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VIDEO - C'est officiel, on peut dès ce samedi rouler à 90 km/h sur les routes de Corrèze

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Par , France Bleu Limousin, France Bleu

C'est confirmé, la vitesse maximale repasse à 90 km/h dès ce samedi 1er février sur les routes départementales de Corrèze. Pascal Coste, le président de la collectivité, a signé les arrêtés permettant de le faire. Ce relèvement de la vitesse maximale autorisée s'accompagne d'un plan de prévention.

A compter de ce samedi 1er février, on peut rouler à 90 km/h sur les routes départementales de Corrèze
A compter de ce samedi 1er février, on peut rouler à 90 km/h sur les routes départementales de Corrèze © Radio France - Nicolas Blanzat

C'est officiel, on peut rouler de nouveau à 90 km/h sur les routes départementales de Corrèze dès ce samedi 1er février 2020 à partir de 0h. Pascal Coste, le président du conseil départemental, a en effet signé les arrêtés permettant de le faire. La Corrèze devient ainsi le deuxième département de France, après la Haute-Marne, où la vitesse maximale autorisée est relevée de 80 à 90 km/h. Mais, à une différence près, la mesure s'applique sur tout le département en Corrèze ce qui n'est pas le cas en Haute-Marne. En huit points, voilà ce qu'il faut savoir sur cette décision.

" Je n'ai pas cherché à faire un acte de bravoure "

1. Un cheval de bataille de Pascal Coste

Pouvoir à nouveau rouler à 90 km/h sur les routes corréziennes était une farouche volonté du président du conseil départemental. Pascal Coste a fustigé, et fustige toujours, la décision unilatérale du 80 km/h " imposée d'en haut par le Premier ministre qui a fait une crise d'autorité, sans concertation, prise contre la ruralité et au mépris des territoires " selon lui. D'où son opiniâtreté et la grosse énergie déployée par les services départementaux pour revenir à 90 km/h... même s'il la joue modeste. " Je n'ai pas cherché à faire un acte de bravoure ni à faire en sorte que la Corrèze se distingue ", balaye-t-il, " le sujet est trop sérieux : c'est celui de vies, d'accidentés ou de traumatisés ". Même si son avis n'est que consultatif, la commission départementale de sécurité routière a également donné un avis favorable en début de semaine.

2. De nouvelles zones à 70 km/h

Reste, donc, que la réalité est là à compter de ce samedi. Les équipes du service des routes se démènent pour planter 130 panneaux sur tout le territoire corrézien, hauts d'environ trois mètres, où on peut lire le retour à 90 km/h et un rappel qu'il faut rouler à 80 km/h par temps de pluie. " Le code de la route le précise bien : en tout état de cause, on doit maîtriser son véhicule et on doit adapter sa vitesse aux circonstances et pas seulement par temps de pluie " martèle Pascal Coste. Pour prévenir les accidents dans des secteurs jugés dangereux par le département, ou les maires des communes concernées, 25 nouvelles zones où la vitesse est abaissée à 70 km/h sont créées, soit 22 nouveaux kilomètres concernés. Ils s'ajoutent aux 146 kilomètres déjà concernés par une réduction de la vitesse à 70 ou 50 km/h dans des zones dites de vigilance. Dans le futur, d'autres tronçons pourront subir le même sort si cela est jugé nécessaire.

Le retour de la vitesse maximale autorisée était un cheval de bataille de Pascal Coste
Le retour de la vitesse maximale autorisée était un cheval de bataille de Pascal Coste © Radio France - Nicolas Blanzat

3. Quelle responsabilité pour Pascal Coste ?

Cette décision du retour à une vitesse maximale de 90 km/h sur les routes de Corrèze fait néanmoins peser une responsabilité sur les épaules de Pascal Coste, alors que le département vient d'enregistrer, en 2019, un plus bas niveau historique du chiffre de tués sur les routes avec cinq morts. Redoute-t-il d'être pointé du doigt au premier accident mortel qui surviendrait ? " Le risque moral est toujours là " n'élude pas le président de l'exécutif corrézien, qui s'attache aux faits et aux données. " Quand on regarde l'accidentalité en Corrèze, _ce n'est pas entre 80 et 90 km/h que se situe le problème_. Les excès de vitesse concernent de grands excès de vitesse. Et, dans quasiment tous les cas, il y a d'autres facteurs et notamment l'addictologie ".

4. Quel coût ?

C'est une question fréquemment posée par les usagers de la route... par ailleurs contribuables : combien coûte cette mesure ? " Nous installons 130 panneaux pédagogiques qui valent 200€ pièce " répond Pascal Coste, " mais ça ne coûte rien de plus car nous n'avions payé aucun autre panneau lors de la mise en place du 80 km/h. J'avais refusé de financer ceux qui rappellent la vitesse maximale en approche des radars fixes. L'Etat les avait payés car les radars relèvent de sa compétence et nous accordons simplement une autorisation d'occupation de l'espace public. Là où on va mettre de l'argent, c'est sur le financement d'actions de prévention ".

