Société

Yonne : une journée de prévention contre le suicide

Par Julie Davico-Pahin, France Bleu Auxerre jeudi 10 septembre 2015 à 6:00

Après le drame, les familles sont prises en charge par une cellule psychologique
Après le drame, les familles sont prises en charge par une cellule psychologique © Radio France - Maxppp

Jeudi 10 septembre est organisée la journée mondiale de prévention contre le suicide. Le département de l'Yonne est particulièrement exposé, le nombre de suicides est bien plus haut que la moyenne nationale. Pour les familles sous le choc de l'annonce, des cellules psychologiques sont mises en place

L'Yonne est particulièrement exposé aux décès par suicide : 36% pour 100 000 habitants alors que la moyenne nationale est de 26. Quand le drame se produit, les proches bénéficient d'un accompagnement psychologique d'urgence.

"Jusque là, j'avais réussi à garder mon calme"

A 22 ans, Nicolas est dépressif, il parle souvent de ses envie d'en finir. Le 14 avril 2009, Annick sa maman n'arrive pas à le joindre sur son téléphone. Cette auxerroise a alors un mauvais pressentiment. "Je suis allée à la gare d'Angers parce que je connaissais la façon dont il voulait mettre fin à sa vie. Il y avait Police Secours, les pompiers ... J'ai compris. Il s'est jeté devant un TGV", raconte-t-elle la gorge nouée.

Là, j'ai hurlé

Immédiatement, Annick est reçue par les gendarmes pour faire une déposition : "Tant qu'on en était là, j'avais réussi à garder mon calme. Après, ils ont envoyé un médecin pour me prendre en charge. C'est là que je suis partie dans une colère folle, parce que le médecin m'a dit "ça va aller, ça va aller, on vous prend en charge". Et là, j'ai hurlé."

"Les parents sont en état de choc"

Ce premier accompagnement est nécessaire, il permet aux familles de mettre des mots sur leur douleur. "Les parents sont confrontés à un choc. Ils ont souvent un état de sidération, de confusion anxieuse, c'est un traumatisme psychologique. Très vite, les questions arrivent sur le pourquoi de l'acte", explique le docteur Claire Lapierre, chef de l'unité de pédopsychiatrie de l'Yonne.