Transports

Contre le harcèlement, les bus de nuit s'arrêtent à la demande à Nantes

Par Alexandre Blanc, France Bleu Loire Océan lundi 14 septembre 2015 à 23:24

Bus de nuit
Bus de nuit © Radio France - Alexandre Blanc

À partir de ce lundi soir, les usagers des bus de nuit pourront demander au chauffeur de descendre en-dehors des arrêts. L'expérimentation vise à lutter contre le harcèlement des femmes.

Nantes expérimente l'arrêt à la demande des bus de nuit à compter de ce lundi soir. Sont concernées les 12 lignes en service après 22h30. Tan, le réseau de bus de l'agglomération nantaise, met ainsi en oeuvre l'une des mesures du plan de lutte contre le harcèlement sexiste et les violences sexuelles dans les transports en commun présenté par le gouvernement le 9 juillet. Pascale Boistard, secrétaire d'Etat chargée des Droits des femmes est d'ailleurs venue lancer le dispositif nantais en septembre.

Les femmes doivent pouvoir aller où elles veulent, quand elles veulent" — Pascale Boistard, secrétaire d'Etat chargée des Droits des femmes

Le dispositif présenté par la TAN vise à éviter à des femmes seules "un long trajet à pied dans des espaces qu'elles considèrent comme peu sécurisants". Les hommes pourront aussi bénéficier du service. "On ne va pas répondre  à une discrimination par une autre", affirme Alain Boeswillwald, le directeur de la Tan. Concrètement, les bus de nuit ne dévieront pas de leur trajet habituel, mais il sera possible de demander au conducteur de s'arrêter entre deux stations, au plus près de son domicile. C'est au chauffeur que revient le choix de l'endroit précis de la desserte. "Pendant les six mois d'expérimentation, nous nous assurerons que cela ne crée pas de nouveaux conflits entre les usagers et les conducteurs", assure Alain Boeswillwald.

Alain Boeswillwald, directeur général de la TAN

Rassurer et répondre à un sentiment d'insécurité

Sur 3500 passagers les samedis soirs et 1500 en semaine, 60% des usagers des bus de nuit sont des femmes. L'opération vise plus à rassurer les usagers et à répondre à un sentiment d'insécurité qu'à lutter véritablement contre une recrudescence des violences faites aux femmes. Les atteintes aux clients (violences physiques, altercations verbales, tirages intempestifs d'alarme, vols à l'arraché, etc) ont reculé de 10% dans les bus nantais en 2014.