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Transports

VIDÉO - 80 km/h : quand une victime d'accidents de la route dialogue avec un jeune chauffard

mardi 10 juillet 2018 à 19:59 - Mis à jour le mercredi 11 juillet 2018 à 17:12 Par Véronique Pueyo et Xavier Demagny, France Bleu Isère et France Bleu

La préfecture de l'Isère et la gendarmerie avaient organisé lundi un contrôle routier sur la RD 1532 où le 80 km/h est désormais obligatoire. Un automobiliste de 23 ans a été flashé à 166 km/h. Annick, victime de la route, a su engager le dialogue avec lui : un moment fort en émotion.

Annick Chevallet ( au centre) lors du contrôle routier hier sur la RD 1532
Annick Chevallet ( au centre) lors du contrôle routier hier sur la RD 1532 © Radio France - Véronique Pueyo

Noyarey, France

Lundi, sur la départementale 1532 entre Valence et sur laquelle les 80 km/h sont obligatoires depuis le 1er juillet, la préfecture de l'Isère avait organisé lundi un contrôle surprise entre 17h30 et 20h30. Une dizaine de gendarmes, dont deux motards, avaient été mobilisés pour cette opération. Mais, très vite, les forces de l'ordre avaient été repérées et l'opération avait été signalée sur les réseaux sociaux, sans compter les appels de phare que les automobilistes échangeaient entre eux.

Vers 20 heures, sur cette départementale qualifiée d'accidentogène, la vigilance s'est faite moins forte et plusieurs automobilistes ont été flashés pour de légers excès de vitesse, entre 86 et 90 km/h. Pour ces quatre hommes, ce fut un simple rappel à la loi et une alternative aux poursuites. Ils ont discuté avec des IDSR, des intervenants de la sécurité routière, avant de reprendre la route.

Les contrevants invités à rencontrer Annick, "cabossée de la route" 

Parmi eux, Annick Chevallet, 68 ans. Cette femme à l'énergie débordante milite contre la violence routière. Car à 16 ans, en 1966, elle a perdu une jambe sur cette même départementale. Alors qu'elle circulait à vélo, un jeune de 18 ans, qui venait d'avoir son permis, l'a fauchée. Annick, grande sportive, doit alors être amputée. Face à l'adversité, elle décide de se battre et de vivre, malgré tout. 

Avec son mari, Alex, elle découvre les joies de la moto et voyage énormément. Mais en 2012, à 62 ans, nouveau coup du sort. Alors qu'elle se rend en moto, passagère de son mari, sur le plateau du Vercors, un octogénaire les percute de plein fouet. L'homme roulait sur la voie de gauche. Annick va rester un an à l’hôpital et il s'en faudra de peu qu'elle perde sa seule jambe valide. Aujourd'hui, elle est en fauteuil roulant. "Je suis cassée de partout" dit-elle, tout en gardant le moral et l'envie de se battre. 

Depuis le 1er juillet, la vitesse sur la plupart des routes secondaires est passée à 80 km/h.  - Maxppp
Depuis le 1er juillet, la vitesse sur la plupart des routes secondaires est passée à 80 km/h. © Maxppp -

À la fin de l'opération, le radar enregistre une BMW à 166 km/h

Alors que l'opération touche à sa fin, les motards de la gendarmerie interceptent un jeune de 23 ans, qui au volant de sa BMW, roulait à... 166 km/h. Ce jeune maçon explique qu'il ne s'était pas rendu compte qu'il roulait trop vite, qu'il était pressé, et puis, il s'effondre en pleurs, quand il comprend qu'on lui retire son permis pour six mois. Annick s'approche alors de lui, sur son fauteuil roulant : "C'est dur ce qui t'arrive, comme cela a été dur pour moi quand un chauffard m'a renversée et que j'ai perdu ma jambe, j'avais 16 ans !"

"J'y vais un peu fort, mais pour moi, tu es un terroriste de la route" - Annick

Petit à petit, Annick arrive à capter son attention, en lui racontant son histoire et un dialogue émouvant s'engage entre eux : "Pourquoi allais-tu si vite ? Je vais être dure avec toi, mais je te parle, comme à mon petit fils ! Tu es un terroriste de la route !". Le jeune conducteur la regarde et lui présente ses excuses : "Quand je vous vois, Madame, en fauteuil roulant, handicapée, je comprends que je n'aurais jamais dû rouler aussi vite. A 166, si quelqu'un avait surgi, c'était la fin. Je m'en veux ! "

"Je ne vous oublierai pas, Madame !" - Le jeune chauffard

Annick lui répond, doucement : "Je vous remercie de m'avoir écoutée. J'espère que vous vous souviendrez de moi quand vous pourrez reprendre le volant. Moi, je ne vous oublierai pas !" "Moi non plus!" répond le jeune artisan.

Même si elle ne peut plus vivre comme avant -danser, voyager, s'occuper de sa maison et de ses proches- c’est pour ces moments d'émotion sincère et de rencontre qu'Annick continue de s'engager auprès de la Sécurité Routière, pour faire passer un message de vie et de respect mutuel.