Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Dossier : Coronavirus Covid-19

Vosges : le confinement vécu comme une "pause salvatrice" par le photographe animalier Vincent Munier

-
Par , France Bleu Sud Lorraine

Le photographe animalier de renommée internationale Vincent Munier a passé les deux mois de confinement chez lui, dans sa maison des Vosges, à 800 mètres d'altitude. Il se dit "apaisé" et en appelle à notre conscience citoyenne pour ne pas revenir à la "vie d'avant".

Vincent Munier : "La beauté peut vraiment nous sauver"
Vincent Munier : "La beauté peut vraiment nous sauver" © Maxppp - Alexandre Marchi

"La terre respire, les bêtes se montrent… Je me sens apaisé" : c'est ainsi que commence un long message posté par Vincent Munier sur Facebook. Le photographe animalier vient de passer les deux mois de confinement dans sa maison du massif vosgien, à 800m d'altitude. "La pause forcée à laquelle nous contraint la pandémie me procure un sentiment profond d’apaisement. Elle offre un répit à tous les autres êtres vivants", poursuit-il avant de se confier à France Bleu Lorraine. 

Vincent Munier s'est senti chez lui comme "un réfugié naturaliste" : "J'ai pu tout ce printemps photographier énormément d'oiseaux. C'était juste fabuleux !"

Revoir ces migrateurs, ma petite Pie-grièche écorcheur que j'ai vue l'an passé nicher en face de la maison et là, elle a refait son long voyage depuis l'Afrique pour revenir dans le même buisson. Moi, ça me fascine, c'est génial !

Le photographe, capable de se figer des heures durant pour ses clichés, nous invite à la contemplation. "Tout ce monde animal ou végétal, ça nous fait un bien fou. Ça peut paraître tellement naïf pour certains qui ont la tête dans le guidon et qui ne pensent qu'aux chiffres. La beauté peut vraiment nous sauver."

Ce virus infiniment petit nous rappelle notre fragilité selon Vincent Munier. "C'est important pour rester humbles. Parce que nous, l'espèce humaine, on est loin de ça. On est d'une arrogance et d'une prétention à vouloir gérer et maîtriser la nature." La solution à ses yeux ? Ralentir. 

"J'ai vu des gens citadins qui n'en pouvaient plus, qui étaient sous anxiolytiques et là, avec le printemps, l'arrivée des oiseaux, ils ont pris le temps. Je pense que cela peut être bénéfique. Après, quand on entend nos dirigeants ou certains qui disent : "On va remettre tant de milliards dans l'aérien, il faut travailler plus pour rattraper le retard de ces deux mois", là on a envie de dire non."

C'est pour ça que ça m'agace quand j'entends : "Vivement qu'on revive comme avant". Non ! 

"Il faut revenir à un rythme différent. Il faut revenir à du maraîchage autour des villes, à plus d'autonomie. C'est un travail de citoyen et politique aussi. Mais politique, on voit que ça ne marche pas. Est-ce que cette grande gifle va nous faire changer les choses ? Tentons à notre niveau en prenant des chemins différents."

Cette sobriété qu'il appelle de ses vœux, Vincent Munier se l'applique-t-il, lui qui a pris des photos en Arctique, en terre Adélie et plus récemment au Tibet ? "On est tous dans le paradoxe et moi aussi, parce j'utilise l'avion de temps en temps", consent-il. "Il y a une dizaine d'années, je sautais d'un avion à un autre pour faire des reportages pour Terre Sauvage, pour Géo, pas mal de magazines pour montrer la beauté de la nature. Mais maintenant, on est nombreux à être conscients de la fragilité de la nature sauvage." 

"Il faut être plus militant. Moi, ça fait 5-10 ans que je ne "consomme" plus la nature", explique le photographe qui s'oblige à ne pas prendre l'avion plus de deux fois par an. "Vous n'imaginez pas le nombre de sollicitations que je refuse", ajoute-t-il.

Choix de la station

À venir dansDanssecondess