Société

VOTRE AVIS - Le revenu universel : une fausse bonne idée ?

Par Stéphane Parry, France Bleu Bourgogne jeudi 19 janvier 2017 à 16:29

Le revenu universel serait versé à tous les citoyens pour un montant variant entre 600 et 750 euros
Le revenu universel serait versé à tous les citoyens pour un montant variant entre 600 et 750 euros © Maxppp - Jean-Luc Frémal

C'est l'une des propositions de Benoit Hamon à la primaire de la gauche. Le candidat socialiste à la présidentielle souhaite mettre en place un revenu universel pour tous. L' idée est que chacun puisse bénéficier d'un revenu minimum (entre 600 et 750 euros au départ). La proposition divise.

L'idée d'allouer un revenu universel à tous n'est pas nouvelle. On la trouve présente dans les travaux et recherches de plusieurs philosophes (Michel Foucault...) ou économistes (Milton Friedman...) au siècle dernier. A l'époque on parle davantage de revenu de base ou revenu permanent permettant à l'individu de mieux anticiper sa consommation ou encore de se libérer de la contrainte travail. Pour Benoit Hamon, le revenu universel est une réponse à la "raréfaction probable du travail lié à la révolution numérique". Il permet aussi à l'individu de choisir son temps de travail et de "s'épanouir dans d'autres activités que l'emploi".

Un salaire à vie

Le revenu universel doit assurer à chacun un revenu minimum suffisant pour vivre. Il doit être versé que l'on travaille ou non, que l'on soit salarié, lycéen ou retraité. Il peut être cumulable avec un salaire. Tout le monde y a le droit, que l'on soit pauvre ou riche. Benoit Hamon propose de mettre en place ce revenu universel par étapes. D'abord pour les plus pauvres. Cela remplacerait et revaloriserait le RSA. Son montant serait fixé à 600 euros (contre 525 au revenu de solidarité active). Le revenu universel serait distribué aux 18-25 ans. Dans un deuxième temps, ce revenu serait porter à 750 euros.

Un coût estimé à 400 milliards d'euros

Pour financer ce revenu universel, Benoit Hamon propose de taxer les revenus les plus hauts mais aussi de se servir de l'impôt sur le patrimoine, sur les successions et les transactions financières. Le coût de la mesure est estimé à 400 milliards d'euros. Soit l'équivalent du budget de l'Etat. Ce qui fait dire à bon nombre de détracteurs que la mesure est inapplicable. Ainsi pour Aurélie Philippetti, ancienne ministre et députée de Moselle, la proposition phare de Benoit Hamon est "défaitiste et irréaliste".

Parmi les autres candidats à la primaire de la gauche, seul Jean-Luc Benhamias est favorable à un revenu universel. Les autres comme Vincent Peillon ou Arnaud Montebourg y sont opposés. Manuel Valls propose un revenu décent versé sous conditions à partir de 18 ans qui fusionnerait plusieurs minimas sociaux. Yannick Jadot, le candidat d'Europe Ecologie-Les Verts, y est favorable tout comme Nathalie Kosciuzko-Morizet ou encore Jean-Frédéric Poisson, deux candidats à la primaire de la droite et du centre.

  • Le revenu universel : une fausse bonne idée ? Témoignez sur Facebook et Twitter et ce vendredi à 8h15 au 03 80 42 15 15.

  • Pierre Antoine Kern, président du Medef en Côte d'Or est ce vendredi à 7h52 l'invité France Bleu Bourgogne.