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Zoo de Pont-Scorff : "On ne va pas ouvrir les cages et libérer les animaux comme ça"

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Par , France Bleu Breizh Izel, France Bleu Armorique

Une semaine après l'annonce du rachat du zoo de Pont-Scorff, deux coprésidentes du collectif Rewild étaient présentes sur le site aujourd'hui. Elles expliquent la philosophie de leur projet, et répondent aux questions et aux critiques.

Perrine Crosmary et Lorane Mouyzon, deux des coprésidentes de Rewild
Perrine Crosmary et Lorane Mouyzon, deux des coprésidentes de Rewild © Radio France - Nolwenn Quioc

"On ne joue pas avec la nature. On va travailler avec des partenaires et des scientifiques qui sont carrés". Dès le début, Lorane Mouzon, coprésidente de Rewild, donne le ton. Depuis l'annonce du rachat du zoo de Pont-Scorff, le collectif, constitué de 7 associations de défense de la nature, a déclenché l'enthousiasme, mais aussi les critiques. 

Libérer les animaux et accueillir les bêtes victimes de trafic

Mercredi 19 décembre, Rewild annonçait le rachat du zoo de Pont-Scorff, pour "libérer les animaux" qui y sont actuellement pensionnaires, et en faire un centre de réhabilitation pour des bêtes victimes de trafic, à condition de réussir à collecter 600 000 euros. Quelques jours plus tard, le 22 décembre, c'était chose faite grâce à une cagnotte lancée en ligne. 

Dans le nouveau centre, le public ne pourra plus voir directement les animaux en cage, mais il y aura tout de même des visites virtuelles. Dès la semaine prochaine, plusieurs dizaines d'oiseaux, principalement des perroquets victimes de trafic, devraient déjà arriver à Pont-Scorff, pour y passer quelques jours avant de pouvoir regagner leur pays d'origine.

Rewild répond aux critiques

Un beau projet, qui a tout de même soulevé des questions, voire du scepticisme et des critiques, notamment de la part des associations françaises et européennes des parcs zoologiques.

"C'est une nouvelle économie, plus vertueuse qu'on essaye de mettre en place, sans exploitation des animaux sauvages, explique Lorane Mouzon, une des coprésidentes. Et c'est vrai que c'est une première mondiale. Ça ne s'est jamais fait." 

Certains animaux s'habituent plus facilement que d'autres à la vie sauvage
Certains animaux s'habituent plus facilement que d'autres à la vie sauvage © Radio France - Nolwenn Quio

"On est en train de faire la première mutation d'un zoo en un établissement qui n'exploitera plus les animaux, ajoute Perrine Crosmary, également co-présidente. Forcément ça déroute, mais on est persuadés que c'est l'avenir".

Les allées du zoo de Pont-Scorff sont désormais désertes... ou presque
Les allées du zoo de Pont-Scorff sont désormais désertes... ou presque © Radio France - Nolwenn Quioc

Des oiseaux de Pont-Scorff bientôt en liberté

Le cas de chaque animal sera étudié avec le plus grand soin. Certains animaux, notamment des oiseaux originaires d'Europe, pourraient retrouver la liberté dans les prochaines semaines. Pour d'autres, ce sera plus long, et la réintroduction dans la nature ne se fera que si c'est possible, notamment d'un point de vue de santé et de patrimoine génétique.

Les loups ne pourront sans doute jamais retrouver une liberté totale
Les loups ne pourront sans doute jamais retrouver une liberté totale © Radio France - Nolwenn Quioc

Beaucoup d'animaux, comme les loups ou le rhinocéros noir, ne pourront probablement pas retrouver la liberté. Rewild prévoit tout de même de les faire revenir sous des latitudes plus adaptées à leur espèce, dans des réserves ou des sanctuaires grillagés mais où ils disposent de davantage de place.

Rewild aura besoin de tout le personnel

Dans ce nouveau projet, les 17 salariés du zoo auront une place, rassure Perrine Crosmary. "Évidemment on aura besoin des soigneurs, mais aussi des autres salariés, il y aura l'accueil du public, des visites guidées, la boutique, un restaurant, ça nécessite du personnel". 

Le site a déjà connu de nombreux licenciements et départs ces dernières années. Il est passé d'une cinquantaine de salariés à 17
Le site a déjà connu de nombreux licenciements et départs ces dernières années. Il est passé d'une cinquantaine de salariés à 17 © Radio France - Nolwenn Quioc

Des salariés qui, selon les responsables de Rewild, "ont été au départ un peu surpris par le changement d'activité. Mais maintenant que ça commence à prendre forme, ça leur enlève un poids"

Comme on n'est plus ouvert au public, ce n'est plus urgent de nettoyer les vitres de l'enclos, mais plutôt de nourir les animaux et d'en prendre soin. Ça leur a donné une nouvelle motivation pour s'investir.

Le projet est-il viable ?

Devant la nouveauté du projet, difficile de prévoir la réaction du public. Est-il possible de faire venir à Pont-Scorff suffisamment de visiteurs pour financer l'activité de réintroduction des bêtes dans la nature ? Seul l'avenir le dira.

Dans le nouveau site, plus question d'approcher les giraphes ou les lions
Dans le nouveau site, plus question d'approcher les giraphes ou les lions © Radio France - Nolwenn Quioc

Rewild mise sur le développement de visites assistées d'équipements de réalité augmentée, permettant de voir des zèbres qui galopent au milieu du chemin ou des panthères des neiges virtuelles dans les arbres."Au mieux de son activité, le zoo faisait plus de 300 000 entrées à l'année. Donc ce n'est pas négligeable. Une fois qu'on leur aura montré ce qu'on veut faire, les gens vont adopter le projet". 

Rewild veut créer des visites d'un nouveau genre avec de la réalité augmentée
Rewild veut créer des visites d'un nouveau genre avec de la réalité augmentée © Radio France - Nolwenn Quioc

Reste désormais à trouver des financements supplémentaires, pour faire vivre le zoo et réaliser les premiers investissements pour sa transformation, le temps de pouvoir rouvrir au public.

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