Société

Violences, silence, solitude : des victimes de harcèlement à l'école témoignent sur France Bleu

Par France Bleu, France Bleu jeudi 3 novembre 2016 à 14:48

Selon des études françaises, 7% des quelque 3,2 millions de collégiens se disent victimes de harcèlement "sévère", voire "très sévère
Selon des études françaises, 7% des quelque 3,2 millions de collégiens se disent victimes de harcèlement "sévère", voire "très sévère © Maxppp -

L'Education nationale organise ce jeudi la deuxième journée nationale de lutte contre le harcèlement. Violences, traumatismes, solitude, dépression : sur France Bleu, parents et enfants témoignent.

Pour la première fois depuis près de vingt ans, le harcèlement à l’école est en baisse de 15 % en France. A l’occasion de la journée nationale de lutte contre le harcèlement organisé ce jeudi par l’Education nationale, France Bleu a recueilli les témoignages de trois victimes. Elles livrent des souvenirs saisissants, écorchés d’instants effrayants de détresse, souvent passés sous silence.

"De mes 6 ans à mes 15 ans, j'ai subi un harcèlement moral et physique"

Stéphane, 43 ans, a subi pendant 9 ans les coups et les insultes de ses camarades. Un jour Stéphane craque. Trop de mensonges. Trop de coups. Il saute du deuxième étage. "Par chance je me suis loupé... J'ai eu le visage abîmé, et le nez fracturé. C'était clairement un appel à l'aide." Malgré sa tentative de suicide, il a su se reconstruire et a rencontré son bourreau. Aujourd’hui, il traverse les départements français pour donner des conférences dans les établissements scolaires. Il témoigne sur France Bleu Armorique.

"Je ne comprenais pas pourquoi ils voulaient que je souffre"

Allan, 12 ans, témoigne sur France Bleu Gascogne : des taquineries, les enfants de son école sont passés aux violences physiques. Tout a commencé en classe de CM2. Avec beaucoup de courage Allan raconte : "Ils commencent à m'embêter et ça évolue très rapidement : ils me poussent, font des croche-pied, m'attrapent par la nuque... tous les jours sans exception. Ils veulent que je reste dans leur coin et que je sois leur victime". La situation a duré plus d'un an.

"T'as des yeux globuleux, t'as vu comment t'es habillée, t'es pas normale"

C'est anonymement que cette Terrifortaine accepte de raconter son expérience. Sa fille a subi du harcèlement à l'école il y a deux ans, mais la plaie reste vive. "Elle est encore fragilisée. Si vous lui demandiez de témoigner elle ne pourrait pas", justifie sa mère. Il y a deux ans, trois jours après sa rentrée en sixième, sa fille lui fait part des moqueries dont elle est la cible. "C'était des brimades verbales permanentes, rapporte la maman. T'as des yeux globuleux, t'as vu comment t'es habillée, t'es pas normale. Toujours sur la normalité ". Elle s'est confiée sur France Bleu Belfort-Montbéliard

Un numéro d’appel gratuit pour signaler et briser le silence

Le numéro d'appel 3020, inauguré en 2015, voit cette année ses horaires élargis, de 9h à 20h du lundi au vendredi et de 9h à 18h le samedi. Ce numéro gratuit permet écoute, conseils et orientations aux personnes appelant pour signaler une situation de harcèlement à l'école. Il a reçu près de 65.000 appels au cours des douze derniers mois, soit cinq fois plus que le dispositif téléphonique précédent, moins connu.

7% des collégiens se disent victimes de harcèlement "sévère", voire "très sévère"

L'enquête 2016 réalisée sous l'égide de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) dans 42 pays auprès de collégiens montre une baisse du phénomène en France, pour la première fois depuis 20 ans. Psychologique ou physique, le harcèlement aurait ainsi reculé de 15% au collège entre 2010 et 2014, selon l'enquête "Health Behaviour in school-aged children" (HBSC) conduite tous les quatre ans. La baisse la plus importante, selon les déclarations des enfants interrogés, est relevée en classe de sixième (-33%). Selon des études françaises, 7% des quelque 3,2 millions de collégiens se disent victimes de harcèlement "sévère", voire "très sévère".

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