Transports

Côte-d'Or : trente-cinq automobilistes troquent leur contravention contre un stage de sensibilisation

Par Marion Bastit, France Bleu Bourgogne dimanche 19 avril 2015 à 6:30

Pour montrer l'importance de la ceinture de sécurité, l'auto-choc simule un choc à moins de 10 km/h.
Pour montrer l'importance de la ceinture de sécurité, l'auto-choc simule un choc à moins de 10 km/h. © Radio France - Marion Bastit

Jeudi et vendredi, les gendarmes ont proposé à quarante-et-un automobilistes verbalisés autour de Dijon et d'Is-sur-Tille de choisir entre payer l'amende et perdre des points, ou bien participer à un stage de sensibilisation à la sécurité routière. Trente-cinq ont choisi le stage, qui a eu lieu samedi matin au centre d'examen du permis de conduire de Longvic.

C'est une première en Côte-d'Or. Cette semaine, quarante-et-un automobilistes verbalisés ont pu choisir entre payer leur amende et perdre des points, ou bien suivre un stage de sensibilisation à la sécurité routière d'une demi-journée. Jeudi et vendredi, les gendarmes ont mené des contrôles routiers ciblés sur les secteurs de Dijon et d'Is-sur-Tille. Il s'agissait de repérer les infractions des quatre premières classes, qui peuvent coûter jusqu'à 90 euros d'amende et quatre points en moins sur le permis de conduire.

 

Trente-cinq choisissent le stage, six l'amende

Stop grillé, excès de vitesse, téléphone au volant... les gendarmes ont verbalisé 41 automobilistes. Ils leur ont alors proposé une alternative à la sanction : un stage de sensibilisation à la sécurité routière. 35 d'entre eux ont préféré le stage à l'amende et au retrait de points.

"On a exclu tous les délits" Michel Westrelin, commandant de l'escadron départementale de sécurité routière

"Nous avons exclu de ces comportements tous les délits : les alcoolémies, les excès de vitesse égaux ou supérieurs à 40 km/h, la consommation de drogue..." souligne Michel Westrelin, commandant de l'escadron départemental de sécurité routière.

 

Tester ses réflexes

Samedi matin, les trente-cinq contrevenants volontaires ont participé à cinq ateliers organisés au centre d'examen du permis de conduire de Longvic. L'occasion de faire le point sur l'impact de la vitesse, du téléphone portable, de l'alcool ou encore de la drogue sur les réflexes au volant.

"Ces infractions ont l'air anodines, mais elles sont très dangereuses" Frédérique Geymond, substitut du procureur

"Ces infractions ne semblent pas si graves, mais on les retrouve très régulièrement dans les procédures d'accidents, voire d'accidents mortels, souligne Frédérique Geymond, substitut du procureur en charge du contentieux de sécurité routière. Par exemple, une vitesse trop importante empêche d'avoir les bons réflexes si un enfant traverse."

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Simulateur de choc

Les participants sont également montés à bord de l'auto-choc, un appareil muni de deux sièges, qui simule un freinage brutal à moins de 10 km/h. "Le but est de montrer l'utilité de la ceinture de sécurité, explique Roland Balme, bénévole de la Ligue contre la violence routière. Les gens ont beaucoup de difficulté à évaluer la vitesse réelle. Ils pensent qu'on est à 30, 40 voire 50 km/h."

A bord de l'auto-choc avec Roland Balme, bénévole de la Ligue contre la violence routière

Après trois heures de stage, les participants ne sont pas forcément prêts à changer de comportement. "Honnêtement, je ne vais pas dire que je ne prendrai plus mon téléphone, confie Marine. Mais bon, ça dépendra où et quand... C'est sûr que ça fait réfléchir quand même."

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Une piqûre de rappel

Josiane n'en démord pas : le stop qu'elle a grillé n'avait pas lieu d'être respecté. "En sortant du parking, il n'y a même pas dix mètres, on roule à dix à l'heure. Ce n'était vraiment pas dangereux, estime-t-elle. Une balise aurait largement suffi." Olivier, qui a lui aussi grillé un stop, n'a pas appris grand-chose. "C'est une petite piqûre de rappel pour faire attention, reconnaît-il. On sait très bien qu'il y a des choses qu'il faut faire et d'autres qu'il ne faut pas faire. On fait toujours attention, mais dans la journée, il y a des moments d'inattention." Si vous prenez la route ce week-end, attention : cette expérience, inédite en Côte-d'Or, n'a pas vocation à être généralisée. Elle sera peut-être reconduite, mais de façon ponctuelle.

Le stage suffit-il à faire changer les comportements des automobilistes ? Le reportage de Marion Bastit