Société

Xynthia : 5 ans après, les Vendéens ont-ils tourné la page ?

Par Mélodie Pépin, France Bleu Loire Océan et France Bleu Poitou vendredi 27 février 2015 à 17:17

La Faute-sur-Mer, au lendemain du passage de la tempête Xynthia
La Faute-sur-Mer, au lendemain du passage de la tempête Xynthia © MaxPPP/Philippe Cherel

Les 27 et 28 février 2010, la tempête Xynthia frappe le littoral atlantique. Il y a 47 morts dont 35 personnes en Vendée. La petite commune de La Faute-sur-Mer est particulièrement meurtrie avec 29 morts. Juste à côté, l'Aiguillon est très touchée aussi. Cinq ans après, les communes attendent les touristes, et les habitants se battent pour éviter d'être expropriés.

On se souvient tous de ces images terribles. De l'eau, de la boue, qui entrent dans les terres, dans les maisons, et détruisent tout. La tempête Xynthia, conséquence de forts coefficients de marée et du vent, a balayé la façade atlantique et particulièrement le littoral vendéen ces 27 et 28 février 2010. On dénombre 47 morts dont 35 en Vendée.

Des habitants encore sous le coup d'une expropriation

Cinq ans après, une quarantaine d'habitants de l'Aiguillon, commune voisine de La Faute-sur-Mer, se battent toujours contre une expropriation, demandée par l'État après la tempête en vue de la destruction des habitations dans des secteurs jugés dangereux et innondables. Ils ont fait appel la semaine dernière du jugement du tribunal administratif de Nantes. Michel Gautruche est un de ces Pointus, il fait partie de l'association l'Amicale des résidents de la pointe de L'Aiguillon (Arpa). Il refuse d'être exproprié car tout a été sécurisé selon lui. "Cette décision est intolérable. Tout a été fait pour quon soit protégés. Les hauteurs des dunes sont un mètre, un mètre cinquante au-dessus de ce que c'était au moment de Xynthia. Il y a des alertes SMS en cas de tempête. Il y a un point de sécurité qui a été installé" . Pour Michel Gautruche, ce secteur n'est plus une zone noire comme déclarée par la préfecture après la tempête.

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Des touristes peu nombreux

Les communes de l'Aiguillon et de La Faute-sur-Mer luttent aujourd'hui pour recréer un dynamisme touristique. L'image de station balnéaire paisible est à reconstruire.

À la Faute-sur-Mer , le gros bourg a perdu un quart de ses habitants depuis 2010 (750 habitants aujourd'hui l'hiver) et près de 8000 touristes. Pour le maire Patrick Jouin, il faut maintenant aller de l'avant, à la "reconquête " de la "cuvette de la mort" où sont morts les victimes de Xynthia et où il ne reste que gravas et herbe haute. Un projet de réaménagement de la zone a été voté en conseil municipal en décembre dernier et prévoit la construction d'un golf, d'un centre équestre et d'un parc à la place de l'ancien camping municipal. Un vote intervenu dans un contexte tendu, trois jours après la condamnation à quatre ans de prison ferme pour homicides involontaires de l'ancien maire de La Faute-sur-Mer, René Marratier. Le procès en appel débutera le 16 novembre à Poitiers.  

A LIRE AUSSI SUR LE PROCES :

René Marratier condamné à 4 ans de prison ferme

Le procès en appel se tiendra devant la cour d'appel de Poitiers avant la fin 2015

L'Aiguillon, 5 ans après Xynthia - Radio France
L'Aiguillon, 5 ans après Xynthia © Radio France

À l'Aiguillon , les commerçants aussi espèrent retrouver un dynamisme perdu. "Je connais l'Aiguillon depuis 30 ans, ça n'a rien avoir avec ce que c'était avant , explique Virginie qui tient une boutique de fleurs, avant les rues étaient bondées" . Virginie se désole d'attendre le retour des touristes. "L'Été 2013, ça a été moyen, et 2014 ça a été pire" , constate-t-elle. D'autres commerçants comme Arlette préfèrent voir le verre à moitié plein. "Nous allons mieux, nous constatons une nette reprise même si nous n'avons pas encore récupéré les chiffres qu'on avait auparavant" .

"Xynthia a laissé beaucoup de cicatrices, mais ça attire un certain tourisme" - Virginie, fleuriste à l'Aiguillon

L'Aiguillon, est-elle victime d'une image négative à cause de Xynthia ? La réponse n'est pas si simple. Oui Xynthia a "laissé des traces, beaucoup de cicatrices" explique Virginie, mais cette désolation attire un nouveau genre de touriste. "Ils viennent visiter les gravas, les terrains abandonnés, les stèles, etc..." , raconte la fleuriste. Du "voyeurisme" pour Arlette qui tient une boutique de produits du terroir. Reste que les autres touristes, eux, ne reviennent plus comme avant et vont ailleurs. "Les gens préfèrent la Tranche à L'Aiguillon. C'est plus joli, plus dynamique" , explique Virginie. Mais les commerçants continuent d'espérer avec l'arrivée de nouvelles activités et les projets de réaménagement. La municipalité prévoit notamment la constuction d'un centre commercial. Une bonne chose pour Virginie, qui regrette juste un projet tardif. " Le temps de faire revenir les gens, ça va prendre du temps". Déjà cinq ans se sont écoulés, rappelle-t-elle.

Virginie, fleuriste à L'Aiguillon - Radio France
Virginie, fleuriste à L'Aiguillon © Radio France

\"Xynthia a évidemment laissé des traces mais ça apporte un certain tourisme bizarrement\", Virginie, fleuriste à L'Aiguillon

INFOGRAPHIE| Xynthia, le 28 février 2010 - Aucun(e)
INFOGRAPHIE| Xynthia, le 28 février 2010