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Transports

Grève à la SNCF : ce qu'il faut retenir de la première journée de mobilisation

mardi 3 avril 2018 à 20:11 Par Viviane Le Guen, France Bleu

Avec un TGV sur huit en moyenne et un train régional sur cinq, les cheminots se sont fortement mobilisés ce mardi pour le lancement du mouvement contre la réforme de la SNCF. Voici ce qu'il faut retenir de cette journée.

Des incidents ont éclaté lors de la manifestation parisienne contre la réforme de la SNCF ce mardi.
Des incidents ont éclaté lors de la manifestation parisienne contre la réforme de la SNCF ce mardi. © Maxppp - Leon Tanguy

Comme annoncé, le trafic était "très perturbé" ce mardi, premier jour d'une grève par épisode, de deux jours sur cinq, qui doit durer jusqu'au 28 juin. La direction de la SNCF prévoit une mobilisation équivalente pour la journée de mercredi avec un TGV sur sept et un train régional sur cinq en moyenne.

L'état du trafic et les chiffres de la mobilisation

En moyenne, un TGV sur huit et un train régional sur cinq ont circulé.  Conséquence, dans de nombreuses villes, les gares étaient désertes comme à Strasbourg.

A l'inverse, en Île-de-France, des voyageurs sont descendus sur les voies car les quais étaient bondés, comme à la gare de Lyon à Paris. La circulation des RER allait d'un train sur deux à un sur cinq, certaines branches n'étant pas desservies.

La direction a annoncé un taux de grévistes de 33,9% en matinée, soit moins que les 35,4% enregistrés le 22 mars. Mais parmi les "agents indispensables à la circulation des trains", le taux atteignait 48% (contre 36% le 22 mars). Il était notamment de 77% chez les conducteurs et 69% chez les contrôleurs.

Des chiffres remis en cause par les syndicats et notamment par SUD-Rail. Son porte-parole, Erik Meyer, estime que la direction "se décrédibilise complètement". "Soit la direction est incompétente à organiser le service, soit les chiffres réels ne sont pas ceux qui sont donnés. Les chiffres qui nous sont remontés ne sont pas de l'ordre de ceux qui sont fournis par la SNCF", a déclaré le syndicaliste sur franceinfo. 

La CFDT-Cheminots juge aussi "très étonnants" ces chiffres. "On pense qu'il y a un sous-comptage des agents sédentaires grévistes" a précisé  son secrétaire général adjoint, Rémi Aufrère-Privel.

Des manifestations partout en France et des incidents à Paris

Des manifestations ont ponctué la journée. A Paris, 2 700 personnes se sont rassemblées dans l'après-midi selon la préfecture de police. La manifestation, partie de la gare de l'Est en direction de la gare Saint-Lazare, était organisée à l'initiative du syndicat Sud Rail. 

D'après la préfecture de police, un groupe de "100 individus cagoulés et violents", qui se trouvait dans le cortège, se sont livrés à des "dégradations de vitrines de magasins et de mobilier urbain" à hauteur de la rue de Maubeuge et du boulevard de Rochechouart. Cinq personnes ont été interpellées. Présent dans le cortège, le leader de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, en a été exclu par des manifestants.

Des rassemblements ont eu lieu également à Tours, Lille ou Bordeaux ainsi qu'à Toulouse, avec entre 1.500 et 2.500 participants selon les sources.

Gouvernement et syndicats affichent leur détermination

Interpellé à  l'Assemblée nationale, le Premier ministre, Edouard Philippe, a dit entendre "autant les grévistes" que "ceux qui veulent aller travailler" avant desaluer  les "clients et usagers de la SNCF" qui ont "des jours difficiles devant eux, la grève ayant été organisée pour (leur) porter un impact maximal"

La réforme "n'a pas pour objet de privatiser la SNCF, elle n'a pas pour objet de fermer des petites lignes, elle n'a pas pour objet de revenir sur le statut (de cheminot) mais elle a pour objet de sortir de ce statu quo" qui n'est "plus tenable", a insisté le Premier ministre.

L'herbe est "sèche" et il ne faut pas "pas grand-chose pour que cela brûle" a réagi de son côté, Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO, interrogé sur le climat social.

Dans la soirée, Philippe Martinez, numéro un de la CGT, s'est félicité de cette première journée mobilisation, réussie selon lui. Il a appelé Emmanuel Macron ainsi que le gouvernement à "se déboucher les oreilles" pour entendre le "très grand mécontentement" social. La CGT réclame le retrait de la réforme de la SNCF. "La balle est dans le camp du gouvernement et du président de la République" a insisté Philippe Martinez avant d'ajouter "il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis".

Les prévisions pour le mercredi 4 avril

La situation de ce mercredi sera "conforme à celle d'aujourd'hui" a annoncé Mathias Vicherat, directeur général adjoint de la SNCF ce mardi soir avec un TGV sur 7, un TER et un Transilien sur 5 en moyenne.

Le projet de loi sur le pacte ferroviaire, qui prévoit un recours aux ordonnances sur certains points, sera voté en première lecture le 17 avril à l'Assemblée nationale.