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Bourges : des consultations gratuites d'avocats pour aider les victimes de violences conjugales

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Par , France Bleu Berry

Ce 25 novembre, c'est la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes : en France, une femme meurt tous les deux jours sous les coups de son conjoint. Un numéro de téléphone existe pour alerter : le 3919.

Elodie a subi un jet d'acide par son ex
Elodie a subi un jet d'acide par son ex © Radio France - Michel Benoit

Les moyens de lutte contre les violences domestiques ou conjugales ont été renforcés ces dernières années mais il reste beaucoup à faire en Berry comme ailleurs. Dans le Cher, par exemple, on note en moyenne un peu moins de deux interventions par jour des forces de l'ordre pour  des violences conjugales.  Les signalements ont augmenté de 15 %  durant le confinement en France. Elodie (c'est un prénom  d'emprunt) a vécu un véritable enfer, près de Bourges durant plusieurs années. Son mari purge une peine de quatre ans de prison pour harcèlement et violences : il avait voulu lui jeter de l'acide au visage... après qu'elle l'ait quitté à cause de sa violence.  Elodie a failli être défigurée mais curieusement, cette femme de 41 ans l'affirme, c'est cet acte qui finalement lui a sauvé la vie car il a provoqué une prise de conscience et la justice a pris au sérieux les plaintes qu'elle déposait depuis près d'un an : " Je savais qu'il fallait qu'il se passe quelque chose de plus grave, une agression physique pour que les choses bougent.  Je me trouvais chez des amis avec mes enfants quand il a débarqué avec une bouteille d'acide à la main.  J'ai été atteinte dans le dos. Il voulait me défigurer pour que je ne puisse pas refaire ma vie. Après cette agression, la justice est allée très vite. Elle a ressorti toutes les plaintes que j'avais déposées depuis un an. C'était du harcèlement pas sms, par téléphone, il me suivait. Il s'en est pris à ma voiture, à ma maison." 

Elodie, victime de violences conjugales, ne veut plus fuir
Elodie, victime de violences conjugales, ne veut plus fuir © Radio France - Michel Benoit

Un enfer qui a duré un an et demi... Son ex mari a perdu l'exercice du droit parental. Elodie n'en veut pas à la justice. Pour elle, la solution vient d'abord de la victime : " Il faut que les personnes victimes se prennent en main elles-mêmes, qu'elles prennent conscience qu'il y a un dysfonctionnement chez elles parce qu'on ne rentre pas dans une relation aussi toxique par hasard. Il faut qu'on arrive à comprendre comment on se met dans un tel merdier toute seule parce qu'on s'y met vraiment toute seule. Pourquoi on n'entend pas les conseils de notre entourage qui nous demande de partir ? On est également fautif en refusant de se remettre en cause. C'est tellement difficile de reconnaître qu'on s'est trompé." L'ex mai d'Elodie pourrait sortir de prison en juillet prochain : " Il m'arrive d'avoir peur. je ne peux pas contrôler le danger mais je vais essayer de contrôler ma propre peur. Cela, ça m'appartient. Il est hors de question que je fuie pour rester en sécurité. J'ai reconstruit ma vie. Mes enfants ont été très déstabilisés. Je n veux pas tout chambouler à nouveau parce qu'il pourrait revenir m'agresser. Et puis, ce serait reculer pour mieux sauter. Je ne vais pas fuir toute ma vie." Elodie espère pouvoir s'investir pour venir en aide à d'autres femmes ou enfants victimes.  

La mairie de Bourges a déployé une affiche pour attirer le regard sur le 3919
La mairie de Bourges a déployé une affiche pour attirer le regard sur le 3919 © Radio France - Michel Benoit

Ce témoignage démontre les difficultés auxquelles doivent répondre les pouvoirs publics. Trop souvent, c'est encore la victime qui doit quitter le domicilepour être mise en sécurité. L'éloignement du conjoint violent est loin d'être une réalité affirme Lucie Espéron, psychologue au service d'aide aux victimes : " Cela reste des mots. Les mesures de protection existent mais elles sont très difficiles à mettre en place par manque de d'agents de police ou de gendarmerie. Les mesures d'éloignements restent donc assez fictives pour le moment."

Police et gendarmerie ne peuvent pas toujours agir aussi rapidement qu'il le faudrait
Police et gendarmerie ne peuvent pas toujours agir aussi rapidement qu'il le faudrait © Radio France - Michel Benoit

Le préfet du Cher, Jean-Christophe Bouvier, en convient : la réaction est encore trop longue : " Déjà, c'est une décision de justice d'éloigner quelqu'un et cela prend souvent un certain temps. Je voudrais souligner que nous travaillons avec le procureur et l'autorité judiciaire pour créer des accueils supplémentaires pour que les auteurs puissent être éloignés. et que la victime puisse reprendre une vie normale." Il reste un gros travail à faire... Pour inciter les victimes potentielles à briser le cercle infernal, le barreau de Bourges organise des consultations gratuites à l'hôtel de ville de Bourges ce mercredi : " C'est un entretien où elles sont seules avec l'avocat " précise Alain Tanton, bâtonnier de Bourges : " Entretien dans le respect du secret professionnel le plus absolu. Au delà de libérer la parole, le but est aussi de donner une information juridique."  Une consultation est également organisée à la mairie annexe de la chancellerie à Bourges ce mercredi.

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