Transports

500 manifestants à Vesoul pour défendre la ligne ferroviaire Paris-Bâle

Par Naïs Esteves et France Bleu Besançon, France Bleu Besançon dimanche 11 octobre 2015 à 10:32

Les manifestants "refusent de rester à quai" à Vesoul, sans la ligne 4.
Les manifestants "refusent de rester à quai" à Vesoul, sans la ligne 4. © Radio France - Naïs Esteves

500 manifestants se sont réunis samedi 10 octobre devant la gare de Vesoul pour défendre la ligne 4, entre Paris et Belfort. En Haute-Saône, les Intercités desservent encore Lure et Vesoul. Mais les trajets quotidien pourraient être réduits de moitié. Laissant un peu plus de côté le territoire.

"Nous refusons de rester à quai". C'est ce qu'on pouvait lire une banderole déployée samedi 10 octobre devant la gare de Vesoul. 500 manifestants se sont rassemblés pour défendre la ligne 4, cette liaison ferroviaire communément appelé Paris-Bâle mais qui ne va déjà plus que jusqu'à Belfort.

En Haute-Saône, les Intercités desservent encore les gares de Lure et de Vesoul avec 4 dessertes quotidiennes. Mais un rapport (PDF) remis en mai dernier par le député Philippe Duron au ministère des transports vient compromettre ce "Train d'équilibre du territoire". Dans ce texte, le député préconise de réduire de moitié ces aller-retour Paris-Belfort et de supprimer la desserte de Lure.

Un territoire sacrifié

Les manifestants se sentent abandonnés par les services publics : "Nous nous battons pour l'ensemble de l'aménagement du territoire, explique Michel Anthony, le représentant de la convergence nationale des service public en Haute-Saône. Nous ne pouvons pas traiter séparément la défense des services publics sinon nous allons les perdre les uns après les autres. Nous perdons pour l'hôpital, la sous-préfecture, les services de justice, maintenant le train. Cette manifestation, c'est vraiment pour une volonté politique globale de maintenir l'aménagement du territoire. On y a le droit. Les gens en Haute-Saône payent les mêmes impôts qu'ailleurs, ils ont les mêmes droits. Il n'y a pas de raison que nous sommes en pleine désertification de service public aujourd'hui."

500 manifestants à Vesoul pour défendre la ligne 4 et les services publics. - Radio France
500 manifestants à Vesoul pour défendre la ligne 4 et les services publics. © Radio France - Naïs Esteves

La Haute-Saône n'est pas traversée par de grands axes routiers, aucun TGV ne s'y arrête. Pour les défenseurs de la ligne 4, la fin des Intercités est volontairement programmée. "Le premier train du matin ne vous permet pas d'arriver à Paris pour aller en réunion_, résume Jean-Louis Morel, le secrétaire général de la CGT en Haute-Saône. Avec des horaires comme ceux-là, il n'y a même pas besoin de supprimer, ça s’éteint tout seul."" Tout un symbole pour le syndicaliste des territoires sacrifiés au profit de la rentabilité : "C'est la recherche de la SNCF. Elle a un TGV qui est déficitaire, il faut qu'elle le remplisse et, pour le remplir, il faut qu'elle casse tout ce qui a autour."_

"Nous sommes Vésuliens. Nous n'avons pas envie que notre ville soit démunie, qu'elle soit un désert. La Haute-Saône, nous la défendons. Nous défendons Vesoul et nous défendons cette ligne"

Pour prendre un TGV, direction Paris, beaucoup de Vésuliens se rendent déjà à la gare d'Auxon, près de Besançon. "Ça a un coût plus élevé, constate Corine qui fait régulièrement des aller-retours vers la capitale pour des réunions ou des formations. Quand vous comparez le tarif Vesoul-Paris et Besançon-Paris, plus le parking et tout ce qui va à côté comme les trajets en voiture jusqu'à Besançon." Une question financière pour cette manifestante mais pas seulement : "Nous sommes Vésuliens et nous n'avons pas envie que notre ville soit démunie, qu'elle soit un désert. La Haute-Saône, nous la défendons. Nous défendons Vesoul et nous défendons cette ligne", conclue Corine.

Les manifestants rappellent aussi que cette ligne 4 avait été déclarée TET, "Trains d’équilibre du Territoire", il y a à peine cinq ans.

Les manifestants craignent la mise à l'écart des territoires ruraux.