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Angoulême : il veut faire rouler des TGV régionaux

C'est un nouveau venu étonnant, dans le monde du ferroviaire : basé près d'Angoulême, l'entrepreneur Tony Bonifaci compte faire rouler des TGV entre La Rochelle, Niort, Poitiers, Angoulême, Bordeaux et Arcachon, à l'horizon 2023. Il s'agit d'utiliser des créneaux mal exploités par la SNCF.

Le Train vise des créneaux délaissés par la SNCF, dont les TGV Paris-Bordeaux s'arrêtent rarement en gare d'Angoulême. D'où une grande frustration, car impossible le matin d'arriver à Bordeaux en TGV avant 9h40
Le Train vise des créneaux délaissés par la SNCF, dont les TGV Paris-Bordeaux s'arrêtent rarement en gare d'Angoulême. D'où une grande frustration, car impossible le matin d'arriver à Bordeaux en TGV avant 9h40 - theobaracassa / Aptitude Experts

Prendre un TGV pour Bordeaux à La Rochelle, Angoulême, Niort ou Poitiers sans passer par la SNCF : ça devrait être possible à l'horizon 2023. C'est en tout cas l'ambition portée par un nouvel opérateur ferroviaire basé à L'Isle-d'Espagnac près d'Angoulême, et baptisé tout simplement "Le Train". Derrière cette nouvelle compagnie, un entrepreneur de travaux publics charentais, Tony Bonifaci, spécialisé jusque là dans les ponts. Mais il s'est associé à un ami ingénieur spécialisé dans le ferroviaire, Alain Getraud. Le duo a été inspiré par la récente ouverture à la concurrence du trafic ferroviaire voyageurs (fin 2020 pour les TGV).

Au départ de ce projet, une grosse déception lors de la livraison de la nouvelle ligne à grande vitesse Tours-Bordeaux. Sur cette LGV, on peut faire passer chaque jour 132 trains de voyageurs. Mais aujourd'hui la SNCF se contente au mieux de 80. Des TGV qui s'arrêtent rarement en gare d'Angoulême, contrairement aux promesses de la compagnie publique. "D'une grande espérance, c'est devenu une grande déception", souligne Tony Bonifaci. "Aujourd'hui, si je veux me rendre d'Angoulême à Bordeaux le matin, je n'arriverai pas avant 9h40."

Voilà qui tue dans l'œuf le trafic pendulaire : vivre à Angoulême et travailler ou étudier dans la capitale régionale. Plusieurs manifestations d'élus en gare d'Angoulême ces dernières années sont venues la rappeler. Ce trafic de proximité mais à grande vitesse (34 minutes pour relier Angoulême à Bordeaux), c'est précisément le créneau que vise Tony Bonifaci. Par exemple des étudiants angoumoisins qui pourraient étudier à Bordeaux sans déménager. Ou des travailleurs bordelais qui chercheraient à s'installer en Charente, tendance renforcée par la crise sanitaire. "Notre but c'est de récupérer des clients à la voiture" précise l'entrepreneur qui assure ne pas vouloir concurrencer frontalement la SNCF. "On a fait un bilan carbone de l'impact que pourrait avoir Le Train, c'est 44.000 tonnes de CO2 économisés chaque année."

Trois millions de voyageurs par an

Pour cela, il faudrait atteindre trois millions de voyageurs par an... Le Train espère les convaincre avec des destinations attractives, une connexion avec Bordeaux, et des aller-retour vers la côte le weekend, La Rochelle, Arcachon, et même Nantes et Rennes. Le tout avec tarifs proches de la SNCF, mais aussi beaucoup plus simples. Pas question de faire varier le prix des billets chaque jour en fonction de l'offre et de la demande. Autre clé du succès, le cadencement : offrir beaucoup de trains, 12 à 15 aller-retour quotidiens entre Angoulême et Bordeaux, par exemple : "Notre objectif c'est de dire : j'ai loupé mon train, ce n'est pas grave. Je pourrai prendre le suivant dans une heure sans payer plus cher."

On ressent une grosse ambition, étonnante pour une entreprise sortie du nulle part. Mais qui est parvenue à séduire Lisea, cette filiale de Vinci, concessionnaire de la LGV : "C'est vrai qu'au premier rendez-vous, ils nous ont regardés un peu interloqués", concède Tony Bonifaci. "L'idée est un peu folle au départ, mais c'est ce qui rend le projet formidable."

Actuellement Tony Bonifaci cherche à réunir le capital de départ : 100 millions d'euros sollicités auprès de plusieurs banques. Histoire notamment d'embaucher du personnel. Quant aux trains, ils seront loués. Sans doute des TGV simple niveau d'occasion, mais totalement reconditionnés.

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