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Société

Violences sexuelles et sexistes à l'UNEF : une ancienne présidente du syndicat à Rennes témoigne

mercredi 29 novembre 2017 à 21:59 Par Loïck Guellec, France Bleu Armorique et France Bleu

Annaïg a été présidente de l'UNEF à Rennes avant de partir au bureau national. C'est là qu'elle a été témoin d'agressions sexuelles et de violences sexistes commises par des hauts dirigeants du syndicat étudiant. Elle est l'une des signataires d'une tribune dans "Le Monde".

Un amphi d'une Université
Un amphi d'une Université - Maxppp

83 anciennes militantes de l'UNEF ont signé une tribune publiée dans le quotidien "Le Monde" pour dénoncer des harcèlements, des agressions sexuelles et des violences sexistes commises par plusieurs dirigeants du syndicat étudiant pendant de longues années.

Parmi ces signataires, Annaïg, ancienne présidente de l'UNEF à Rennes et qui a rejoint le bureau national de l'organisation étudiante en 2007. Vivant en couple avec un militant du syndicat, elle a pu bénéficier d'une certaine protection. Mais en raison de son poste proche de la direction du mouvement elle a été témoin de l'emprise et de la domination masculine sur des militantes. Des relations sexuelles rarement consenties mais dans la plupart des cas subies par ces jeunes femmes. "On peut vraiment parler de harem mis en place par ces dirigeants de l'époque" explique Annaïg. "Ils arrivaient à se procurer les numéros de téléphone de certaines militantes pour ensuite les harceler de SMS et faire leurs avances". Annaïg raconte aussi que lors d'un déplacement dans une Université en région, elle a essayé d'empêcher un haut dirigeant de l'UNEF, qu'elle savait être prédateur, de venir dormir chez une militante mais on l'en a dissuadé sous peine d'être virée du syndicat.

La parole libérée

Pendant longtemps Annaïg et ses camarades témoins de certaines scènes se sont tues. Les victimes aussi se sont murées dans le silence. Mais les langues désormais se délient. Une parole libérée qui aurait été encore impensable il y a quelques semaines avant l'affaire Weinstein. La présidente de l'UNEF Lilâ Le Bas assure que ces pratiques sont combattues désormais dans le syndicat; des réunions non mixtes ont été créées pour que les femmes puissent s'exprimer librement sur ce qu'elles ont subies. Dans la tribune publiée dans "Le Monde", les 83 militantes en appellent à une prise de conscience collective.