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Société DOSSIER : Mouvement des "gilets jaunes"

"Vivre à découvert de 300 euros tous les mois, c'est pas une vie"

vendredi 23 novembre 2018 à 19:21 Par Diane Sprimont, France Bleu Drôme Ardèche

Beaucoup de gilets jaunes de Drôme et d'Ardèche n'iront pas à Paris ce week-end. Le déplacement coûte trop cher et d'après certains, si le mouvement peut être efficace c'est au niveau local.

80 gilets jaunes mobilisés ce vendredi à Valence dans la zone commerciale des Couleures
80 gilets jaunes mobilisés ce vendredi à Valence dans la zone commerciale des Couleures © Radio France - Diane Sprimont

Valence, France

La contestation des gilets jaunes prend de nouvelles formes, au septième jour de la mobilisation. Peu devraient être à Paris samedi, ils comptent bien poursuivre leurs actions en Drôme-Ardèche. Pour certains, le mouvement des gilets jaunes est surtout efficace au niveau local. Noredine, 41 ans, artisan mobilisé à Valence-Sud, choisit de rester sur place : "comme vous l'avez vu, les gilets jaunes ne sont pas à Paris du tout donc moi je vais rester dans ma région et on a plus d'impact ici que là-bas"

"On a plus d'impact ici que là-bas "

Pour beaucoup c'est une question de budget, "je suis déjà à découvert alors qu'est-ce que vous voulez que j'aille faire à Paris ?" rigole Faustine, 24 ans. Plusieurs déplorent également que l'État n'aie pas "mis en place des cars" pour rejoindre la capitale. A l'inverse, Assia hésite, " il faut qu'Emmanuel Macron voit la masse de gilets jaunes. C'est pour ça que j'hésite à aller à Paris."

Beaucoup de gilets jaunes n'iront pas à Paris ce week-end.

D'après Laurent, 57 ans, en reconstruction professionnelle, la solution est de repenser les territoires en périphérie. "Il faut maintenant penser aux régions et arrêter de penser à Paris, Lyon, Bordeaux. J'ai rien contre ces grandes villes mais elles ont à peu près tout ce qu'il faut. Nous ici, on vit en Drôme et on travaille en Ardèche et vice-versa. Donc tous les coûts, on les prend en pleine figure."

"Nous ici, on vit en Drôme et on travaille en Ardèche et vice-versa. Donc tous les coûts, on les prend en pleine figure."

"Depuis une semaine, on a l'impression qu'on n'a plus de président"

D'après Sylvain, boucher manifestant du groupe des gilets jaunes de Tournon, l'absence de dialogue avec le gouvernement va renforcer les rangs du mouvement ce week-end, "Depuis une semaine, on n'a l'impression qu'on n'a plus de Président. Il a annoncé qu'il parlerait mardi mais ils ne lâchent rien. Nous non plus, on ne lâchera rien, on va revenir en force et on ira jusqu'au bout." Il n'en peut plus de sa situation financière depuis plusieurs années, "_vivre à découvert de 300 euros ou 500 euros tous les mois, c'est pas une vie_. Je dois faire 90 kilomètres par jour pour aller travailler, j'ai pas d'autres choix aujourd'hui."

Les gilets jaunes de Valence se sont rassemblés ce vendredi devant des grandes enseignes et au niveau du péage de Valence Sud. - Radio France
Les gilets jaunes de Valence se sont rassemblés ce vendredi devant des grandes enseignes et au niveau du péage de Valence Sud. © Radio France

Laurent est mobilisé depuis sept jours à Valence, il votait "vert" avant mais sa situation financière a modifié son orientation politique, "je faisais partie de la classe moyenne mais là je touche le fond et je suis pour sauver la planète, pour nos enfants. Mais là on ne peut plus vivre. Je suis maintenant apolitique.

Alors pour ce quinquagénaire, la transition énergétique est "nécessaire" mais autrement : "il faut redistribuer l'argent dans les régions. Deuxièmement, il faut que l'Etat déploie des bus avec une bonne distribution. Au lieu de donner 4000 euros à des gens qui n'ont pas d'argent pour acheter une bonne voiture, il faudrait maintenant trouver des voitures électriques d'occasion et en accord avec les patrons, mettre en place des parkings avec des voitures électriques dans les entreprises."