Société

Youssef, étudiant syrien, réfugié à Rennes

Par Brigitte Hug, France Bleu Armorique mercredi 9 septembre 2015 à 9:30

Youssef, étudiant syrien, réfugié à Rennes
Youssef, étudiant syrien, réfugié à Rennes

Youssef Fadel vivait à Oms, dans le centre de la Syrie. Opposant au régime de Bachar el-Assad, il a dû fuir son pays. Il est arrivé à Rennes, il y a un an et demi, accueilli par l'association franco-syrienne Jasmin de Damas. A 27 ans, il a repris des études.

Youssef Fadel était étudiant en tourisme à Oms. Il y a 4 ans, il a participé, organisé, des manifestations contre le régime de Bachar El Assad. "Un ami a été arrêté, emprisonné, torturé. Il a donné des noms. J’ai dû fuir" raconte le jeune homme. Il s'est d'abord caché à Damas mais il a été pris par la police à un barrage. Emprisonné pendant 15 jours, il a été libéré "par miracle". A partir de ce moment-là, il a décidé de quitter la Syrie. Son père, écrivain, était mort déjà en prison, d'un cancer. 

"Pendant six mois je ne suis pas sorti, j'avais peur"

Youssef, sa mère, sa sœur et son jeune frère sont partis au Liban. Il y est resté deux ans, travaillant pour des ONG dans des camps de réfugiés syriens. Et puis son visa est arrivé à expiration. "Pendant six mois, je ne suis pas sorti. J'avais peur" explique l'étudiant syrien qui avait été repéré par les partisans d'Assad. Il a dû fuir de nouveau, seul cette fois. Direction la France, Rennes, avec une autorisation de séjour en poche et l'adresse de Jasmin de Damas. Il est arrivé en janvier 2014.

L'association a hébergé le jeune syrien dans un premier temps, l'a aidé pour les papiers, les démarches administratives. "Je parlais arabe, anglais mais pas le français". Il a travaillé un an dans un restaurant rennais. Aujourd'hui Youssef est inscrit au CIREFE, le centre d'études de français pour les étudiants étrangers, à Rennes 2. Il loge dans une résidence étudiante et, surtout, il a obtenu le statut de réfugié politique. 

Dans trois mois, il rejoint Angers pour suivre un master en management et développement du tourisme. Il rêve de diriger une compagnie aérienne ou un grand hôtel. Il espère aussi, un jour, retourner dans son pays, "quand la guerre sera finie". "J'aime vivre ici en France mais être réfugié, ce n'est pas un choix. Avoir quitté ma famille, ce n'est pas un choix ! ".