Pascal Coste assure que le coût des panneaux est limité pour le retour à 90 km/h
Pascal Coste assure que le coût des panneaux est limité pour le retour à 90 km/h © Radio France - Nicolas Blanzat

5. Quelle continuité vers les autres départements ?

A l'heure actuelle, il ne devrait y avoir de la continuité à 90 km/h seulement vers les routes départementales du Cantal qui s'apprête lui aussi à entériner la chose. " Le Lot n'est pas pressé ou pas du tout, la Dordogne y réfléchit, la Haute-Vienne a dit non, le Puy de Dôme aussi, et la Creuse pourrait le faire sur certaines de ses plus belles routes ". Si bien qu'il faudra freiner vers la plupart des départements voisins comme à la sortie de Masseret, en Corrèze, et l'entrée à La Porcherie, en Haute-Vienne. Pour l'humour, et le temps d'une photo, le fameux panneau "le nouveau monde vous demande de ralentir" est ressorti des cartons.

6. Comment ça se passe pour les radars ?

Pas d'inquiétude pour circuler dès ce samedi 1er février à 90 km/h sur les routes départementales de Corrèze. Les dix radars, appartenant à l'Etat, " vont être neutralisés et reprogrammés à distance immédiatement ", assure Pascal Coste, pour tenir compte du rehaussement de la vitesse maximale autorisée. Ce sera aussi progressivement le cas sur les GPS car " un partenariat va être conclu avec les gestionnaires ".

Il faudra freiner à 80 km/h en entrant dans cinq des départements voisins de la Corrèze, comme ici vers La Porcherie (Haute-Vienne)
Il faudra freiner à 80 km/h en entrant dans cinq des départements voisins de la Corrèze, comme ici vers La Porcherie (Haute-Vienne) © Radio France - Nicolas Blanzat

7. Un plan de prévention

Ce relèvement de la vitesse maximale autorisée s'accompagne d'un plan de prévention, ardemment mis en avant par le conseil départemental. " Nous avons besoin de travailler sur d'autres causes aggravantes, que sont l'alcool et les stupéfiants. Nous nous associerons et co-financerons les campagnes qui seront faites. Nous allons aussi faire de la prévention grâce à l'acquisition de simulateurs deux roues et quatre roues. Nous irons _auprès des scolaires et des personnes âgées_. Il y aura des campagnes auprès des seniors en lien avec des auto-écoles pour aller plus loin en matière de sécurité ". Les investissements sur les routes font aussi partie du package. " Nous avons mis 14 millions chaque année de 2015 à 2018, puis 16 millions en 2019 et 20 millions à compter de 2020 et les années suivantes ". Des feux qui passent au rouge en cas de vitesse trop élevée (Larche, Beaulieu, étude pour un avenue de Paris à Brive), des barrettes sonores en basse Corrèze (les chasse-neiges pourraient les abîmer en moyenne et haute Corrèze),  le doublement des rails de sécurité dans les virages pour les motards ou des zébras avec moins de zone peinturée pour éviter les glissades des deux roues seront déployés.

8. Un observatoire de l'accidentalité

Enfin, pour montrer à quel point le sujet est pris au sérieux, le conseil départemental met en avant un outil développé en interne : l'observatoire départemental de l'accidentalité qui va permettre de prendre à bras le corps les circonstances de chaque accident, et pouvoir y répondre techniquement en cas de besoin. Il s'agit d'une carte interactive de la Corrèze, qui intègre un croisement de données issues d'une part des services de l'Etat, d'autre part des services du département gestionnaire des routes, et ce après chaque accident sur les cinq dernières années. " Cela nous permet de pouvoir géolocaliser très précisément chacun des accidents graves " indique Eric Larue, directeur général adjoint du conseil départemental. Lieu, date, horaire et conditions de l'accident sont repris.

Le conseil départemental met un place un observatoire de l'accidentalité en Corrèze
Le conseil départemental met un place un observatoire de l'accidentalité en Corrèze © Radio France - Nicolas Blanzat

On voit par exemple sur cette carte des triangles jaunes, " quand il y a eu un décès ", des points mauves " pour les blessés graves ", des petits tronçons rouges foncés " quand il y a eu au moins deux accidents graves dans le secteur ". Ce qui permet ensuite d'intervenir précisément et de voir si quelque chose peut être fait. " Quand il s'agit d'un refus de priorité à un carrefour, nous étudions tout de suite la sécurisation avec par exemple la mise en place d'un îlot, de la signalisation pour renforcer l'attention. Quand il y a une perte de contrôle, nous pouvons agir sur l'adhérence de la route et la refaire... même si les gens ont parfois l'impression qu'elle est récente ". Cet outil est amené à être partagé et développé avec d'autres parties, et notamment les pompiers, pour consigner toutes les données qui ne sont pas intégrées afin de disposer d'une base commune de travail. Selon Pascal Coste, il pourrait faire école ailleurs après une présentation " qui a retenu l'attention " devant l'assemblée des départements de France.

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