Transports

Bus Macron : au Mans, la gare routière est un parking

Par Alexandre Chassignon, France Bleu Maine et France Bleu lundi 28 septembre 2015 à 20:51

 Les autocars utilisent le parking poids-lourds de la sortie Le Mans Nord
Les autocars utilisent le parking poids-lourds de la sortie Le Mans Nord © Radio France - Alexandre Chassignon

Ils roulent depuis un mois mais le cadre de leurs arrêts laisse à désirer, surtout au Mans. Les nouvelles lignes de bus nées de la loi Macron devront payer pour améliorer leurs gares routières. Celle au nord du Mans part de loin : ce n'est qu'un parking.

Sur le panneau, il y a bien écrit "gare". Mais Vinci, le propriétaire de l'aire, entendait par là "gare de péage", pas "gare routière". Quatre compagnies s'arrêtent ici chaque jour depuis août : Eurolines, Starshipper, Ouibus et Isilines. A 20 mètres du péage Le Mans Nord de l'A11, l'endroit est idéal pour perdre le moins de temps possible sur leur trajet.

"Ici", c'est le parking pour poids-lourds, avec une dizaine d'emplacements peints au sol. Aucun aménagement ne facilement la vie des passagers : il n'y a pas de quais. Officiellement, cette gare routière n'existe pas. Sur cette sortie de l'A11, Vinci a aménagé un parking de 190 places, très utilisé pour le covoiturage, et cette zone où les routiers font la sieste. Le concessionnaire ne considère pas cela comme une gare routière.

Stationnement en pleine voie

La nouvelle utilisation des lieux pour les pauses des liaisons entre Paris d'un côté, Nantes et Rennes de l'autre, relève de la totale improvisation. Aucune compagnie n'a par exemple installé de panneau avec ses horaires. Les Sarthois qui attendent un car doivent se contenter d'_un unique banc, _sous un auvent qui sert aussi d'abri aux scooters.

L'unique banc de la zone. - Radio France
L'unique banc de la zone. © Radio France - Alexandre Chassignon

Pour une boisson ou un en-cas, les chauffeurs conseillent de se rabattre sur les fast-foods du coin. Le week-end, ils peinent à se garer entre les semi-remorques et doivent parfois s'arrêter sur la voie de circulation. qui traverse le parking. Faute d'aménagements, l'endroit découragerait plutôt ceux qui voudraient prendre un autobus. Les conducteurs des bus le reconnaissent : "Ici rien n'est fait pour nous".

Leurs compagnies devront donc payer les travaux nécessaires à une la création d'un arrêt plus accueillant. Le gouvernement en fixera les critères début 2016 dans une ordonnance.

Une "gare" sans quais. - Radio France
Une "gare" sans quais. © Radio France - Alexandre Chassignon