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Société

EXCLU - YouTube ferme la chaîne du groupe très contesté Les Brigandes

vendredi 1 mars 2019 à 3:48 - Mis à jour le vendredi 1 mars 2019 à 15:29 Par Stefane Pocher, France Bleu Hérault, France Bleu et France Bleu Occitanie

Les Brigandes ont visiblement décidé de prendre un peu de recul. Installé dans les hauts cantons de l’Hérault, ce groupe de musique très contesté en raison de son appel à la haine a fermé tous ses sites internet. YouTube a aussi décidé de fermer le compte. "On s'y attendait" précise le porte-parole.

"Nous avons été censurées" disent les Brigandes dans un communiquée
"Nous avons été censurées" disent les Brigandes dans un communiquée - .

La Salvetat-sur-Agout, France

La chaîne des Brigandes a bien été fermée par YouTube le 11 février dernier. Ce sont les Brigandes elles-mêmes qui l’annoncent suite à un nouveau signalement pour incitation à la haine sur l'une de leurs vidéos. L'intégralité des  70 clips qui totalisaient plus de 10 millions de vue a ainsi disparu. Ce groupuscule considéré comme identitaire à tendance sectaire, s'est installé l'été 2015 à La Salvetat sur Agout, dans l'arrière pays héraultais. Depuis, cette étrange communauté divise les habitants et se fait connaître avec ses clips et ses chansons "à droite toute".  

"Cette censure n'est que la face visible de la répression, qui est en train de s'abattre sur le groupe."

"Dés qu'on a un discours qui sort du politiquement correct, on est censuré" explique à France Bleu Hérault, Antoine Duvivier, le porte-parole des Brigandes.  "Dés qu'on critique, on s'attire une certaine hostilité. Il n'y a aucune incitation à la haine dans nos clips. D'ailleurs la Justice le démontre. Nous n'avons aucune plainte à ce jour contre nous. Aucun interrogatoire de gendarmerie. Il n'y a rien contre nous. Nous sommes clean"

Les Brigandes ont accumulé sur YouTube des dizaines clips contre l'impérialisme américain, les juifs, les islamistes, et voient en Vladimir Poutine "le sauveur d'une Europe catholique et blanche". Dans leurs clips, on peut voir sept femmes masquées de loups et habillées de costumes kitsch, qui chantent sur un air pop des paroles engagées, à la droite de la droite. Les Brigandes sont plutôt plébiscitées des milieux d'extrême droite.

Sur YouTube, on trouve des textes de rap, qui ont 10 millions de vues, avec "Nique la France", "Nique les Blancs", "Je sors un flingue pour tuer un flic"... Et là, cela ne dérange personne. À côté de ça, nos chansons sont des comptines pour enfants."

"On s'attendait à cette fermeture" précise Antoine Duvivier, le porte-parole des Brigandes

Une chaîne YouTube est un choix pertinent pour communiquer. Plus d'un milliard d'utilisateurs l'utilise chaque mois. Les internautes sont  friands de vidéos, tout comme les moteurs de recherche dont Google (la maison mère) qui positionne toujours très bien les vidéos sur les résultats de recherche.  Mais depuis des mois, la chaîne des Brigandes était pointée du doigt par ses opposants, notamment la Ligue des droits de l'Homme.

Le groupe des Brigandes a donc décidé de se mettre en veille.  Elles annoncent par ailleurs avoir envie de prendre un peu de recul et a donc  fermé son site et son blog sur internet. Seul celui de la boutique Barka Production est encore accessible pour les commandes de CD.

"Cette mise en veille peut durer un certain temps en fonction de la situation, mais notre production est toujours disponible sur la boutique en ligne". 

Pour la Ligue des droits de l’Homme, "c'est une première victoire", explique Jean-Pascal Michel, son représentant dans les hauts-cantons.

Cette censure ne surprend pas Jean-Pascal MICHEL le représentant local de la Ligue des Droits de l'Homme

Victoire partagée aussi pour Thierry Canals. Cet habitant de La Salvetat-sur-Agoût mène un combat contre le groupe depuis son arrivée il y a presque quatre ans. Ce dernier a d'ailleurs porté plainte en janvier 2018 contre ce groupe pour agression suite à des menaces, dit-il.

"Il y a des appels aux meurtre, à la haine de l'autre. Il faut aller encore plus loin" dit Thierry Canals

Le préfet de l'Hérault précise avoir fait un signalement en 2017 sur les Brigandes auprès du procureur de la République de Montpellier en vertu de l'article 40.  Pierre Pouëssel était auditionné la semaine dernière par la commission d'enquête parlementaire contre les groupuscules d'extrême-droite en France. En fait, "c'est un groupe féminin de "rock identitaire" qui vit en vase-clos et qui ne se distingue pas par des désordres particuliers", selon le préfet. Et d'ailleurs, "le maire a des relations tout à fait apaisées avec ce groupe", ajoute-t-il. 

D'après la Ligue des droits de l'Homme, les gendarmes de l'Hérault, missionnés par la préfecture, seraient venus ce mercredi dans la commune de La Salvetat-sur-Agout pour constater des actes antisémites, notamment des gravures de croix gammées et des intimidations nocturnes sur des personnes ciblées à leur domicile.

Suppression de tous nos sites précisent les Brigandes - Aucun(e)
Suppression de tous nos sites précisent les Brigandes - .