Transports

Crash Air Algérie : l'équipage a demandé à faire demi-tour avant la perte de contact

France Bleu lundi 28 juillet 2014 à 8:35 Mis à jour le lundi 28 juillet 2014 à 17:13

Un drapeau en berne sur le portail de l'Elysée, en signe de deuil
Un drapeau en berne sur le portail de l'Elysée, en signe de deuil © MaxPPP

Quatre jours après le crash du vol d'Air Algérie au Mali, les drapeaux français ont été mis en berne dans tout le pays pour trois jours. Les boîtes noires sont arrivées à Paris. Le ministre des Affaires Étrangères Laurent Fabius a révélé qu'avant que le contact ne soit perdu, l'équipage avait demandé à "rebrousser chemin" en raison du mauvais temps.

L'équipage de l'avion d'Air Algérie qui s'est écrasé au Mali, faisant 118 morts, avait demandé à "rebrousser chemin" avant que le contact ne soit perdu et alors que la météo était "mauvaise" , a précisé lundi le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius.   

Difficile recueil des dépouilles

La modification du trajet décidée par le pilote à cause de la météo était déjà connue, mais pas une demande de faire demi-tour. "Toutes les hypothèses seront examinées dans le cadre de l'enquête. Ce que nous savons d'une façon certaine, c'est que la météo était mauvaise cette nuit-là, que l'équipage de l'avion avait demandé à se dérouter, puis à rebrousser chemin, avant que le contact ne soit perdu " , a déclaré le ministre. Le chef de la diplomatie française a également insisté sur la difficulté à récupérer les dépouilles des victimes. "Le recueil des dépouilles des victimes est engagé. Il se fait dans des conditions extrêmement difficiles (...). Les restes sont pulvérisés, la chaleur accablante" , a-t-il expliqué.

Quelque 200 militaires français sont déployés sur le site pour le sécuriser, accompagnés par des forces maliennes et de l'ONU. "Un coordinateur sera nommé dans les prochaines heures pour assurer le contact avec les familles des victimes" , a aussi annoncé Laurent Fabius. 54 ressortissants français ont péri dans le crash.

En attente du contenu des boîtes noires

L'analyse des boîtes noires de l'avion d'Air Algérie "prendra peut-être plusieurs semaines" , a indiqué lundi après leur arrivée en France le secrétaire d'Etat français aux transports Frédéric Cuvillier. Les enquêteurs français travaillent "à l'ouverture de ces boîtes, ils travaillent à l'extraction des données (...). Le travail qui est le leur prendra du temps. Si les données sont exploitables, leur analyse, leur lecture, demandera peut-être plusieurs semaines" , a-t-il déclaré, précisant que six ingénieurs du Bureau d'enquêtes et analyses (BEA) y travaillent à temps plein. Les deux boîtes noires de l'avion, qui enregistrent toutes les données d'un vol, y compris les conversations dans le cockpit, révèlent des informations cruciales et des axes d'enquêtes pour déterminer les causes d'un accident aérien, sont arrivées lundi matin à Paris.

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"Pour que nul n'oublie"

**T ous les drapeaux français ont été mis en berne à partir de ce lundi pour une durée de trois jours** , en signe de deuil. Il ne s'agit toutefois pas de journées de "deuil national", ce qui explique que les services publics restent ouverts.

Après une réunion samedi avec les familles des victimes, François Hollande a promis que ceux qui le souhaitent seront accompagnés "le moment venu " sur le site de la catastrophe , "pour que nul n'oublie que, dans cet endroit, sur ce site, ont disparu 118 personnes ". Deux petits groupes ont d'ores et déjà été acheminés sur les lieux du crash à bord d'un hélicoptère au départ de Ouagadougou.