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Bras de fer juridique entre Airbus et Qatar Airways : ce que risque vraiment le constructeur

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Par , France Bleu Occitanie, France Bleu

Qatar Airways attaque Airbus en justice pour "dégradation accélérée" après les défauts de peinture constatés sur ses A350. Airbus et l'Agence européenne de sécurité aérienne écartent tout risque sur la sécurité des vols. Que cherche la compagnie de Doha ?

Qatar Airways possède une cinquantaine d'A350.
Qatar Airways possède une cinquantaine d'A350. © Maxppp - Patrick Pleul/dpa/picture-alliance/Newscom/MaxPPP

Une histoire de peinture vient tendre les relations entre Airbus et Qatar Airways. Les relations étaient déjà tumultueuses entre le constructeur qui enchaîne les succès et la compagnie puissante dont le dirigeant qui multiplie les coups d'éclat. Entre jeu de pouvoir et mise en scène, l'assaut juridique des Qataris sur Airbus n'a pas de quoi, en réalité, faire trembler le géant de l'aéronautique. Mais Airbus se serait bien passer de cette mauvaise publicité.

Le jeu de la négociation commerciale

Le communiqué d'Airbus lundi soir ne fait que quelques lignes pour confirmer l'attaque en justice, et se termine par "Airbus a l'intention de défendre fermement sa position". Début décembre déjà, par communiqué de presse interposé encore, la firme assurait que la fiabilité de l'A350 était incontestable et dénonçait "une mauvaise qualification par l'un de ses clients d'une dégradation de surface non-structurelle". La très sérieuse Agence européenne de sécurité aérienne (AESA) a par ailleurs assuré que ces problèmes de peinture qui s'écaille sur la carlingue ne représentaient aucun risque pour la sécurité des vols. Ce problème avait déjà été soulevé en 2005 par la compagnie Finnair. Les appareils n'avaient pas été suspendus.

Si la tension est donc montée d'un cran avec cette saisie juridique, tout cela participe d'une forme de rapport de force, selon Frédéric Beniada, spécialiste aéronautique de Radio France. 

"Ce ne sont pas des rapports normaux entre constructeur et compagnie, mais c'est de la pression médiatique pour obtenir plus tard des remises sur des commandes d'avion. Cela fait partie de la négociation. Qatar Airways n'a aucun intérêt à ne plus travailler avec Airbus." — Frédéric Beniada

Cette situation  est qualifiée d'"étonnante" par Laurent Archambault, du cabinet Selene Avocats. Selon ce spécialiste du droit aérien, "en général, les litiges aéronautiques font plutôt l'objet d'un arbitrage qui a l'avantage d'être secret, ce qui évite les fuites dans les médias sur des points très techniques, mais en général assez anecdotiques, qui affoleraient pour rien le grand public"

Sur une flotte de près de 200 appareils commerciaux, 110 viennent des usines Airbus, une cinquantaine sont des A350, chez Qatar Airways.

Une procédure qui a peu de chances d'aboutir, mais qui ternit l'image d'Airbus

"On sait très bien que ce sont des contentieux qui ne vont pas jusqu'au bout, car cela serait très long, et coûterait extrêmement cher à tout le monde en frais d'avocats", poursuit Frédéric Beniada. La justice britannique est en effet réputée pour être l'une des plus chères du monde. "En revanche, c'est en terme d'image qu'Airbus peut perdre. Cela n'est pas bon d'entendre qu'Airbus a un problème avec son avion même si cela n'a rien à voir avec les déroutes qu'enchaîne Boeing avec son 737-Max."

L'avocat Laurent Archambault va plus loin quant au doute que sème cette affaire dans les esprits. "L'A350 est connu pour ses matériaux composites et sa légèreté supérieure aux autres avions. Peut-être faut-il s'interroger sur ce revêtement à base de résine ? Très léger certes, mais est-il pérenne, supporte-t-il les amplitudes thermiques du Qatar ?" Le juriste de droit aérien, qui rappelle qu'aucun rappel n'a été prononcé par les autorités européennes jusque-là, plaide pour la désignation d'un expert judiciaire technique.

La personnalité du dirigeant de Qatar Airways est aussi sans doute à prendre en compte dans cette affaire. Akbar el Baker est connu dans le milieu aérien pour ses provocations. Le Qatari avait déjà taclé Airbus sur son A380 dont il possède dix exemplaires. En mai dernier, dans une interview au site d'information britannique sur l'aviation Simple Flying, Akbar el Baker décrit le SuperJumbo comme sa "plus grande erreur".

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