Transports DOSSIER : Le projet de l'A45 entre Saint-Étienne et Lyon

Alors que le projet de l'A45 est en sursis, peut-on vraiment rénover l'A47 ?

Par Noémie Philippot, France Bleu Saint-Étienne Loire jeudi 28 septembre 2017 à 19:32

A Lorette, il faudrait raser les zones industrielles et une partie du cimetière pour élargir l'A47. Impensable, trop douloureux, pour Gérard Tardy, le maire de la commune.
A Lorette, il faudrait raser les zones industrielles et une partie du cimetière pour élargir l'A47. Impensable, trop douloureux, pour Gérard Tardy, le maire de la commune. © Radio France - Noémie Philippot

Alors que le gouvernement repousse encore une décision définitive sur l'A45, mettant le projet en sursis, la rénovation de l'A47 interroge. Peut-on vraiment améliorer cet axe saturé, construit entre les années 60 et 70 ? Pour les maires de la Grand-Croix et de Lorette, c'est impossible.

Le gouvernement a peut-être enterré l'A45, en repoussant mardi une décision finale sur le projet. Un peu plus tôt, Elizabeth Borne, la ministre des Transports, avait déclaré privilégier "la rénovation de l'existant". Des mots appréciés par les partisans d'une rénovation de l'A47, comme le député PS de la Loire Régis Juanico, ou encore l'association ALCALY, qui réunit une centaines de communes pour dire non à l'A45. Mais peut-on vraiment rénover l'A47 ?

Manque d'espace, expropriations, durée des travaux : problèmes multiples

En 2005, le Centre d'Etudes Techniques de l'Equipement de Lyon (CETE), s'intéressait à la question. D'après son analyse, il faudrait faire passer la route à trois voies à la Grand-Croix pour améliorer la circulation et, normalement, avoir un trafic fluide. Sauf que sur le terrain, cela semble irréalisable. Pour Luc François, le maire de la commune, c'est strictement impossible. "Nous avons les contreforts de la falaise, et puis tout de suite nous avons les deux voies en direction de Saint-Etienne, sans bande d'arrêt d'urgence, et en face la rivière du Gier, qui est directement contre l'autoroute, et qui ne permet pas son élargissement."

Au niveau de la Grand-Croix, l'A47 est encastrée entre la falaise de Corbeyre d'un côté, et la rivière du Gier de l'autre.  Difficile d'imaginer un élargissement.  - Radio France
Au niveau de la Grand-Croix, l'A47 est encastrée entre la falaise de Corbeyre d'un côté, et la rivière du Gier de l'autre. Difficile d'imaginer un élargissement. © Radio France - Noémie Philippot

Une rénovation à 950 millions d'euros

Un peu plus loin, à Lorette, c'est la même chose puisque la ville se trouve dans la partie la plus étroite de la Vallée du Gier. L'A47 coupe la commune en deux. Pour l'élargir, il faudrait exproprier. Impensable pour Gérard Tardy, le maire de la commune : "Soit il faudra raser la moitié de la superficie des entreprises lorettoises, soit il faudra rayer une partie de Lorette avec un quartier habité important, taper également sur une sur-largeur dans le cimetière... C'est dire à quel point l'opération peut-être douloureuse."

Selon l'étude menée en 2005 par le CETE de Lyon, les travaux dureraient dix ans, puisqu'il est impossible de couper totalement la circulation sur l'A47, il n'y a pas d'itinéraire bis. Côté budget, en ajoutant les indemnités d'expropriations au coût des travaux, la rénovation de l'A47 coûterait 950 millions d'euros. Pour l'A45, le budget est affiché à 1,2 milliards d'euros.