Société

A Ypreville-Biville, les cloches sèment la discorde

Par Olivier Duc, France Bleu Normandie (Seine-Maritime - Eure) mercredi 18 mars 2015 à 16:22

Pierre Durbet possède des gîtes au pied du clocher d'ypreville-Biville
Pierre Durbet possède des gîtes au pied du clocher d'ypreville-Biville © Radio France - Olivier Duc

L’église d’Ypreville-Biville, en Seine-Maritime, sonne l’Angélus trois fois par jour. Un conseiller municipal a obtenu de ses collègues élus de stopper le plus matinal, programmé à 7h. Depuis une partie du village de 565 habitants se mobilise pour son maintien via une pétition. Le maire se dit prêt à revenir sur cette décision.

Depuis 2012, Pierre Durbet a transformé l’ancien relai de Poste d’Ypreville-Biville en gîtes. Seulement, installé à 60 mètres du clocher, il est difficile de ne pas entendre la volée de 160 coups de cloches. Il a donc demandé la suppression de cet Angélus programmé à 07h du matin pour le calme de ses clients. En novembre dernier, il réussi à convaincre ses collègues du conseil municipal de sonner l’Angélus seulement le midi et à 19h.

160 coups de cloches pendant trois minutes

 

Ces clients le soutiennent. « Franchement c’est énervant , explique Stéphanie, qui occupe un des gîtes. On a juste notre samedi et notre dimanche pour se reposer. Je n’ai rien contre les cloches mais quand on travaille toute la semaine et que mon mari fait les quarts de nuit, c’est dur.  »

Mais cette suppression, programmée pour le passage à l’heure d’été le 29 mars, a depuis soulevé la colère d’une partie des 565 habitants de ce village situé entre Yvetot et Fécamp.

"Heureusement qu’il n’habite pas à côté de la gare du nord, sinon il la ferait fermer"

Gisèle et Marcel Bobée ont ainsi récolté près de 120 signatures sur la pétition qu’ils ont lancée pour son maintien.

« L’Angélus est une tradition ancienne, on l’a toujours connu. Ca a toujours été et ça le restera  » affirme Gisèle. « Il donnait l’heure de travailler aux paysans, de 07h à midi et de 13h30 à 19h. C’est ancestral, depuis des années et même des siècles, depuis que l’église existe et que les cloches sonnent , poursuit Marcel. Et là on va les arrêter. Pourquoi ?  »

Le différend est renforcé entre anciens habitants et nouveaux arrivants par la géographie même du village. L’essentiel de la population d’Ypreville-Biville ne se répartie pas dans le centre, autour de l’église, mais dans deux hameaux situés à 1,5 km du clocher. Et les opposants à la suppression de l’Angelus sont bien décidés à obtenir gain de cause.

« Je ne sais pas mais quand tu arrives là, tu sais qu’il y a une église à côté , poursuit Jean Luc Allais, signataire de la pétitition. Heureusement qu’il n’habite pas à côté de la gare du Nord à Paris, sinon il la ferait fermer . »

Le Maire Alain Anquetil souhaite donc réunir à nouveau le conseil municipal et revenir sur cette décision de supprimer l’Angélus du matin, quitte à décaler le passage à l’heure d’été de l’horloge du clocher.

Pierre Durbet nous fait partager l'Angelus de midi

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