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Société

"Vos roses n'effaceront jamais nos bleus" : des féministes mobilisées pour la Saint-Valentin à Rouen

Des affiches contre les violences faites aux femmes ont été collées dans le centre-ville de Rouen, la veille de la Saint-Valentin. Une initiative du collectif Collages Féminicides, qui souhaite sensibiliser les passants à ces agressions. France Bleu a suivi un groupe de colleuses jeudi soir.

Sur des feuilles A4 blanches collées sur les murs de la rue Alsace-Lorraine, le long des voies du TEOR, ces grandes lettres peintes en noir forment un message choc, en ce jour de la Saint-Valentin : "Vos roses n’effaceront jamais nos bleus. On a voulu adresser un message aux hommes principalement", explique Ariane*, une étudiante rouennaise, membre du collectif Collages Féminicides. La vingtaine, elle a déjà participé plusieurs fois à ces opérations de collages.

L’objectif de ces messages collés dans toute la ville : sensibiliser les gens aux violences faites aux femmes : "Quand t’es une femme, tu dois moins ouvrir ta gueule, tu dois bien t’habiller, te maquiller, tout ça, ce sont des violences, des charges qu’on ajoute constamment aux femmes, en plus des violences physiques, verbales, qu’on subit dans la rue en se baladant, en se faisant alpaguer", témoigne Ariane, excédée.

Ecoutez le reportage de France Bleu sur le collectif Collages Féminicides.

S’organiser pour être efficace

Une opération qui nécessite une bonne organisation. Avant de partir, Ariane a invité chez elle Amandine* et Zoé*, deux de ses amies, afin de préparer les affiches et la colle. Par petits groupes de cinq, les jeunes filles se répartissent les slogans et les endroits où les coller. Des phrases choc, comme "Le sexisme tue", qui font réagir les rares passants à cette heure : "C’est une bonne chose, c’est pour la cause de la femme… Ma mère est une femme, j’ai des sœurs, donc il faut défendre les femmes", déclare un homme qui s’était arrêté devant un des collages.

C’est une bonne chose, c’est pour la cause de la femme - un passant

Ces réactions, c’est ce qu’espéraient les colleuses du collectif. "Je pense que ce sont des sujets tabous, des sujets qu’on tend à étouffer, explique Zoé, on apprend aux femmes à se taire, et le fait de réaliser ces collages, c’est un moyen de se réapproprier la rue, de pouvoir s’exprimer et de faire passer des messages."

Certains trouvent parfois ces slogans trop violents, crus. Ce à quoi Amandine répond : "Au bout d’un moment, il faut faire prendre conscience aux gens des réalités qui sont extrêmement violentes. Coller ces mots sur les murs, ça n’est pas plus violent que la réalité en elle-même, on ne va pas tout édulcorer." 

Faire changer les mentalités

Ce soir, la pluie en a découragé certaines mais elles sont tout de même une dizaine à avoir bravé le froid et parfois l’avis de leurs parents, comme Ariane : "Ma mère m’a toujours soutenue, mon père pense que ces collages ne sont pas importants. Je lui ai dit que ce qu’il pensait, ça m’était un peu égal ! Je fais ça pour moi, pas pour lui, mais pour toutes les autres filles et femmes du monde, donc ce qu’un homme peut penser, ça m’est un peu égal."

Mon père pense que ces collages ne sont pas importants. Je lui ai dit que ce qu’il pensait, ça m’était un peu égal ! - Ariane

Le collectif de Rouen a lancé une cagnotte en ligne, pour permettre à leurs membres d’acheter de la peinture et du matériel pour coller. À Strasbourg, Toulouse ou Bordeaux, les colleuses se sont organisées pour accrocher le même message. Le collectif espère, grâce à ce type d’actions, faire changer à terme les mentalités.

* Les prénoms ont été modifiés.

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