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Transports

Aéroport de Toulouse : les riverains veulent des mesures de nuisances transparentes et indépendantes

mercredi 14 février 2018 à 8:43 - Mis à jour le mercredi 14 février 2018 à 16:46 Par Bénédicte Dupont et Stéphanie Mora, France Bleu Occitanie

Alors que le trafic passager progresse de manière exponentielle à l'aéroport de Toulouse-Blagnac, le Collectif contre les nuisances aériennes de l'agglomération dresse un constat alarmant à propos du bruit. Il réclame davantage de transparence. La direction d'ATB lui répond.

En 2017, 9 millions de passagers ont transité par l'aéroport de Toulouse contre 7,5 millions il y a trois ans.
En 2017, 9 millions de passagers ont transité par l'aéroport de Toulouse contre 7,5 millions il y a trois ans. © Radio France - Stéphanie Mora

Aéroport Toulouse Blagnac, Blagnac, France

Comme chaque année, a eu lieu vendredi dernier la commission consultative de l'environnement de l’aéroport de Toulouse, avec les élus, les associations de riverains, les professions aéronautiques, et l'Etat. L'occasion pour le collectif contre les nuisances aériennes de l'agglomération toulousaine (CNAAT) de présenter ses graphiques, assez différents des données publiées officiellement par l'aéroport. Jérôme Favrel, ingénieur aéronautique, habitant du quartier Croix-de-Pierre et expert au CNAAT était notre invité ce mercredi.

L'INVITÉ EN UN CLIC - Jérôme Favrel, CNAAT (5'47'')

Jérôme Favrel, du CCNAAT, invité ce 14 février. - Radio France
Jérôme Favrel, du CCNAAT, invité ce 14 février. © Radio France - Alban Forlot

Bénédicte Dupont : Quel constat avez-vous dressé ?

Jérôme Favrel : Nous avons mesuré le nombre de vols très bruyants à la Cépière. On est passé de 300 vols à plus de 90 décibels l'an dernier, à 1.300 l'été dernier.  Même si le nombre de mouvements globaux a peu varié comme l'affirme l'aéroport. Pour les vols de nuit entre minuit et 06 heures c'est pareil, le nombre de vols bruyants (au dessus de 75 db) a augmenté.

Le nombre de vols dont le bruit dépasse 90 décibels a été multiplié par 4 en un an.

Les plaintes ont-elles augmenté ?

Oui elles ont été multipliées par quatre en un an, car notre collectif a mis en place un système sur Internet. Toulouse est très représentée mais pas forcément les quartiers les plus évidents. On a des plaintes venant de La Cépière, Croix-de-Pierre, les Arènes, Ancely ou encore Casselardit. On en a aussi des villes au nord, comme Aussonne et Deyme.

Il n'existe pas de réglementation pour limiter le nombre de vols la nuit ?

En 2010 a été mis en place un système complexe pour satisfaire les riverains qui demandaient carrément la fermeture de l'aéroport de nuit. Pour une partie de la nuit, minuit-06 heures, il y a une règle qui interdit aux vieux avions très bruyants de voler. Les avions modernes, quelque soit leur taille, ont le droit de voler : un A380 ou un 747 peut décoller ou atterrir la nuit.

Les avions modernes ont le droit de voler de nuit à n'importe quelle heure. Seuls les plus anciens sont interdits entre 00h et 06h. - Radio France
Les avions modernes ont le droit de voler de nuit à n'importe quelle heure. Seuls les plus anciens sont interdits entre 00h et 06h. © Radio France

Qu'est-ce qui explique cette hausse du nombre de vols bruyants, notamment la nuit ?

L’aéroport voudrait qu'on augmente le nombre de passager sans augmenter les nuisances. C'est un conte de fées. En fait, la taille des avions a augmenté, plus gros et donc plus bruyant notamment au décollage. En plus, depuis la privatisation de l’aéroport en 2015, la tranche 21 heures-minuit s'est extrêmement développée en faveur des compagnies low-cost. Les avions sont régulièrement décalés vers le cœur de nuit.

Les low-cost font pression pour pouvoir voler la nuit, notamment entre 21 heures et minuit.  

Y a t-il une volonté politique d'améliorer les choses ?

La dernière réunion avec la préfecture était plutôt intéressante. Nous les riverains, nous voudrions que l'information soit libre et partagée, que le système de mesure du bruit soit réellement accessible aux citoyens. À l'heure actuelle, le propriétaire exploitant, même si il sous-traite ce système, c'est l'aéroport. Si le système est remplacé, ce qui est à l'ordre du jour, on voudrait avoir accès à ces données, pouvoir comparer entre hier et aujourd'hui.

Un mot sur la pollution de l'air autour de l'aéroport. Avez-vous des données ?

Hier, j'ai reçu un courrier d'un habitant d'Ancely qui évoquait une odeur persistante de kérosène. La problématique de la mesure de al pollution est la même que pour le bruit. Quels sont les systèmes mis en place, et où sont les sondes ? Il y aurait deux sondes : une sur le parking, et une à côté de l'aérogare. Quand on connait le trafic aérien et les endroits où il y a le plus de pollution, c'est un peu étonnant.

Le directeur des opérations d'ATB, Alain de la Meslière - Radio France
Le directeur des opérations d'ATB, Alain de la Meslière © Radio France - Stéphanie Mora

La réponse de l'aéroport

La direction de Toulouse-Blagnac, estime que les critiques du collectif se fondent sur des données partielles 

"Les chiffres, il faut les analyser quand il y a cinq capteurs pas quand ça nous intéresse de sortir un capteur, en disant regardez celui-là ce qu'il a fait sur cette période! Parce que sur la période en question, il y a peut-être une évolution qui correspond à des travaux ou des conditions climatiques" Alain de la Meslière, directeur des opérations de l'aéroport.

Concernant l'augmentation du trafic, le directeur des opérations affirme que le mouvement d'avions en 2017 est du même niveau qu'en 2000 : autour de 103 000 avions. Les projections à 2022 donnent 111 000 vols annuels. Mais pour Alain de la Meslière cela ne signifie pas plus de bruit : "les motorisations ont évolué. Les compagnies low-cost sont même les plus vertueuses dans ce domaine" car des avions moins bruyants sont aussi ceux qui consomment le moins. Enfin concernant les vols en soirée : 

"Oui c'est vrai on ne s'en est jamais caché, il y a plus de vols entre 22h et minuit. Si on veut avoir plus une activité sur la plateforme de Toulouse ce sont des avions qui se posent jusqu'à 23h30 parfois minuit mais quelques vols. Mais là-dessus nous travaillons sur les trajectoires et la possibilité de faire atterrir 60% des avions par le nord pour que ce soit moins gênant.  L'acceptabilité du bruit n'est plus celle d'il y a 15 ans. Alors bon... On veut être une région dynamique et puis avoir un aéroport qui soit le plus contraint, il faut trouver une adéquation." Alain de la Meslière.

Concernant les capteurs de pollution et la transparence des mesures, là c'est l'organisme Atmo Occitanie chargé de ces relevés sur l'aéroport depuis 2004 qui précise qu'il y a désormais sur près du tarmac trois stations de mesures dont une mobile. Et une vingtaine d'échantillonneurs passifs dispersés entre le tarmac et les alentours. La directrice Dominique Tilak rappelle qu'Atmo est une association financée par 60 structures différentes (collectivités, associations etc...) ce qui "garantit son indépendance".

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