Transports

Bouchons, pollution, mode de déplacements, "Monsieur Transports" de l'agglomération grenobloise face aux questions

Par Véronique Saviuc, France Bleu Isère vendredi 23 septembre 2016 à 15:27

Yann Mongaburu, président du SMTC, ici en 2007.
Yann Mongaburu, président du SMTC, ici en 2007. © Radio France -

Yann Mongaburu, l'écologiste, président du SMTC, le Syndicat Mixte des Transports en Commun de l'agglomération grenobloise était l'invité de France Bleu Isère ce vendredi matin, journée de la mobilité durable.Il a répondu à nos questions et aux questions des auditeurs.

En quoi le protocole pour passer l'A480 à deux fois trois voies sans élargissement est une victoires pour les écologistes ? 

Ce protocole permet de rendre caduque le décret du ministre Valls qui prévoyait une autoroute qui allait traverser la ville. Après des mois d'échanges, on a réussi à remettre la priorité sur l'échangeur du Rondeau, avec un aménagement de l'A480 qui sera lié.

C'était une volonté forte de traiter correctement le Rondeau qui est le nœud autoroutier de l'agglomération, d'abaisser la vitesse à 70 km/h de façon permanente, ce qui était une attente des riverains depuis des années pour des raisons de bruits et de pollution qui leur rendent la vie difficile.

Cela permettra aussi de travailler sur les échangeurs et les entrecroisements en mettant sur une partie de  la portion l'A480 à deux fois trois voies. Il ne s'agit pas seulement de fluidifier le trafic, il s'agit de réduire le trafic. Il y a un levier important, c'est de développer d'autres usages de la voiture comme le covoiturage.

Avez-vous passé des consignes dans vos rangs pour qu'il n'y ait pas de recours contre ce protocole ?

Vous savez que j'avais déposé un mémoire préliminaire pour un recours contre le décret de Manuel Valls, en tant que président du SMTC. Aujourd'hui, le protocole permet de ne pas poursuivre ce recours et de s'engager sur un chemin commun et partagé.

C'est l'intérêt général qui est au cœur du compromis entre le différents acteurs. On peut travailler pour trouver des mesures pragmatiques sur la circulation immobile pour mieux respecter les riverains et permettre aux usagers de se déplacer.

CARTE - Ce que le protocole prévoit pour l'A480

  - Visactu
© Visactu -

Les vignettes qui indiquent le degré de pollution des voitures sont disponibles pour circuler à Grenoble, en cas de pic. Sont-elles demandées ? 

Les certificats "Qualité de l'air" sont disponibles depuis le premier juillet et chacun peut s'en équiper sur la plate-forme mise en place par le gouvernement. Comme c'est une plate-forme nationale, on ne sait pas combien de Grenoblois l'ont téléchargé. Nous voulons au moment des pics de pollution, pour éviter la circulation alternée, être sur une modération de circulation plus pragmatique, progressive et évolutive.

Pour les livraisons urbaines, à partir du premier janvier 2017, seuls les véhicules -poids lourds et véhicules utilitaires légers- équipés du certificat "Qualité de l'air" pourront entrer dans le centre ville de Grenoble. Pour le grand public, nous travaillons encore assidûment avec la préfecture de l'Isère et les territoires voisins sur la gestion des pics de pollution. L'objectif, je le répète, est de ne pas être soumis à la circulation alternée, s'il y avait un pic de pollution dans les mois à venir.

Quels sont les axes de développement pour les transports en commun de l'agglomération ?

Nous avons finalisé la ligne B et la ligne E pendant ce mandat et nous avons engagé l'extension de la ligne A et le transport par câble à travers le PDU, le plan de déplacement urbain à l'échéance 2030. Il s'agit aussi de travailler sur le ferroviaire, sur les usages partagés de la voiture, sur les axes cyclables métropolitains.

Il faut penser multimodalité, aider chacun à combiner les différents modes de déplacement. 92 % des métropolitains utilisent déjà les différents modes de déplacement. Il s'agit de faciliter cette multimodalité. On a engagé les premiers travaux pour étendre la piste cyclable dite des "Jeux Olympiques" qui est la seule au gabarit attendu des axes cyclables métropolitains complètement sécurisés. Il y en aura d'autres  pour traverser la ville.

Où en est la gratuité des transports en commun pour les jeunes de moins de 25 ans ? C'était une promesse de campagne des Écologistes pour les municipales.

Quand nous sommes arrivés le tarif pour les 18-25 ans était de 29 euros, maintenant il est de 15 euros, je crois que le chemin est pris.

Vous irez au bout de ce chemin ?

Je n'ai pas changé d'orientation. Chacun connait mes convictions  sur le sujet. Je crois que les jeunes sont ceux qui nécessitent le plus d'attention dans notre société.

→ Lire aussi - A480 à deux fois trois voies : "ça ne règle pas tout, mais c'est important" (Jean-Pierre Gilet, CCI)

→ Lire aussi - Travaux de l'A480 et du Rondeau : la fin des bouchons à Grenoble pour 2022 ?

Partager sur :