Transports

Aérotram : Toulouse sur le point d’adopter le téléphérique

Par Olivier Lebrun et Bénédicte Dupont, France Bleu Toulouse mercredi 14 octobre 2015 à 18:01 Mis à jour le jeudi 15 octobre 2015 à 8:31

Le futur téléphérique brestois
Le futur téléphérique brestois © Radio France

La concertation publique sera lancée le 2 novembre, le projet d'Aérotram se concrétise. Les cabines suspendues relieraient l’Onconpôle à l’Université Paul Sabatier en 2020.

Toulouse aura sans doute son téléphérique. Le conseil syndical de Tisséo a lancé la période de concertation, la décision finale sur ce projet de téléphérique urbain doit être prise d'ici la fin de l'année. Il s’agit de relier l’Oncopole, le CHU Rangueil et l’université Paul Sabatier via un tracé de 2,6 kilomètres qui permettra de franchir la Garonne et le coteau de Pech-David par les airs. Trois stations sont prévues.

Le tracé de l'Aérotram - Aucun(e)
Le tracé de l'Aérotram - source SMTC Tisséo

Lancé en 2010 par l’équipe de Pierre Cohen, le projet de téléphérique urbain est réactivé, il semble la meilleure solution pour désenclaver ce secteur du sud de Toulouse, et surmonter le franchissement de la Garonne et les coteaux de Pech-David. Les cabines pourraient transporter 6 à 7000 voyageurs par jour pour relier l’Oncopôle à Rangueil en moins de 10 minutes. Actuellement, il faut 20 minutes en voiture, 45 minutes en transport en commun.

Une solution économique et pratique  

  • Alexandre Blaquière, le directeur général adjoint de SMTC Tisséo 

Alexandre Blaquière - directeur général adjoint de SMTC Tisséo

Le projet d’Aerotram s’insère dans une « Ceinture Sud » de transports en commun, le téléphérique pourrait être prolongé à terme vers le métro Basso Cambo d’un côté, et la zone Montaudran Aerospace de l’autre.

L’objectif de Tisséo est « d’assurer un débit d’au moins 1500 personnes/heure à la mise en service, sur une amplitude horaire allant de 5 h 15 à minuit en semaine et jusqu’à 1 h du matin le vendredi et le samedi. A raison d'une cabine toutes les 7 minutes, vous pourrez depuis la ligne B du métro, monter de l'université Paul Sabatier au CHU de Rangueil, puis redescendre vers l'Oncopôle en 9 minutes chrono. 

5700 voyageurs par jour emprunteraient le téléphérique pour monter au CHU de Rangueil depuis Paul Sabatier, 3 700 voyageurs entre l'Hôpital et l'Oncopôle.

*Les deux tiers des voyageurs feraient le trajet Université Paul Sabatier /CHU . Les étudiants, les patients, le personnel hospitalier, tous ceux qui descendraient du métro pour monter la colline du CHU en téléphérique. __*Un réel avantage pour cette aide-soignante de l’hôpital Rangueil 

Charline - aide soignante à l'Hôpital Rangueil

Les escaliers pour monter au CHU Rangueil - Radio France
Les escaliers pour monter au CHU Rangueil © Radio France - Julien Laignez

Avec une fréquence équivalente au tram, on a là une solution efficace et qui coûte beaucoup moins chère, entre 44 millions et 63 millions d'€. A titre de comparaison, le prolongement de la ligne B du métro vers Labège coûterait 7 fois plus cher, mais transporterait 5 fois plus de monde.

Un obstacle à surmonter : le vent

Les cabines pourraient s'arrêter les jours de grand vent, les rafales de vent peuvent dépasser les 70 à 80 km/h deux à trois fois par mois sur les hauteurs de Pech-David, les fabricants de téléphérique qui ont l'habitude des conditions extrême en montagne auraient des solutions. A Brest, où le premier téléphérique urbain survolera la rade l’an prochain, dès que le vent dépassera les 100 km/h , l’exploitation du téléphérique sera suspendue.

Toulouse n’est pas la seule ville à y penser

Brest l’a déjà adopté, Grenoble relance aussi l'idée d’un téléphérique qui relierait 4 communes de son agglomération, projet abandonné il y a 3 ans à cause de l’opposition des riverains. A Paris un projet de téléphérique est dans les tuyaux pour relier la gare de Lyon et la gare d’Austerlitz au-dessus de la Seine.

"On a retravaillé le concept, en moins cher"

REECOUTER L'INVITE - Jean-Michel Lattes, le président du SMTC, était l'invité de la rédaction ce jeudi 15 octobre. Il a redit qu'il faudrait choisir entre le prolongement de la ligne B et la troisième ligne de métro.

Jean-Michel Lattes, président du SMTC, invité ce 15 octobre 2015 - Radio France
Jean-Michel Lattes, président du SMTC, invité ce 15 octobre 2015 © Radio France - Alban Forlot

Jean-Michel Lattes, président du SMTC