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Société

Sans solution, des migrants se réinstallent dans le parc St John Perse à Reims

mercredi 4 juillet 2018 à 10:39 Par Aurélie Jacquand, France Bleu Champagne-Ardenne

Alors que les dirigeants des pays européens se disputent autour de la question de l'accueil des migrants, des familles venues de Tchétchénie ou encore d'Albanie dorment sous des tentes depuis plusieurs semaines à Reims dans le parc St John Perse. Un camp déjà plusieurs fois démantelé et réinstallé.

Depuis des mois les migrants se succèdent dans ce camp parc St John Perse à Reims
Depuis des mois les migrants se succèdent dans ce camp parc St John Perse à Reims © Radio France - Aurélie Jacquand

Reims, France

C'est par des rires d'enfants qui jouent autour des tentes que nous sommes accueillis dans le parc St John Perse de Reims. Ils sont neuf, le plus jeune a 1 an et demi, le plus âgé en a 10. Avec leurs parents ils vivent là, sur une butte à quelques mètres du tramway, depuis deux mois pour certains. Le soleil qui frappe ce jour-là ferait presque oublier les difficultés du quotidien : "Ils n'ont pas d'eau, pas de toilettes, pas de feu pour cuisiner, rien pour tenir leur nourriture au frais or il fait très chaud", explique les bénévoles qui viennent en aide aux migrants.

"On remercie la France et ceux qui viennent nous apporter de la nourriture tous les jours", disent deux femmes. Elles préfèrent ne pas donner leur nom et ne pas parler dans le micro, par peur des ennuis, mais elles racontent leur histoire à Roman, un étudiant d'origine russe qui se charge de la traduction : "Elles viennent de Tchétchénie, de Grozny. Elles ont fui parce que leurs maris ont eu des problèmes politiques avec le pouvoir, ils ont été torturés et frappés". Ils ont donc fui, via la Pologne, puis l'Allemagne, avant d'arriver en France où ils demandent l'asile.

"Nos maris se faisaient torturer en Tchétchénie", expliquent ces migrants

18 personnes, dont 9 enfants, vivent sous ces tentes parc St John Perse à Reims - Radio France
18 personnes, dont 9 enfants, vivent sous ces tentes parc St John Perse à Reims © Radio France - Aurélie Jacquand

Ce mardi ils étaient 18 à vivre sur ce camp installé-là parce que le CADA (centre d’accueil des demandeurs d’asile) se trouve à deux pas. Régulièrement la police vient les déloger : "C'était le cas il y a à peine deux semaines", explique Fabien, bénévole, "La police leur a tout pris. Les tentes, mais aussi la nourriture et les vêtements. Le but c'est sans doute de les décourager, mais ils sont revenus immédiatement parce qu'ils n'ont pas le choix". La situation se répète ainsi depuis plus d'un an.

"Il y a un  refus de l'autre. C'est lamentable" dit ce bénévole

Tout ce que ces migrants ont pour vivre, à commencer par les toiles de tente, leur a été donné par des bénévoles, qui ont même récemment ouvert une "maison des migrants", rue de Tinqueux. Seulement voilà, avec 45 personnes logées, elle est bondée. "Pendant ce temps-là, les pouvoirs politiques en Europe se disputent et se renvoient la patate chaude !", se désole Robert, très ému.

D'autres bénévoles avouent que la fatigue commence à se faire sentir, le découragement aussi parfois. Certains parlent de "guerre d’usure" entre les autorités qui démantèlent les camps et les migrants qui reviennent sans cesse. "Il faut que l'on retrouve des énergies pour s'occuper de ces gens, mais temps que la révolte sera plus forte que le découragement, on sera là", conclut Philippe.

Les bénévoles qui s'occupent des migrants à Reims demandent à l'Etat de les prendre en charge - Radio France
Les bénévoles qui s'occupent des migrants à Reims demandent à l'Etat de les prendre en charge © Radio France - Aurélie Jacquand

Fabien Tarrit est membre du réseau de bénévole qui vient en aide aux migrants à Reims