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Société

Mort d'Yvette Lundy, à l'âge de 103 ans, une grande figure de la résistance

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Par , France Bleu Champagne-Ardenne, France Bleu

Quand la seconde guerre mondiale éclate, Yvette Lundy est institutrice à Gionges dans la Marne. Elle entre dans la Résistance, héberge des prisonniers et des jeunes qui refusent d’aller travailler en Allemagne. Mais c’est pour des faux papiers qu’elle est arrêtée par la Gestapo, puis déportée.

Yvette Lundy, résitante et déportée dans les camps de concentration
Yvette Lundy, résitante et déportée dans les camps de concentration - Christian Lantenois

« Tiens, vous n’êtes pas morte ». Yvette Lundy s’amuse de cette réflexion à son retour chez elle après sa libération du camp de concentration de Buchenwald en Allemagne. Elle a cette part d’autodérision et d’ironie qui aide à porter un autre regard sur l’insupportable.

Fille d’agriculteurs, Yvette Lundy nait le 22 avril 1916 à Oger, un village situé à une trentaine de kilomètres au sud de Reims. C’est là que ses parents sont venus se réfugier au début de la première guerre mondiale.

Elle veut devenir institutrice. Après sa formation à Reims, Yvette Lundy est nommée à Suippes avant d’être affectée en 1938 à Gionges, une commune proche de son village natal. L’école n’a qu’une seule classe avec une dizaine d’enfants.

Yvette Lundy quelques jours avant son arrestation par la Gestapo - Aucun(e)
Yvette Lundy quelques jours avant son arrestation par la Gestapo - CDRP Champagne-Ardenne

Yvette Lundy accepte aussi le poste de secrétaire de mairie. Elle a donc accès à tout le matériel nécessaire pour établir des faux papiers. Sous l’occupation allemande, elle fournit des papiers d’identité et des cartes d’alimentation à des soldats français évadés, des jeunes qui refusent d’aller travailler en Allemagne, une famille juive aussi. Il lui arrive d’héberger des personnes, mais une seule à la fois car elle ne dispose que d’une chambre libre au premier étage.

L'arrestation en juin 1944

Sa vie bascule le 19 juin 1944. «J’étais dans ma classe quand j’ai entendu du bruit dans le couloir», raconte Yvette Lundy. Trois hommes en civil font irruption dans la mairie. Yvette Lundy leur demande de décliner leur identité : « Aussitôt, ils ont sorti leur révolver». L’institutrice de 28 ans est arrêtée et emmenée au siège de la Gestapo à Châlons-sur-Marne pour y être interrogée.

Pour protéger ses frères et sœurs engagés eux aussi dans la Résistance, Yvette Lundy se fait passer pour une fille. Elle est incarcérée puis transférée à Paris. Elle prend un train gare de l’Est pour l’Allemagne le 18 juillet 1944. « On nous a conduit voie n°1. Aujourd’hui encore, quand je suis dans la gare, je lui tourne le dos »

Le camp de Neue Bremm à Sarrebruck en Allemagne - Aucun(e)
Le camp de Neue Bremm à Sarrebruck en Allemagne - AnRo0002 - Creative commons

Yvette Lundy est d’abord déportée dans le camp de Neue Bremm à Sarrebruck. Un camp de la Gestapo. C’est la première fois qu’elle entend les cris de douleurs : «Les hommes étaient frappés, torturés. Nous étions séparés par une route. Les hommes d’un côté, les femmes de l’autre, cernés par les grillages. Et on nous obligeait à regarder, et on ne pouvait rien faire, rien dire».

L’horreur des camps de concentration

L’institutrice reprend le train, direction cette fois le camp de Ravensbrück. Un camp de travail dirigé par Himmler, l’un des plus hauts dignitaires du troisième Reich. Le voyage va durer 4 jours et 3 nuits. Un voyage dans des wagons à bestiaux.

«On prend nos vêtements, on est tondu de la tête au pied » raconte cette grande figure de la résistance. « On nous donne un numéro, on n’a plus d’identité. On se sent tout nu. C’est terrible ! »  Il fallait travailler 12 heures par jour, alterner le travail de nuit et de jour.

Yvette Lundy est transférée au camp de Buchenwald le 16 novembre 1944. Elle sera libérée par les Russes le 21 avril 1945. De retour en France, l’institutrice retrouve ses élèves. Mais elle ne raconte rien de son calvaire. Elle se tait pendant une quinzaine d’années. Ce n’est qu’en 1961 qu’Yvette Lundy commencera à livrer son témoignage aux enfants dans les collèges et les lycées.

A l'approche de ses 100 ans, elle avait accordé un entretien à Aurélie Jacquand de France Bleu Champagne-Ardenne.

Yvette Lundy s'est éteinte ce dimanche à l'âge de 103 ans. Elle résidait  à la maison de retraite de la Giraudière à Epernay.

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