, est d'accord sur ce point : "Tous les policiers ne sont pas pareils, il y a des bons et des mauvais, c'est comme dans tous les métiers". Mais il y a urgence, selon l'adolescent de 15 ans, à virer les "méchants" : "Il faut changer les mentalités parce qu'une personne qui passe et qui se fait arrêter juste parce qu'elle est noire, je ne trouve pas ça normal". Faire le "ménage" dans la police pour enfin lui refaire confiance, c'est ce que réclame beaucoup de parents rencontrés ce jour-là, au Franc-Moisin.

"On a peur de la police pour nos enfants" : témoignages de parents du quartier Franc-Moisin à Saint-Denis

Emmanuel Macron demande "une police exemplaire"

Dans l'affaire des violences commises contre Michel Zecler, quatre policiers ont été placés en garde à vue, ce vendredi, dans les locaux de  l'Inspection générale de la police nationale (IGPN). Trois d'entre eux, au cœur de la scène qui a fait scandale, sont notamment entendus pour "violences volontaires, en réunion, avec arme et à caractère raciste" et "faux en écriture publique", selon le parquet de Paris qui a ouvert une enquête mardi. Le quatrième est soupçonné d'avoir envoyé une grenade lacrymogène à l'intérieur des locaux. Ils ont tous été suspendus de leurs fonctions.

Dans la soirée, Emmanuel Macron a réagit à cette affaire sur Facebook. Dénonçant des images "qui nous font honte", le chef de l'Etat a demandé "une police exemplaire" et réclamé au gouvernement des "propositions" pour "lutter contre les discriminations".

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