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"C'est devenu invivable" : des artisans fuient Bordeaux, lassés des bouchons quotidiens sur la rocade

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Par , France Bleu Gironde

Plusieurs artisans ont décidé de refuser les chantiers sur Bordeaux depuis plusieurs semaines, pour ne pas avoir à passer par la rocade surchargée. La Capeb, le syndicat patronal des artisans du bâtiment, redoute une fuite "vers la campagne".

Des bouchons attendus sur la rocade de Bordeaux
Des bouchons attendus sur la rocade de Bordeaux © Radio France - Maxppp

Finies les arrivées sur chantier à huit ou neuf heures. Aujourd'hui, les artisans qui bossent à Bordeaux mais vivent en dehors perdent parfois une demi-journée sur la route pour se rendre chez un client. "C'en est devenu invivable", déplore Kevin Agasse, artisan multi-travaux à Eysines. Les confinements successifs avaient dilué la circulation sur les grands axes girondins, mais le trafic est pratiquement revenu à la normale sur la rocade bordelaise, avec même parfois des temps de trajet supérieurs à ceux avant la crise sanitaire. "J'ai décidé de décaler mes horaires pour finir un peu plus tard", explique le trentenaire. "C'est souvent qu'on travaille deux heures de plus en se disant que de toute manière, on les bouffera dans les transports. Alors autant débaucher deux heures plus tard."

On réfléchit à prendre des chantiers en fonction de la distance à parcourir. - Kevin Agasse, artisan multi-travaux à Eysines

"On ne va pas dire qu'on fait moins de chantiers, on les fait. Mais du coup, au lieu de faire une journée de dix heures, vous allez en faire douze", continue Kevin Agasse. "Vous vous retrouvez avec des journées à rallonge à cause des difficultés de circulation." Une situation qui pèse sur le moral de l'artisan. "On est beaucoup plus fatigués. Parfois, pour faire deux kilomètres vous allez passer une demi-heure voire une heure." Selon lui, la solution parfaite est toute trouvée. "Déménager", répond-il du tac au tac. "Ce serait sûrement beaucoup plus simple de vivre dans une ville ou un village plus excentré, avec peut-être une clientèle  plus diffuse, mais avec au moins la possibilité de rouler."

Un risque de pénurie

Alain, lui, a passé le pas. Il refuse désormais tous les chantiers proposés à Bordeaux. Son entreprise de menuiserie est basée à Hostens, dans le Sud-Gironde. "On se cantonne à la banlieue bordelaise, jusqu'à Léognan voire Bègles. Mais Bordeaux, je n'ai plus envie d'y aller", explique l'artisan. "Ces temps de trajet sont des charges supplémentaires pour l'entreprise, puisque c'est considéré comme des heures supplémentaires. Et pendant ce temps, le travail n'avance pas. Donc je préfère aller travailler à 60 kilomètres en campagne, plutôt qu'à Bordeaux à 40 kilomètres."

"Parfois, vous avez une journée et demi de perdue dans les transports quand vous venez faire une semaine de travail sur Bordeaux", déplore Éric Antenni, menuisier dans le Sud-Gironde et élu à la Capeb, le syndicat patronal des artisans du bâtiment. "Ça ne leur donne plus du tout envie d'y venir. Donc ils assurent les chantiers sur lesquels ils s'étaient engagés, mais ils ne prennent plus d'engagement sur de futurs chantiers." Ces artisans doivent donc couvrir d'autres zones géographiques pour compenser. "Naturellement, ils choisissent une clientèle autour de Bordeaux, dans la métropole dans un premier temps, mais très vite ils vont dans un rayon de 60 kilomètres."

Quand on leur parle d'aller travailler sur Bordeaux, une ville qu'ils aiment bien avec de superbes chantiers, ils craquent complètement parce que c'est trois ou quatre heures de perdues dans la journée. - Éric Antenni, élu à la Capeb

Mais à terme, cela pourrait donc mener à une pénurie de certains artisans à Bordeaux. "Les artisans qualifiés iront chercher de l'activité autour de Bordeaux", explique Éric Antenni. "On risque de voir apparaître des entreprises qui, elles, auront beaucoup moins de qualifications, avec des montants exorbitants et une clientèle qui ne sera pas satisfaite. Certains n'auront plus les moyens de faire des travaux chez eux." Selon lui, 70% des adhérents à la Capeb réfléchissent à arrêter les chantiers à Bordeaux.

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