Transports DOSSIER : L'accident de train de Dudelange au Luxembourg

Accident de train à Dudelange : selon la SNCF, "l'information était disponible pour les usagers" pendant la crise

Par Marie Rouarch, France Bleu Lorraine Nord vendredi 17 mars 2017 à 9:05

Grosse galère pour les usagers de la ligne Metz-Luxembourg après l'accident de Dudelange, le 14 février 2017
Grosse galère pour les usagers de la ligne Metz-Luxembourg après l'accident de Dudelange, le 14 février 2017 © Maxppp - Anthony PICORE

Le 14 février, un train de voyageurs luxembourgeois percutait un train de fret français à Dudelange. Depuis, les allers-retours quotidiens sont encore plus compliqués pour les usagers de la ligne Metz-Luxembourg. La SNCF estime qu'elle a fait le maximum pour informer ses clients pendant la crise.

Droit de retrait des cheminots, état du trafic, information et indemnisation des usagers... un peu plus d'un mois après l'accident ferroviaire à Dudelange, qui a fait un mort le 14 février, Vincent Téton, directeur régional Grand Est du TER, fait le point sur la situation entre la Lorraine et le Luxembourg.

FBL : Avez-vous des explications sur cet accident ?

Vincent Téton : Cet accident s'est déroulé en territoire luxembourgeois. Une enquête est donc diligentée par les pouvoirs luxembourgeois et nous sommes tenus au courant le cas échéant par les enquêteurs. À ce stade, nous n’avons pas d’information complémentaire sur l’avancée de l’enquête.

À l'appel d'une intersyndicale CGT - Sud rail - CFDT, des cheminots français refusent toujours de rouler au Luxembourg, tant qu'ils n'ont pas eu les résultats de l'enquête. Comprenez-vous leur inquiétude ?

Nous l’avons comprise. Mais depuis, nous estimons, parce que nous avons obtenu des garanties de la part de nos collègues luxembourgeois, que nous pouvons reprendre le trafic sans doutes et sans états d’âme. Le service est donc redevenu normal pour nos 10 000 clients quotidiens depuis le lundi 13 mars. Il y a zéro souci sur les sujets de sécurité pour l’ensemble de nos clients.

Ces cheminots qui continuent à exercer leur droit de retrait sont-ils susceptibles d'être sanctionnés ?

La totalité des cheminots se sont mobilisés depuis le 14 février pour informer les clients, les prendre en charge dans des conditions parfois compliquées de substitution par navettes bus, ou par des navettes ferroviaires organisées entre Metz, Thionville et Luxembourg. Aujourd’hui, la majorité des cheminots ont repris le service, ce qui nous permet de garantir un plan de transport normal. Et s'il y a encore quelques cheminots qui peuvent exprimer un droit de retrait, ce sont des situations individuelles très minoritaires aujourd’hui.

Vous évoquez un retour à la normale du trafic, mais certains usagers dénoncent des trains partis en avance cette semaine, un manque de transparence de la SNCF...

La SNCF s’est attachée, depuis le 14 février, à communiquer chaque jour le plan de transport du lendemain, soit par bus, soit par navette ferroviaire, sur l’ensemble de nos médias : réseaux sociaux, application SNCF, site TER Lorraine. Il peut y avoir eu ici ou là des perturbations sur des changements de composition notamment. Mais je considère que l’information était disponible vis-à-vis des clients chaque jour, même si ce n'était pas forcément à l’heure souhaitée. Globalement, sur l’ensemble de la crise, les clients ont pu avoir les informations dont ils avaient besoin pour voyager le lendemain.

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Vous avez déjà annoncé un geste commercial pour les clients de la ligne Metz-Luxembourg, 50% de réduction sur l'abonnement de février. Les usagers voudraient plus et plus rapidement. Allez-vous leur répondre favorablement ?

Pour la SNCF, cet accident est survenu sur le territoire luxembourgeois. Il s'agit donc d'un cas de force majeure qui ne fait généralement pas l’objet d’une compensation, d’une indemnisation. Nous avons bien conscience de la situation difficile vécue par nos clients. C'est donc à ce titre et de façon exceptionnelle, que nous avons décidé d’une mesure commerciale, le remboursement de nos abonnés sur la période de février, et uniquement celle-là.

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L'accident de Dudelange a pu être la goutte d'eau pour certains usagers... Comment travaillez-vous à améliorer leurs conditions de voyage sur la ligne Metz-Luxembourg ?

L’amélioration du service est une démarche permanente de la SNCF. Sur Metz-Luxembourg, la fréquentation progresse de 10% environ par an et en collaboration avec nos collègues des chemins de fer luxembourgeois, nous avons su adapter le service, le plan de transport pour tenir compte de cette hausse de fréquentation. Et puis nous travaillons sur la question de l’information voyageur. Je comprends qu’elle est clé pour chacun des voyageurs qui prépare son voyage du lendemain. Sur la synchronisation de nous outils, les clients ont pu voir ici et là des écarts entre l’application et les réseaux sociaux. Mais nous avons fait en sorte que l’information la plus récente et la plus fraîche, soit mise à jour de façon assez simple sur l’ensemble des réseaux sociaux pendant toute la durée de la crise.

Vincent Téton, directeur régional des TER dans le Grand Est.

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