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Société

Zoo de Pont-Scorff : des questions après le rachat par le collectif Rewild

Après l'annonce de la vente du zoo de Pont-Scorff à un collectif baptisé Rewild, et la levée de 600 000 euros pour aider à "libérer les animaux", des questions se posent sur la viabilité du projet. A Pont-Scorff certains craignent aussi pour l'emploi des 17 salariés encore présents sur le site.

Depuis l'annonce de son rachat, mercredi 18 décembre, le zoo de Pont-Scorff est fermé au public
Depuis l'annonce de son rachat, mercredi 18 décembre, le zoo de Pont-Scorff est fermé au public © Radio France - Nolwenn Quioc

"Libérer les animaux" : c'est l'objectif du collectif Rewild, composé de 7 associations de défense de la nature, qui a annoncé le rachat du zoo de Pont-Scorff pour en faire un centre de réhabilitation pour animaux. 

Un projet en deux temps

Dans un premier temps, l'idée est de réhabituer les animaux présents à la vie sauvage, pour pouvoir les relâcher dans la nature. À plus long terme, le zoo deviendrait un sanctuaire pour animaux victimes de trafic, pour leur permettre, là aussi, de regagner leur milieu naturel.

Pour pouvoir finaliser la vente du zoo, le collectif Rewild a lancé un appel aux dons sur internet. Les 600 000 euros nécessaires ont été récoltés en moins de quatre jours, preuve de l'intérêt du public pour ce projet, présenté comme une première mondiale. Mais devant l'ampleur du projet, plusieurs questions se posent.

L'association européenne des zoos "surprise" et "inquiète"

Pour l'instant, période de fête oblige, il n'y a pas encore eu de réactions politiques à l'annonce de la transformation du zoo. Mais l'association Européenne des zoos et aquariums, elle, a fait part de son inquiétude. Elle explique que relâcher des animaux dans la nature est une opération très longue, parfois une dizaine d'années, et très coûteuse. 

Il faut en effet former les animaux à un milieu qu'ils ne connaissent pas, car les animaux présents dans les zoos sont nés en captivité. Certaines espèces sont très difficilement ré-adaptables, précise l'association. Tout dépend également de la santé des bêtes, et de l'état de la population dans le futur pays d'accueil. 

L'association française des parcs zoologiques, qui partage cette position, précise que même pour les animaux victimes de trafic et saisis par les douanes, "le retour à la vie sauvage est rarement possible pour ces animaux issus du trafic, en particulier car le pays d’origine des spécimens est la plupart du temps inconnu et car leur état de santé ou leur statut sanitaire ne permet pas le renvoi dans leur pays".

Un projet viable ?

À terme, le but de Rewild est de rouvrir le centre au public, avec un restaurant, ou encore un centre de formation, mais pas de contact entre les animaux et les visiteurs. D'après les premières estimations de Rewild, 100 000 euros  par mois sont nécessaires, en l'état actuel, pour le fonctionnement du zoo.

Au bourg de Pont-Scorff, beaucoup approuvent l'idée de redonner leur liberté aux animaux, et pointent la nécessité de redynamiser le zoo. Mais ce projet inédit parviendra-t-il à attirer suffisamment de public pour être viable ? "Ça serait bien que ça reste, que le projet marche, répond Vanina, la patronne du café de la place. Moi en tant que commerçante, le zoo ça nous apporte du monde, des touristes. On n'a pas vraiment de recul pour savoir où ça va aller, mais on verra bien".

Des salariés partagés

Du côté des salariés, on attend aussi de voir ce que donnera le projet. Mais si certains sont enthousiastes, d'autres sont plus réservés. Certains, sous couvert d'anonymat, expriment leur ras le bol de passer de mains en mains. En 2018, en difficulté financière, le zoo avait déjà été vendu. D'une trentaine, on est aujourd'hui passé à 17 salariés. 

Des salariés qui n'étaient pas au courant que leur zoo était mis en vente. Ils ont appris son rachat mercredi 18 décembre, en même temps que le grand public. Le jour même, le zoo fermait définitivement ses portes, là encore sans qu'ils aient été prévenus en avance. 

Pour l'instant, on leur a assuré qu'ils resteraient en poste, "mais pour combien de temps", demande une salariée, qui craint de faire les frais d'un projet utopiste.

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