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Dossier : Coronavirus

Coup de Pouce vélo : les réparateurs du Calvados grognent devant sa complexité

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Par , France Bleu Normandie (Calvados - Orne)

La trentaine de réparateurs de vélos agrées sur le Calvados pour l'opération "Coup de Pouce Vélo" croulent sous la demande. Selon le décompte effectué par France Bleu, entre les réparations déjà effectuées et les devis actés, plus de 1620 clients les ont sollicités, attirés par l'aide de 50 euros.

Atelier de réparation de l'association Vélisol à Caen, plutôt satisfaite de l'opération contrairement à bon nombre de professionnels
Atelier de réparation de l'association Vélisol à Caen, plutôt satisfaite de l'opération contrairement à bon nombre de professionnels © Radio France - Olivier Duc

Les réparateurs de cycles du Calvados croulent sous la demande sous l'effet de l'opération coup de Pouce Vélo.

Cette opération est mise en place depuis la fin du confinement par le gouvernement pour encourager la pratique du vélo par les Français.

L'un de ses volets consiste en une aide de 50 euros pour la remise en état d'un vélo.

Il vous suffit pour cela de vous rendre sur une plateforme (coupdepoucevelo.fr) pour trouver les professionnels référencés pour l'opération.

Près de 1620 demandes pour la trentaine de réparateurs agrées dans le Calvados

Près d'une trentaine de réparateurs sont agrées sur le Calvados et ses principales villes. Selon le décompte effectué par France Bleu, ce sont plus de 1620 demandes de réparation qui ont été effectuées ou sont en cours de réalisation rien que sur les établissements identifiés dans ce département (Un seul n'a pu fournir de chiffres sur les 31 contactés).

Les plus sollicités ont leur carnet de rendez-vous plein jusqu'à début juillet. 

En à peine dix jours, les professionnels se sont trouvés submergés par les demandes. La majorité ne cachent pas leur grogne devant la lourdeur administrative et technique de l'opération et ses aberrations.

"Je serai surpris que mes confrères vous disent des choses différentes de moi" s'amuse un professionnel caennais critique comme beaucoup d'autres.

" D'une très belle idée ils ont montée une usine à gaz" déplore ainsi ce gérant d'un magasin à Lisieux devant la complexité des démarches. Il aurait fallu consulter des professionnels avant la mise en application."

Il faut plus d'une quinzaine de minute pour traiter chaque dossier via la plateforme avec la photo du cycle et l'identification du client pour éviter qu'il ne fasse le tour des réparateurs aux frais de l'Etat.

On n'est un petit peu dans le flou parce qu'on n'a toujours pas été remboursé des premières demandes

Ce professionnelle de Blainville-sur-Orne par exemple n'a qu'une crainte : que le dossier ne soit pas complet et qu'ils ne récupèrent pas de l'Etat les 50 euros que les réparateurs doivent avancer.

"On n'est un petit peu dans le flou parce qu'on n'a toujours pas été remboursé des premières demandes, s'inquiète Arnaud. J'espère qu'on a fait les bonnes démarches et les bons dossiers et qu'il n'y aura pas de soucis au niveau du règlement parce qu'on entend un petit peu de tout. Certains disent qu'il n'y a que la main-d'oeuvre qui est prise en charge, d'autres disent que certaines réparations ne comptent pas.

On va attendre les premiers remboursement et ce qui est embêtant c'est qu'on n'a aucun contact avec la plateforme si ce n'est par un mail. Et ils mettent une semaine pour répondre."

Certains clients ne viennent qu'avec la roue à réparer (ce qui n'est pas suffisant). D'autres avec des vélos dépassant la quarantaine d'année de stockage dans les garages. IL y a même ce client caennais venu pour toucher directement les 50 euros de la part du professionnel.

On ne remet pas des gens qui vont décider de quitter la voiture pour faire du vélo. C'est un peu de la brosse à reluire.

Jean Pierre tient le magasin Quai des Sports qui existe depuis près de 21 ans à Caen. Il ne cache pas sa colère devant une opération qu'il juge mal pensée.

"Ce ne sont pas des gens que l'on remet en selle mais ce sont des stocks de vélos qui existent dans les garages et qui vont être là pour accueillir enfants ou petits-enfants quand ils viendront passer des week-ends. 

On ne remet pas des gens en selle. On ne remet pas des gens qui vont décider de quitter la voiture pour faire du vélo. C'est un peu de la brosse à reluire. C'est un peu du superficiel."

Il s'agit de vélo où il y a pas mal de boulots. Comme ils ont le droit à 50 euros, ils ne veulent pas forcément mettre plus d'argent.

Et il faut toute la diplomatie parfois des chefs d'ateliers pour expliquer aux clients qu'il ne s'agit que d'une remise de 50 euros.

"Parfois avec les vélos, il y a des surprises, s'amuse Lilian, employé mécanicien de Normandie Cycle à Fleury-sur-Orne. Il s'agit de vélo où il y a pas mal de boulots. Comme ils ont le droit à 50 euros, ils ne veulent pas forcément mettre plus d'argent. Des fois on doit un peu se battre pour leur dire qu'il va falloir faire plus et qu'on ne peut pas livrer un vélo comme cela."

Alors oui, l'activité est bien là mais encombre les ateliers au détriment des clients traditionnels et use la main-d'oeuvre parfois autant sur le dossier client que sur la réparation dans une période où l'activité ne manque pas.

"Ce qui est bien c'est que cela génère du trafic, concède François, gérant d'une boutique caennaise, cela fait de la visibilité pour l'établissement mais sortie de confinement, pleins de gens étaient au taquet pour faire réparer leur vélo ce qui est bien. Avec cette activité en plus, on ne peut pas fournir. Tous les établissements sont à deux, trois ou quatre semaines d'attentes dans l'atelier maintenant.

On a bien vu que dès qu'il y a eu l'annonce de l'opération "coup de pouce", répondre au téléphone est devenu une activité à plein temps."

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